Verkligheten
Enora
Journaliste

SOILWORK

«« Verkligheten », sans figurer parmi les meilleurs albums de Soilwork, celui-ci se défend et reste de bonne facture»

12 titres
Death Metal
Durée: 50 mn
Sortie le 11/01/2019
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Doit-on encore présenter Soilwork alors que le groupe suédois signe déjà son quinzième album ? Probablement pas, alors ouvrons immédiatement les hostilités !

Le titre éponyme ouvre l'album et prend la forme d'une introduction instrumentale aux influences multiples où la guitare, peu à peu accompagnée de piano, joue avec une ligne rythmique profonde. Puis la glace se fissure et explose sur ‘Arrival' sous la force des coups de Bastian Thusgaard, révélant la tempête qui anime Soilwork sous son calme apparent. L'alternance de passages screamés et chantés apporte beaucoup au morceau qui emporte facilement l'auditeur dans ce nouvel album. On passe à une sorte d'ambiance Hard Rock agrémentée de Metalcore avec ‘Bleeder Despoiler' qui profite des sonorités chaudes du Sud en y apportant quelques touches d'émotions plus profondes. Les guitares donnent ensuite davantage dans la mélodicité sur ‘Full Moon Shoals' avant que la basse de Markus Wibom ne viennent faire contrepoids et apporter au titre le groove qui met finalement en lumière sa sobriété, avec des atmosphères old school qui peuvent rappeler du Ghost, avec néanmoins un break très réussi !

Soilwork témoigne une nouvelle fois de ses années de pratiques avec le consensuel mais efficace ‘The Nurturing Glance' et ses guitares ronflantes qui ramènent à la vie les esprits des grands groupes du Hard Rock/Heavy Metal, le tout après une révisions par la bande de Björn ''Speed'' Strid. Finalement, il faut attendre ‘When The Universe Spoke' pour que le groupe lâche vraiment les chiens, sans pour autant renoncer à des éléments plus légers et délicats dans la tourmente de « Verkligheten ». On vous laisse en juger par vous-mêmes avec le clip ci-dessous mais ‘Stålfågel' permet au groupe de renouer avec quelque chose de plus calme et old school, une nouvelle fois, avec un refrain qui multiplie les lignes mélodiques avec de beaux effets de choeur. ‘The Wolves Are Back In Town' n'apporte rien de transcendant à l'album et sonne comme une sorte de copie de ce que des groupes comme Corroded peuvent proposer ; on ne s'attarde pas.

Le constat est assez similaire sur ‘Witan' qui semble n'être qu'un titre de plus sur cet album. On l'écoute, on agite un peu la tête sur les riffs agressifs de Sylvain Coudret et David Andersson puis on passe à autre chose tant on a l'impression d'avoir déjà entendu cette chanson un peu partout dans le reste de l'album. L'ouverture de ‘The Ageless Whisper' reste tout à fait dans l'ambiance du reste de l'album, oscillant entre Rock sudiste et Metalcore, mêlant des screams puissants à des mélodies de guitares épurées. La ligne instrumentale de ‘Needles And Kin' a quelque chose d'inexorable qui fait toute la beauté de la chanson que la voix du frontman survole avec des effets presque Prog ou domine tel un tyran. Et finalement, ‘You Aquiver' a des relents de l'ancien style de Soilwork (que certains regrettent) mais dans un genre plus léger et édulcoré que ce que le groupe pouvait proposer à ses débuts.

« Verkligheten » est un bon album dont Soilwork n'a pas à rougir mais il ne s'agit pas non plus d'une sortie digne de concurrencer les plus grands opus du groupe. L'auditeur passe un bon moment dans une ambiance entre Hard Rock et Metalcore permettant des tentatives diverses et efficaces.