Chroniques

The Chariot
Aldo
Journaliste

VALLEY OF THE SUN

«Y'a pas que des ploucs dans l'Ohio...»

10 titres
Rock
Durée: 46 mn
Sortie le 17/06/2022
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RIPPLE MUSIC

Cincinnati…l’Ohio…pas le genre d’endroit qui fait spécialement rêver quand on parle d’Amérique…on pense plutôt à une version US de Plouc-land, relevé d’un tantinet de conservatisme à la mode de l’Oncle Trump (dernièrement, l’Etat s’est distingué avec une sordide histoire de gamine de 10 ans violée qui a dû se faire avorter dans un état voisin, car ayant dépassé le délai légal méga-court…et le procureur général de l’Etat qui en rajoute une couche en reprochant les faits à la gamine…Bref, pas le genre d’anecdote qui donne envie d’y passer des vacances)

Heureusement, même si des fois on a l’impression qu’ils les ont tous dans ce coin, y’a pas que des cons dans l’Ohio (musicalement, en tous cas) Et les quatre gaziers de Valley of the Sun (vachement raccord avec le climat de l’Etat) sont là pour nous le rappeler façon Stoner.

Enfin, quand on dit Stoner, on n’est pas dans le genre puriste. Le discours de base est certes bien présent : la grosse basse bien fuzzy, les riffs bien bluesy sur base pentatonique, chargés à la disto qu’on fait tourner jusqu’à la transe (« Images »)…mais le propos sait aussi s’enrichir d’autres influences plus grungy. On s’attardera sur les vocaux très « Alice in Chains » du titre d’ouverture « Sweet Sand », par ailleurs assez hendrixien dans l’intention…quoiqu’un soupçon du meilleur d’AUDIOSLAVE vienne ajouter son grain de sel.

L’influence du grunge de la bande à Jerry Cantrell est présente en filigrane dans plusieurs titres (« The Chariot », le planant « As We decay »,notamment…), et la neuvave vient robotiser par instants le groove lascif de la formation (« Headlights »)

La voix de Ryan Ferrier se distingue par une belle agilité, capable aussi bien de rugissements puissants grimpant dans les hauteurs (« Running Out of Love », mazette !) que de caresses du côté des basses.

Au global, cette nouvelle galette, au propos direct (pas de titres à rallonge, pas de jam…du riff et des morceaux relativements concis, point barre !) propose un éventail de morceaux diversifiés, mais toujours emballants, dotés d’une belle énergie qui va faire travailler avec bonheur les cervicales. Histoire d’être raccord, la revue concise de cet album se terminera de façon tout aussi synthétique : du très bon !!!