THE WISE MAN'S FEAR
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Fantasycore

Valley Of Kings
Enora
Journaliste

THE WISE MAN'S FEAR

«The Wise Man’s Fear signe ici un album de très bonne qualité d’un point de vue musical et qui séduit d’autant plus que les musiciens se sont transformés en véritables conteurs !»

11 titres
Fantasycore
Durée: 36 mn
Sortie le 29/05/2020
391 vues

« There are three things all wise men fear: the sea in storm, a night with no moon, and the anger of a gentle man. » (Patrick Rothfuss). C’est de cette citation que le groupe The Wise Man’s Fear a tiré son nom, ainsi que l’esprit fantastique qui anime son univers de « fantasycore ». « Valley Of Kings » est le troisième album du groupe américain, et le premier avec SharpTone Records ; mais laissons-les présenter eux-mêmes le concept derrière cet opus : « C’est comme si ‘Voyage au Centre de la Terre’ rencontrait ‘Le Seigneur des Anneaux’, avec une touche tragique à la fin. Nos trois premiers albums forment des cycles qui se referment sur eux-mêmes : ‘Castle in the Clouds’ se déroulait dans un paysage aérien, ‘The Lost City’ était plutôt une sorte d’Atlantis, et ‘Valley Of Kings’ est donc souterrain. »

Avec franchise, et une bonne dose de groove, The Wise Man’s Fear nous emporte en quelques secondes dans son univers sur ‘The Relics of Nihlux’, entre premières secondes hypnotiques, screams brûlants et rythmique lourde, et enfin une voix claire au timbre très agréable. Sur une ligne de basse confortablement installée par Thomas Barham, le chant clair s’élève avec une maîtrise toujours aussi surprenante sur ‘Breath of the Wild’. L’ensemble fonctionne très bien, que ce soit du côté des riffs efficaces de guitare ou du scream, en opposition avec des moments plus aériens et très savoureux. Si le « fantasycore » du groupe se distingue du Metalcore/Deathcore par ses thèmatiques, il est évident que les références musicales sont là, ce qui est illustré par exemple avec ‘Tree of Life’ !

Assez bien nommé, ‘The Forest of Illusions’ propose une composition plus mélodique qui permet de mettre davantage en avant le jeu de batterie de Paul Lierman. Retour en force de la ligne rythmique et du scream sur la très puissante ‘The Cave’ qui donnera sans doute des envies de headbang à bon nombre d’entre vous ; et pourquoi se priver lorsque c’est si bien exécuté ? Dans un registre plus équilibré et où The Wise Man’s Fear se laisse aller à la tentation d’un break énergique, ‘What Went Wrong’ est un titre également très réussi mais, il faut l’admettre, plus consensuel. ‘The River and the Rock’ est une proposition très rafraîchissante par ses influences presque jazzy par moments et qui démontrent que les musiciens sont prêts à sortir de leur zone de confort pour des créations plus libres.

Les guitares de Codi Chambers et Nathan Kane s’en donnent à cœur joie sur ‘Sands Of Time’, mettant en avant leur virtuosité dans un titre bien plus Deathcore que ce qui nous a été donné d’entendre jusque là ! C’est d’ailleurs dans cette même veine que The Wise Man’s Fear décide de continuer à creuser avec la sombre ‘The Door to Nowhere’. La fin de la chanson prend un ton presque Rock californien dont le côté teenager n’est pas déplaisant, d’autant plus qu’il ne constitue qu’un élément de l’identité musicale du groupe. Plus tourmentée encore, voici ‘Firewall’, un concentré de brutalité qui fera des heureux dans les fosses en live (soyons patients, cela finira par arriver !). Revenant vers une balance avec du chant clair plus présent, le groupe tire sa révérence sur le titre éponyme, ‘Valley Of Kings’ !

C’est finalement un très bon album que The Wise Man’s Fear nous présente ! Les morceaux, oscillant entre Metalcore et Deathcore, trouvent particulièrement leur équilibre dans le jeu de voix entre Joseph Sammuel et Tyler Eads qui assument pleinement leur rôle de frontmen au sein d’un groupe qui fait corps et offre un opus abouti.