PENITENCE ONIRIQUE
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Black Metal

V​.​I​.​T​.​R​.​I​.​O​.​L
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

PENITENCE ONIRIQUE

«"Pénitence Onirique nous plonge dans les arcanes de l'alchimie pour tenter de remonter le passé jusqu'à la naissance du Royaume des morts - Accrochez-vous !!!"»

5 titres
Black Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 00/00/0000
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C’est un duo originaire de Chartres qui compose l’entité « Pénitence Onirique », formée en 2015.
A ma gauche, Bellovesos, multi-instrumentiste ; à droite, le parolier et growleur, Diviciacos.
Nous sentons déjà la forte présence en eux de sources celtiques, l’un rendant culte à un chef Gaulois ayant fondé la Ville de Milan, et l’autre, évoquant le seul druide avéré du peuple Eduen dans l’Antiquité.

L’heure est venue pour eux de retranscrire leur œuvre sous l’expérience d’un premier album.
Le titre « V​.​I​.​T​.​R​.​I​.​O​.​L » nous renvoie à la grande puissance de la formule alchimique Rosicrucienne ne se laissant décrypter, après bien des années de travail, que par des initiés. C’est aussi l’anagramme de « L’or y vit », l’or que nous possédons en notre être profond.
Notre duo l’a bien compris, cette quête de la pierre philosophale s’effectue avant toute chose, en soi, à la recherche de sa matière première.

Leur œuvre est clairement spirituelle et nous sentons à travers leur splendide Black atmosphérique que l’égrégore formé par leurs êtres, prend bien le chemin de l’exploration du monde de la mort physique. Ils savent mieux que quiconque que la rectification alchimique signifie évoluer vers une seconde distillation, une seconde mort, un mourir perpétuel qui accompagnera constamment leur quête profonde.
Quittant leur enveloppe charnelle, ils repartent à dos d’âme, dans les racines ancestrales du passé ténébreux.
A cette fin, ils créent un rite spécifique se servant de leur musique comme d’un moyen. Ce n’est certainement pas le seul car la rectitude des paroles apporte aussi un éclairage intéressant. Justement, puisque j’évoque l’aspect plus musical, je le situe dans un univers bien atmosphérique mais, je pense, sans claviers.
Le jeu de guitare est superbe. Il y a du travail et la mélodie reste le fil conducteur entre terre et ciel.
Le growl de Messire Diviciacos est très agréable d’écoute.
Sur les morceaux, on appréciera la force du jeu de basse qui constitue un solide rempart protecteur sur l’ensemble. Les 5 morceaux constituent un temple dédié à cette quête personnelle.

L’objectif est ardu, remonter les ères, dépasser l’espace-temps et retrouver son essence quasi divine pour se reconstruire en brisant ainsi le cycle à revenir des conséquences issues du chaos primaire. Aussi, nos artistes ont très bien compris la finesse du travail à effectuer sur l’aspect musical.
Leur Black ésotérique ne se lance pas dans de l’hyper mélodique qui perdrait la lucidité utile au voyage.
Que du contraire, l’œuvre comporte des accords bien pesés, bien articulés, on ne verse pas dans une technicité rédhibitoire mais dans la finesse architecturale.
Le growl tombe au bon moment, laissant aussi un respectable silence, d’or. Tout forme une entité, un « Un » fluide et solidement ancré.
Le jeu de guitare est tellement recherché qu’il vous donne l’impression de créer un ersatz de son synthétique de clavier qui reste grandiose et majestueux.
Certains passages sont épiques.
Je ressens que ce Black là vise surtout à faire ressortir de sombres énergies pour aller toujours plus loin dans l’infini universel.

Au rayon des merveilles, « L’âme sur les pavés » vous emporte dans de très hautes sphères métaphysiques et les lyriques indiquent bien cette quête vers les anciens Rois. C’est dans ce titre que se trouve l’essence du groupe, lovée dans le serpent agent fluidique et plus précisément sur l’être bicéphale, le duo vénère le lion de la terre, élément ô grandement condensateur.

Le plus surprenant chez nos Chartreux, c’est leur volonté à chasser le soufre, pourtant énergie bien irradiante de l’être.
Cette volonté marquée est reprise dans le second titre « Le soufre » à travers des paroles sans équivoque « Crache ton soufre » qui sur une musique plus mélancolique, laisse présager la volonté affirmée d’abandonner toute forme d’être vivant en s’approchant des influences du mercure.
Sans se laisser bercer par le soufre, il n’y aura point de sagesse possible.
Nous comprenons par là que notre duo nourrit d’autres dessins que de cheminer dans de plus vertueux chemins. C’est bien de Black qu’il s’agit ici.

Notons d’ailleurs que l’album se termine sur un morceau bien plus dur « Carapace de fantasme vide » qui vient vous prendre aux tripes, vous laissant une expérience plus amère. Il n'en reste pas moins somptueux musicalement parlant.

Pour revenir sur des éléments plus terrestres, leur album est exceptionnel, nous plongeant tantôt dans un espace à la « Pestilentia », ou encore dans la puissance d’un « Batlle Dagorath ». C'est bien dosé.

C’est un superbe premier effort et il y a fort à parier que la suite de leurs pérégrinations aboutira à la création d’une autre œuvre, d’un autre degré mais d’une puissance bien plus dangereuse.

Dans ce long voyage, veillez à bien vous protéger pour éviter de sombrer dans l’éternel néant.

Morbid Domi (septembre 2016)