TERSIVEL
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Death / Doom

To The Orphic Void
Fabien
Journaliste

TERSIVEL

«Honnête, opiniâtre, inspiré, le propos du combo argentin avance méthodiquement ses pions, les ambiances sont variées, les enchaînements pertinents et certains passages, d'une efficacité redoutable, font immanquablement mouche. »

6 titres
Death / Doom
Durée: 42 mn
Sortie le 11/02/2022
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L'Argentine est un beau pays, ce point n'est pas négociable... alors quand la pampa décide de s'accoupler aux fjords scandinaves, Odin et Loki se réjouissent et attendent Tersivel au tournant. Oubliez pour le coup Astor Piazzola et son génial bandonéon, Tersivel, groupe argentin exilé à Stockholm, fait dans le lourd, le païen et l'austère et cette belle austérité a un nom : ''To The Orphic Void''. Concédons à ce titre qu'il pose les jalons d'une belle promenade musicale à l'ombre de sous-bois divins et de temples millénaires.

L'univers du trio est sombre, lent et lorgne très naturellement vers le sentencieux. Savoir que certaines divinités veillent au grain en risquant de châtier durement tous les officiants bêtement approximatifs incite, il est vrai, à l'authenticité. Ces gars-là respirent le travail bien fait car et ils le savent, une mythologie digne de ce nom ne se bâcle pas. A cet égard, les morceaux de cette cérémonie mélodique sont longs, denses et dépassent fréquemment les 7 minutes. Le trio n'est à l'évidence pas pressé et prend le temps d'enfoncer son clou sacramentel avec la rigueur et l'application qui siéent à toute liturgie un tantinet solennelle. On ne plaisante pas avec les Dieux, d'ailleurs a-t-on déjà vu s'esclaffer le Seigneur des Anneaux ? A l'occasion de sacrifices humains peut-être... et encore, rien n'est moins sûr.

Musicalement, les amateurs de Gojira se sentiront en territoire connu, le mid-tempo pesant et inspiré de 'She' (mention spéciale à Danny Ebenholtz, batteur de son état), l'intro colossale de 'Transmigration of the Soul', tous ces gimmicks expliqueront sans doute le contentement béat de certains d'entre vous. Il n'est pas jusqu'à la voix de Lian Gerbino qui ne fasse songer à notre ami Duplantier. On admettra qu'il est assurément des influences plus catastrophiques et ce d'autant plus qu'elles s'associent parfois à quelques effluves très Opethiennes, la variété vocale de Mikael Akerfeld en moins.

Honnête, opiniâtre, inspiré, le propos du combo argentin avance méthodiquement ses pions, les ambiances sont variées, les enchaînements pertinents et certains passages, d'une efficacité redoutable, font immanquablement mouche. La remarquable rythmique de 'Weeping Iron Tears' et son arrière-goût de 'Flying Whales' ou encore l'interlude pianistique de 'Moving On', tout cela sent le bel ouvrage concocté par des gens intègres et convaincus. On se dit alors que l'on est en bonne compagnie et que l'on aurait eu tort de ne pas jeter une esgourde attentive sur cet univers dont l'homogénéité frappe aux oreilles.

Voilà quoi qu'il en soit encore une occasion de passer quelques moments bien agréables ma foi et soyons reconnaissants à des groupes comme Tersivel, de tracer leur route avec cette conviction inébranlable. Pagan, folk, qu'importe au fond, car comme dirait l'homme en or, quand la musique est bonne...