Bestia Arcana distille son Black Metal de façon ravageuse en appuyant là où ça fait mal, en faisant toujours en sorte de provoquer chez l'auditeur un sentiment de mal être
Quand on parle de Black Metal, on se tourne naturellement vers l'Europe et particulièrement vers la Scandinavie. Un reflex logique tant cette partie du monde a offert des groupes et albums intemporels qui ont donné ses lettres de noblesses à ce style si particulier. De fait, on oublie un peu trop souvent les Etats-Unis qui pourtant possède également son lot de groupes intéressants à l'image de Bestia Arcana, dont le premier opus ''To Anabainon ek tes Abyssu'', est réédité par le label français, Debemur Morti Productions.
Le Black Metal est très certainement le style de l'Extreme qui nourrit le plus de fantasmes. Il faut reconnaitre que les nombreuses histoires passées et récentes ainsi que quelques idéologies douteuses ne l'ont pas aidé à se créer une réputation des plus glorieuses. Pour autant, l'essentiel reste et doit rester la musique elle-même, et Bestia Arcana en fait de l'excellente. Paru en 2011, ''To Anabainon ek tes Abyssu'' propose ce que le Black Metal fait de plus noir et de plus malsain, 5 titres pour 40 minutes d'une longue et lente plongée dans le coeur des ténèbres. Parfois violent et minimaliste ('Cup of Babylon'), parfois atmosphérique et ambiant ('The Pit of Sheh-ohl'), ''To Anabainon ek tes Abyssu'' est un album sauvage qui ne s'encombre ni de fioritures ni de superflus. Bestia Arcana distille son Black Metal de façon ravageuse en appuyant là où ça fait mal, en faisant toujours en sorte de provoquer chez l'auditeur un sentiment de mal être qui le pousse à visiter les tréfonds de son âme. Le très mi-tempo 'Feverwind' en est un bon exemple, à la fois lourd et violent, il est impossible de ne pas se sentir comme prostré durant son écoute. Même punition avec le très long 'Shepherd of Perdition' qui montre toutes les facettes de Bestia Arcana en jouant sur différents tableaux et en multipliant les dissonances associées à des nappes de clavier morbides. Pour sûr, l'écoute se révèle difficile mais ô combien intéressante tant ce titre est captivant. A l'image de son artwork, ''To Anabainon ek tes Abyssu'' est un album obscur, terrifiant, occulte, qui exacerbe les sentiments les plus noirs que l'être humain peut avoir. Oserez vous plonger dans cette expérience où ne règne que le chaos ? On ne peut que vous le recommander.
Debemur Morti Productions a eu une très bonne idée en rééditant ''To Anabainon ek tes Abyssu'', si 7 années se sont écoulées depuis sa sortie originale, le temps n'a eu aucune emprise sur sa musique. Pour les curieux, jetez donc une oreille sur l'opus suivant, ''Holókauston'', il y a fort à parier qu'il vous plaise également.