Late Night Laments
Fred H
Journaliste

TIM BOWNESS

«Pur moment de rock pop anglais raffiné»

10 titres
Rock Progressif
Durée: 38'50 mn
Sortie le 28/08/2020
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A l’évocation du nom de l'anglais Tim Bowness, on pense immédiatement et logiquement au duo No-Man (sept albums et quelques singles) qu'il forme avec son pote et concitoyen Steven Wilson (Porcupine Tree). Pourtant, le britannique a beaucoup d’autres cordes à son arc. Le lascar a collaboré avec de nombreuses formations (en autres l'italienne Alice, les teutons de Centrozoom, les norvégiens de White Willow, les britishs électro-improviseurs de Darkroom, l’américain David Torn), travaille sur plusieurs projets personnels (Memories of Machines, …), et a déjà livré cinq opus (et un EP) en solo sous son blase.

Bref, quasi dix-huit mois après son dernier méfait en date « Flowers At The Scene », le natif de Latchford est de retour pour un sixième disque en solitaire intitulé « Late Night Laments ». Aux travers de chansons le plus souvent lentes mais légères, mister Bowness nous met en apesanteur (le déchirant 'One Last Call'). L’ambiance est douce et mélancolique. Une fois encore, gentleman Tim et ses partenaires proposent un pop rock atmosphérique rempli de mélodies travaillées et des arrangements délicats ('The Last Getaway'). Les gimmicks de compositions de l’artiste et de son comparse de longue date Brian Hulse sont là (changements d'ambiances finement négociés, riffs de guitares évolutifs (parfois répétés), fioritures électro, boite à rythmes et quelques programmations (le dépouillé 'Hidden Life').

Le mix au cordeau signé par copain Steven fait parfaitement ressortir les nombreux détails et tous les instruments décalés. Ici des ukulélés ('We Caught The Light'), là un vibraphone (le paisible mais intense 'The Hitman Who Missed'), ailleurs encore des petits effets subtilement saupoudrés (la rêverie 'Never A Place'). Accessible, intelligent, bien fait, l'écoute de l'ensemble est agréable et se fait sans déplaisir. Les thèmes abordés dans les paroles sont assez sombres. On a connu plus enjoué que « Le monde que nous connaissions est en train de mourir... » (l'aérien 'Northern Rain' et ses synthés sonorités 80’s), ou « Je me transforme en rouille pendant que la planète brûle » (le troublant 'Darkline' qui aurait toute sa place dans une galette du tandem No-Man) ou bien encore « Deux secondes de haine, toute une vie de deuil » ('I’m Better Now' soutenu par un solo de sixcorde en glissando et des chœurs envoûtants commis respectivement par le gratteux et la vocaliste de Knifeworld).

Et notre dandy séducteur dans tout cela ? Son chant en quasi murmure (presque monotone) est toujours autant chargé d’authenticité, de sensibilité et de spleen. Avec son empreinte vocale si personnelle et désenchantée, notre quinquagénaire hante chacun des morceaux.

Riche d'idées et de propositions, ce « Late Night Laments » est pur moment de rock pop anglais raffiné. Nul doute que les férus de textes profonds et de musique mélancolique ne pourront qu’apprécier cette offrande.