Wrath of the Beast
Anibal BERITH
Journaliste

THY ANTICHRIST

«Un album qui mérite sa place auprès des meilleures productions nordiques grâce à un univers riche et inspiré!»

10 titres
Black Metal
Durée: 41 mn
Sortie le 23/02/2018
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Originaire de Colombie, le quartet Thy Antichrist revient avec un second album, 14 ans après leur premier méfait ''Wicked Testimonies''. Intitulé ''Wrath of the Beast'', ce second opus vient concrétiser un travail régulier depuis 2004, puisque le groupe a sorti quelques splits et démos au cours de cette période.
Seul rescapé du groupe originel fondé en 1998, Andrés Vargas (Antichrist 666), au chant, a réussi à stabiliser le line-up en s'entourant de Benjamin Shanks (Frost Giant) à la basse et de Robert Coronado (Abyssus) à la guitare depuis 2012 et de Chris Stropoli à la batterie depuis 2015.

Officiant dans un black metal proche de leurs homologues nordiques, les colombiens ont su s'inspirer du meilleur pour délivrer une musique variée réussissant à marier différents sous-genres de ce metal élitiste tout en conservant la patte old school sud-américaine.

Réparti en 10 titres sur plus de 40 minutes, ''Wrath of the Beast'' immerge son auditeur dans un environnement plutôt festif par l'introduction à la guitare acoustique du old school ''Desolation'' . Se sentant presque emporté par l'ambiance énergique du flamenco, on redescend rapidement vers quelque chose de plus sombre avec des riffs rapeux et dissonants sur un mid tempo plus ou moins énergique. Le chant est assez déroutant au départ car Antichrist 666 sait le faire varier, capable de distiller un rendu plaintif ou rageur suivant que le plan soit mélancolique ou guerrier. On pourrait même penser que ce dernier est mal positionné mais il n'en est rien et l'on s'en rend compte au fil de l'écoute du disque.

C'est ainsi que le reste de l'album défile en proposant des chansons qui s'enchainent parfaitement malgré un univers différent. Vous serez surpris par ''Metal to the Bone'' dont l'intro à la batterie laisse place à des riffs death pour se transformer en un black dissonant mélancolique où l'ambiance orientale est de mise! Univers que nous retrouvons plus loin sur la galette avec ''Skeletons of Disgrace'' pour lequel l'atmosphère est plus guerrière avec un chant plus rageur et des blasts assénés comme des coups de massues.

Petit à petit, l'univers musical et artistique du combo se positionne; on sent déjà l'inspiration nordique qui plane sur les compositions des colombiens lorsque déboule le très direct et lancinant ''The Great Beast''. Dévastateur au début, il découle sur quelque chose de plus tempéré et plaintif porté par des riffs mélancoliques se rapprochant du post black voire du black ambiant offrant ainsi une belle transition au ténébreux ''A World Burnt to Ashes'' laissant plus de place aux passages purement instrumentaux.

Le disque se compose de titres plus agressifs et guerriers rappelant leurs homologues suédois Marduk avec plus précisément ''No Place Like Hell'' où Thy Antichrist délivre toute sa rage sur ces 5 minutes de pur bonheur old school dans une ambiance malsaine mise en valeur par le chant qui est ici un véritable instrument de torture! ''Crown of Lies'' suit la même trace avec un côté plus Horror Metal.

Deux titres se démarquent par leur côté plus lourd et dépressif: '' Nightmares'' dont l'ambiance sombre laisse place à une seconde moitié très old school où les musiciens glissent vers un black n roll du meilleur effet même si l'univers torturé reprend sa place en fin de piste et ''Walking Through the Soul'' où l'on retrouve cette ambiance post black décrite plus haut où les riffs lancinants sont portés par un tempo pesant et un chant dépressif sur près de 6 minutes.

La galette fini comme elle a débuté, par un plan joué à la guitare acoustique de 2 minutes moins festif mais tout aussi enivrant.

Une très belle découverte que ce second album de Thy Antichrist qui démontre que les sud américains ne font pas que du black old school qui tartine (Mystifier, Sarcofago par exemple) et qu'ils savent, avec brio, mélanger les genres tout en gardant une entité propre. Fort bien produit et riche de variété, cet album mérite d'être écouté et d'obtenir la même reconnaissance que les productions de ces homologues nordiques!

Anibal Berith
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