HOODED MENACE
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Death/Doom Metal

The Tritonus Bell
Aldo
Journaliste

HOODED MENACE

«J’aime pas le Doom-Death, mais ça j’aime bien !»

8 titres
Death/Doom Metal
Durée: 48 mn
Sortie le 27/08/2021
1277 vues

Autant faire preuve de franchise: votre serviteur et le Doom/Death, ça fait deux. C’est comme ça, on n’y peut rien, ça me passe à côté, c’est la vie.
Du coup, j’en entend certains poser la question : « Et comment ça se fait que tu chroniques le dernier HOODED MENACE ? »

La réponse est simple (un peu longue à lire, mais simple…) : il se trouve que, lors du trajet en train qui me menait à l’édition 2013 du HELLFEST, je me suis retrouvé par le plus grand des hasards à voyager avec une bande de quatre finlandais, présentant les signes extérieurs de tout bon metalleux (perfecto, t-shirt noir,…) et trimballant des étuis de guitare (version Flying V). J’avais pris le TGV à Lille, et les gaziers sont montés en gare de Roissy-Charles deGaulle.
Forcément, ça fait trop de coincidences, et ça cogite…l’air de rien, j’essaie de repérer dans le livret-programme récupéré via Rock Hard, si je peux deviner le nom du groupe. Evidemment, je ne trouve rien…

N’y tenant plus, je finis par y aller bille en tête et leur demande de m’éclairer. « HOODED MENACE », me répondent-ils. Or, il se trouve que l’un de mes potes, par le plus grand hasard, m’avait dit quelques jours auparavant qu’il était un énorme fan. Et me voilà à prendre une photo-souvenir pour le copain, et de fil en aiguille faire connaissance avec les quatre biloutes, à discuter en voiture bar de musique, et à promettre d’aller les voir sous l’ALTAR le lendemain (les mecs étaient programmés en matinée du vendredi…ça m’a fait un tantinet drôle, un peu comme le mec qui se surprend à se jeter un Ricard bien tassé au petit dej’, genre…)

Alors forcément, même si j’y entrave que dalle, quand s’est présentée l’opportunité de chroniquer leur dernier opus, j’ai sauté sur l’occasion. Du coup, voyez cette chronique comme le regard d’un newbie sur un genre qu’il maîtrise peu, n’attendez pas une analyse pointue de la part d’un locataire acharné de l’ALTAR/TEMPLE.

L’album débute sur un petit instrumental, « Chthonic Exordium » qui évoquera diablement les première mesures du « Fade to Black », de qui vous savez, mêlé au bruit du ressac sur une grève abandonnée.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est que HOODED MENACE sait ménager ses effets, puisqu’en attaquant le second titre, « Chime Diabolicus », on bascule direct sur du Heavy « à l’allemande », avant de tirer à fond sur le frein à main et de se prendre un chapelet de riffs évoquant le Sabbat Noir (en BEAUCOUP plus lourd…). Et puis d’un coup la « voix », le growl vient mettre son grain de sel…du ressac des débuts, on passe carrément au coup de tabac en pleine mer ! On est secoué de partout, et on perd vite ses repères.

Musicalement, c’est assez déstabilisant. Les mélodies s’appuient sur une utilisation régulière d’intervalles dissonants, qui plantent une atmosphère malsaine au possible. On est surpris à chaque mesure, on cherche des repères pour essayer de suivre le fil, mais rien à faire : les finlandais ne sont pas là pour faire danser, ils sont là pour te faire peur. Heureusement, des passages plus « classiques » viennent ménager quelques respirations, qui avec une mélodie moins dissonante, qui avec un riff bien casse-mâchoire. On trouve même des incongruités en guitare claire gavée de chorus sur « Those who absorb the Night » : mélanger Heavy Metal et The Cure, fallait oser !

Techniquement, c’est hyper-carré, le son est hyper-propre. En toute franchise, votre serviteur s’attendait à quelque chose de plus sale, or il n’en est rien : le son de l’ensemble flatte les oreilles, à un point tel que même le growl de Harri Kuokkanen (dont on apprend qu’il est le premier chanteur à plein temps, les vocaux étant jusqu’à présent assurés sur les précédents albums par le taulier Lasse Pyykö, également guitariste ET bassiste) passe très bien !

Entamé par un petit instrumental, l’album se termine de même par un autre petit instru, plus martial que l’introduction, mais très « Call of Ktulu » de qui vous savez, dans l’intention…la boucle est bouclée !
Ha, non, en fait il y a une piste bonus, qui vient clôturer l’album sur une touche plus swing, avec une reprise saignante du « The Torture never stops » de WASP. Du coup, par curiosité je suis allé écouter la version d’origine (que je ne connaissais pas, désolé…) après avoir écouté la reprise des menaces à capuche. Et –comment dire, en restant poli ?- je dois dire que les quatre goules venues du froids, elle m’ont mis une belle claque face au grand-guignol trop typé 80’s de Blackie Lawless. C’est lourd, méchant, efficace et t’en redemande.

Au final, j’ai trouvé vraiment sympa ce voyage au pays des monstres-à-cagoule-qui-venaient-du-froid. L’album est vraiment épatant, même –voire surtout ?- pour des auditeurs peu habitués à ce genre de marchandises. Du genre à vous faire dire avec le sourire : « J’aime pas le Doom-Death, mais ça j’aime bien ! ». Chaudement recommandé, donc.

PS : pensée émue pour mon camarade Markus Makkonen, qui est pour beaucoup dans la motivation à écrire cet article. Kiitos, Markus !!!