Low Country
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

THE SWORD

«"Ce low Country risque de surprendre là où vous n'attendez pas le groupe !!!"»

10 titres
Rock
Durée: 32 mn
Sortie le 00/00/0000
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Les Texans de « The Sword » nous reviennent 1 an après la sortie de leur 5ème album « High Country » qui était orienté plus rock US Sludgé et aux relents assez « revival 70’s».

Pour ceux qui ne connaissent pas, The Sword est un sacré groupe assez étonnant tant il excelle dans les surprises diverses mais aussi, hélas dans les productions qualitativement erratiques.

En 2006, ils nous sortent un pur chef d’œuvre de pur Doom «Age of Winters », sonnant typiquement Sabbathien, mais avec une bonne nuance de chant plus racée. Franchement, un album magistral. Même la pochette était superbe.
Passons le split avec les Suédois de Witchcraft sur lequel nous trouvions une bien sympathique reprise de Led Zeppelin « Immigrant song ».
S’ensuit en 2008 un second album tout aussi bien travaillé « Gods of the Earth ».
En 2010, sur leur 3ème album « Warp Riders », on retrouve un tout autre son, une approche plus rock, plus aseptisée. « Trahison » crieront les puristes, voulant dire par là qu’ils trouvaient cet opus moins bon, évoluant davantage dans une sorte de facilité.
Deux ans plus tard, « Apocryphon » ne relèvera pas le niveau, poursuivant sa quête plate d’un rock stoner légèrement Heavy. Œuvre nettement moins épique que les 2 premières perles.
Et en 2015, tombait dans l’escarcelle, le « High Country » qui allait laisser une impression moyenne, celle d’un bon groupe qui ne se renouvelle pas, qui ne développe pas la technicité globale et surtout qui semble avoir perdu du mordant.

En dehors de leur noyau dur de stoner fans, je pense que ce n’est pas manquer de respect que de les inviter à retourner travailler dans un espace plus « Age of Winters » qui reste ce que le band sait faire de meilleur !!!
Notons que les Texans ont un crédo qu’ils défendent chèrement, celui de ne pas avoir de règles lorsque l’on vient du Rock.
Nous pouvons traduire cela par une volonté de se faire plaisir avant toute chose.
Et puis, le guitariste-chanteur John Cronise, il s’assagit, il écoute pas mal de musiques de styles différents et cela impacte sans doute sa manière de jouer. Les musiciens se laissent donc aller, sans vouloir séduire, sans se contenter de revenir à du plus agressif pour faire plaisir aux chroniqueurs.
Ils sont entiers.

Et voilà que nous tombe « Low Country », reprenant 10 titres de l’album « High Country » mais en version totalement acoustique.
Après 5 écoutes, alors là, je frôle l’apoplexie !!!

Quelle mouche a piqué nos artistes ? A mon avis, ils fument du foin !!
On démarre sur un style à la John Lennon « Give Peace The chance » mais en nettement moins culte.

Les chansons se suivent dans un esprit jazzy country Bluesy. On a l’impression d’écouter un vieux Slade en moins pêchu.
Cela dit, cela doit être parfait pour se mettre autour d’un feu de bois et fêter le plaisir d’être ensemble, ou encore, pour sillonner les routes Texanes en toute quiétude.
Justement, la quiétude est quasiment trop omniprésente que pour apporter quelque chose de tonic, de vivifiant.

Le 3ème titre « High Country » parvient à attirer mon attention pendant 2 minutes, sans doute les chœurs …

Youpie, sur « The Dreamthieves », j’ai accroché au jeu de synthé.

Sur « Buzzards », j’ai eu le sentiment de conduire Phil Collins à l’hospice.

J’avoue tout de même apprécier « Ghost Eye » malgré son chant plus « Folk Viking à voix claire ».

Ce n’est clairement pas l’album qui ravira ceux qui aimaient le groupe à ses racines.

Par contre, ce style de musique pourra ravir les amateurs de riffs épurés, de musique plus spirituelle et teintée de sincérité…et de simplicité.

En fonction de l’humeur du jour, cela pourra vous convenir, à d’autres moments, il vous en faudra plus.
Pour ma part, je retourne me consoler sur l’excellent « Age of Winters » sans spécialement en vouloir à ce groupe qui me reste extrêmement sympathique dans son attitude.
Juste que j’attends autre chose de leur part.

Si je vous semble sévère sur le coup, je vous invite tout simplement à me donner tort, en découvrant ce nouvel opus. Sans doute y trouverez-vous des clés qui me sont restées en totale obscurité.

En conclusion, ce « Low Country » prend le pli de vous emmener sur des routes plus contry bluesy qui sentent bon les Etats-Unis mais qui sentent aussi l’ultra mutation d’un groupe qui, à ses débuts, nous avait pondu deux chefs d’œuvre ».

Mais où sont les neiges d’antan ?
Parties dans la ballade des dames du temps contemporain.

Morbid Domi (septembre 2016)