The Sweet Poison
Aldo
Journaliste

THE NEW ROSES

«Kraut Rock'n'Roll...Sehr gut !!!»

11 titres
Rock-blues
Durée: 42 mn
Sortie le 21/10/2022
941 vues

Quand on parle de l’Allemagne, niveau Rock énervé, on pense aussi sec aux vétérans SCORPIONS, et au Panzer Metal de RAMMSTEIN (ou OOMPH, quand on est un tantinet pointu). Et puis côté heavy/power metal, on lâchera ACCEPT, HELLOWEEN, GAMMA RAY, ce genre de chose…les plus hargneux iront du côté de DESTRUCTION, KREATOR, toussa…

Par contre, quand il s’agit de gros rock façon US (le genre Bon Jovi et consorts), on se dit qu’il vaut mieux laisser tomber.
Pourtant, il y a un petit quartet qui, dans le style, commence à tracer gentiment son sillon.

Car depuis un certain HELLFEST 2017, où leur prestation les avait porté – plutôt positivement – à la connaissance du public français, les teutons de Wiesbaden se sont installés dans le paysage en proposant une mixture qu’on s’attendrait plutôt à voir venir du pays des cowboys et du chewing gum.
Et le fait est que leur dernière livraison, « Sweet Poison », ne va pas changer la donne.

En effet, comme pour les précédents albums (celui qui nous intéresse étant le cinquième), on retrouve la même collection de chansons faites pour mettre le feu aux arènes, avec des gros riffs bluesy/rock boostés par des overdrives crémeux (rien à voir avec les distos tranchantes des formations sus-citées en introduction de cet article), et des refrains gavés de chœurs qui vous donnent envie de suivre la mélodie en beuglant à pleins poumons. Ca frôle parfois la Country sous testostérone (« All I ever needed ») mélangé au Good Ol’Rock’n’roll ( « Playing with Fire ») , ça se fait plus franc du collier et joué pied au plancher (« Warpaint » ) et puis des fois plus pop (« The Veins of this town »). Bref, ça reprend des recettes maintes et maintes fois entendues dans le style, et ça ne révolutionne surtout pas le genre. D’ailleurs, au premier abord, on frise le « ouais, bon, sympa sans plus ».

Sauf que bizarrement, ça finit par faire son effet, et vous mettre une pêche d’enfer, l’air de rien. Alors OK, comme déjà dit, les grilles d’accords sont ultra balisées (on a l’impression d’avoir déjà entendu les chansons quelque part), il y a l’incontournable slokitu (« All I ever needed », again…), le chanteur a cette voix légèrement graillonneuse et puissante qui va faire fondre les donzelles (et puis cet accent typiquement US qui fait s’interroger sur le passeport de Timmy Rough…à l’entendre, il serait plutôt du New Jersey, le loulou !).
MAIS (car il y a un mais…) les quatre germains donnent toute l’énergie dont ils sont capables pour que, malgré tout, vous finissiez par bouger la tête avec la banane, et gigotiez frénétiquement du derche.
Et il est peut-être là, le secret : autant ce type de musique est presque cliché et d’un banal affligeant venant d’amerloques pur jus, autant le fait d’entendre cette tambouille de la part de petits gars d’Outre-Rhin – excusez l’expression piquée à Eddy Mitchell dans « Le Bonheur est dans le Pré » - troue le cul !

Du coup, après une brève hésitation lors de la première écoute, l’on est au final séduit par cette singularité musicale qui met un coup de frais à un style tombé, si ce n’est la ringardise, à tout le moins la désuétude.
Perso, la saucisse de Francfort, je l’attend plutôt dans la choucroute. Tout bien considéré, en Hot-Dog avec du Ketchup, c’est sympa aussi !