The Northern Sanctuary
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

WITHERSCAPE

9 titres
Atmospheric/Progressive Death Metal
Durée: 46 mn
Sortie le 22/07/2016
2980 vues
Witherscape nous vient de Suède et repose sur un solide duo de multi-instrumentistes offrant un bon death mélodico-progressif.

Il est bon de prendre l’angle microscopique pour mesurer la qualité intrinsèque du combo.

A ma gauche, Ragnar Widerberg, guitariste chez les Power Metalleux de Shadowquest depuis 2013, année de leur formation. Il s’occupe en sus de la basse au sein de Witherscape.

A ma droite, le fameux Dan Swanö, 43 ans, actif dans 10 projets dont Nightingale, Odissey, Darkcide et j’en passe. Nous passons aussi les 20 projets au sein desquels il fut plus qu’actif (hyperactif, devrais-je dire) dont les cultissimes Bloodbath, Diabolical masquerade, Edge of Sanity. Il ne fait pas du métal, il est le métal. Au sein de Witherscape, le big Dan assure le chant, les parties de clavier ainsi que la batterie.

Le fait d’avoir un monstre sacré de la scène dans le line-up, signifie-t-il pour autant que l’œuvre sera automatiquement au-dessus de la norme ?
Tâchons de répondre avec bonne dose d’éthique de neutralité objectivée !!!

Le projet Witherscape a débuté en 2013 avec la sortie directe d’un album, « Inheritance ».
Une bonne partie de la presse spécialisée découvrait les atmosphères de Death progressif et les quelques mélodies présentes (Je me rappelle ce superbe « Dead for a Day ») portant l’œuvre directement au top (Album du mois chez les Allemands de Rock Hard Magazine et 97ème place aux Charts Teutons).

Et en France et en Belgique ?
Certes l’album fut apprécié et salué de bonnes cotes mais nous ne versâmes point dans la folie Germanique. C’est que je me remémore les sentiments de stupéfaction de l’époque.
Comment diable Dan fonce dans un registre progressif ? « Il est mieux dans le registre Black symphonique avantgardiste, il suffit d’écouter Death's Design», non, au sein de Nightingale, ce registre lui convient mieux, à l’instar du boulot accompli dans Edge of Sanity, Ecoute un peu Crimson II…. »

« L’album Inheritance est bon, certes, mais est-ce pour autant une œuvre exceptionnelle ? »

Bref, on appréciait à des degrés divers.

S’en suivra un respectable EP en 2014, «The New Tomorrow » comprenant deux nouveaux titres, des reprises de Kiss, Judas Priest et Warrior ainsi que ces mêmes versions vinyles mixées. De quoi tenir face à la faim de découverte si on avait accroché à « Inheritance ».

Voici que tombe dans l’escarcelle ce second album, doté d’un titre qu’apprécieront fortement les Blackeux, les gothiques et les Deatheux : « The Northern Sanctuary ».

Je pense en toute humilité que cette œuvre risque bien de mettre tout le monde d’accord.

Levons le voile de la surprise, nous restons dans le registre Death mélodique progressif avec plus de touches power. C’est clairement une réussite.

Je retiens deux titres exceptionnels qui m’apparaissent être des chefs d’œuvre :
- Marionette, 5ème piste, titre époustouflant comprenant un univers musical prenant, rythmé et un refrain titanesque de beauté ;

- The Northern Sanctuary, titre éponyme, nous faisant l’immense honneur de durer 13’44’’. Monsieur Widerberg se fait un plaisir énorme à lancer des riffs typiquement Power qui ne dénaturent point la base Death mélodique construite toute en douceur. Remarquable.

Trois titres sont superbes sur base d’une très bonne construction musicale, intégrant des refrains facilement mémorisables et rendant immédiatement accro :
- « Wake of infinity », ouvrant l’album (Le second plus beau refrain de l’album) ;
- « In the Eyes of Idols », seconde piste à la ryhmique prenante, tempo plus rapide.

La production est à la hauteur de son ambition, le son est super bon.

Quelques petites surprises sont glissées :
- « The examiner » qui, vu sa majestuosité, nous plonge un fifrelin dans l’univers Pantera « Cemetery Gates » mais va bien plus loin techniquement ;
- « God of Ruin » qui comporte un jeu de clavier fabuleux boosté par des riffs bien saccadés, c’est pur bonheur !!!;
- « Vila I Frid », très court et racé morceau de piano avec pour sombre traduction du Suédois que je n’ai jamais appris « Reposer en paix ».

En conclusion, l’album ravira certainement les amateurs de Death mélodique et devrait plaire aux puristes progressifs tant il porte plus d’humilité (nous ne sommes pas dans des partitions indigestes, monstres de technicité, mais bien dans l’efficacité, dans l’impact sur le court terme).

Dès la première écoute, Witherscape te plante les crocs dans les chairs. A la seconde écoute, bien mieux qu’une guerre de religion, vous serez totalement conquis par cette ambiance globale.

Je dis simplement bravo Dan et Ragnar, à vous deux, vous sortez là le genre d’album qui réconcilie les techniques classiques maitrisées et le monde de la modernité se caractérisant par sa consommation immédiate. Vous allez à l’essentiel.

Quant à vous, lecteurs, surtout ne passez pas à côté de cette merveille. Ce serait un crime à l’encontre du monde de la musique avec un grand « M ».

Certainement au top 20 de l’année 2016. 1er en Allemagne ? Enfin album du mois en France ?
Vous savez quoi ? On s’en moque bien des classements. Laissons l’œuvre se glisser tout naturellement, c’est plus la bonne essence de la passion du métal.

Je reprends la petite question d’introduction : « Le fait d’avoir un monstre sacré de la scène dans le line-up, signifie-t-il pour autant que l’œuvre sera automatiquement au-dessus de la norme ? »
En toute sagesse, nous pouvons répondre que ça peut fortement y contribuer.


Morbid Domi
WITHERSCAPE
Plus d'infos sur WITHERSCAPE
Atmospheric/Progressive Death Metal