The Lost Manuscript
The Effigy
Journaliste (Belgique)

TUNGS10

«Tungs10 réussi le pari de convaincre avec un album efficace de bout en bout !»

11 titres
Metal
Durée: 54 mn
Sortie le 24/05/2019
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AUTOPRODUCTION
Melodic Metal ? Oui, mais bien plus encore... Les français de Tungs10 viennent nous présenter un deuxième album après seulement quatre années d'existence. Nathalie (vocal), Pierre-Yves (guitare), Cédric (guitare, voix), Charles (batterie) et Seb (basse) apportent une bouffée d'air frais au métal « à chanteuse » (Dieu que ce terme est laid) en l'intégrant dans l'univers Steampunk. La musique à la fois légère de par le chant cristallin de Nath et lourde grâce à la technique des instruments, est recherchée, bien construite et efficace. Parfois brutale, toujours mélodique, cette dimension leur colle parfaitement à la peau avec une belle maîtrise du son associée à l'image.

Il suffit pour s'en rendre compte de jeter un oeil sur la chaîne youtube du groupe. L'adaptation Streampunk du mythe de Frankenstein est un très bon choix pour un album cohérent de bout en bout. Les onze titres suivent la quête d'un jeune homme à la recherche d'un manuscrit lui permettant de ramener à la vie sa dulcinée décédée. La pochette est superbe avec cette main s'approchant d'un livre dégageant une aura magique. Ne reste plus qu'à entrer concrètement dans les chansons. Et nous ne sommes pas déçu, que du contraire.

D'entrée la place de l'électronique se dévoile pour une modernité qui appuiera le Metal du groupe tout au long de l'album. « This Morning Of November » est efficace d'emblée. La voix cristalline de Nath tranche de par sa douceur avec les riffs ravageurs du titre. L'emploi de la voix gutturale de Cédric accentue les deux tendances recherchées. Le groupe peut souffler le chaud et le froid en même temps. Certains auditeurs pourraient avoir difficile avec cette tendance mais une fois cette barrière franchie, la surprise n'en est que plus belle. La voix de Cédric peut aussi se montrer douce et s'allier en très bon duo comme sur cet excellent « How Do I Feel » où encore le plus calme « No Guilt No Regrets » qui comporte l'alliance des deux voix dans son début. Nous n'aurions pas été contre un peu plus de ce mariage vocal au vu du résultat quand Cédric et Nath chantent à l'unisson.

Musicalement, la saccade l'emporte souvent comme sur « In The Fire » ou « Let Me leave ». le point fort est que l'ensemble est relié de parties donnant aussi bien dans un Speed déchaîné que dans des riffs poppys. Si en plus vous rajoutez des solos d'enfer pour l'ensemble des titres, vous avez un résultat qui semble évident mais est pourtant complexe à l'instar du titre éponyme « The Lost Manuscript », d' un « The Machine Behind » endiablé et du très bon « They're Coming ». Mention spéciale aussi à l'ensemble basse-batterie pour le bétonnage de l'ensemble. Charles et Seb assurent un max pour soutenir le tout de manière non seulement technique mais également pour l'efficacité des morceaux.

La touche progressive se retrouve aussi à de nombreux moments et les solos en mode shredder fou ne sont pas en reste, « Wandering Around The World » en est un bon exemple. De l'autre côté, nous avons droit également à un superbe moment de paix et de sensations de nostalgie avec le titre de clôture « The Flame Is Fading Away »
Quand se termine l'ensemble, il est évident que nous avons en main un très bon album, rempli de compositions de qualités. Le niveau des musiciens est évident et si l'on prend la peine de ne se pencher que sur la musique nous remarquons un travail complexe et d'envergure. Et pourtant... l'ensemble s'écoute facilement, bien plus facilement qu'un Edguy ou autres. Les mélodies vocales y sont pour beaucoup. Un petit air pop par ci par là, un mélange growl contre voix fine, des choeurs bien placés sans aucun abus et les effets électroniques n' étouffant pas les guitares sont la recette de la réussite de cet opus. Le reste n'étant qu'une question de goût, à vous de vous jeter sur l'ensemble et d' en apprécier toute la subtilité. Pour notre part, c'est fait.