ZEALOTRY
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Death Metal

The Last Witness
Anibal BERITH
Journaliste

ZEALOTRY

8 titres
Death Metal
Durée: 53 mn
Sortie le 22/04/2016
3970 vues
Un peu plus de 10 ans de carrière pour ce groupe de Blackened Death Metal américain, oui Blackened car leur musique est clairement sombre et glauque. Bien que le chanteur P. Tougas a un growl caverneux puissant et profond, l'univers du combo est inspiré de la noirceur du black metal lui empruntant ses riffs dissonants, répétitifs et lancinants créant cette atmosphère de malaise.
' The Last Witness' est le second album de la formation originaire de Boston, Massachusetts, faisant suite à 'The Charnel Expanse' sorti 3 ans plus tôt. On entre dans un tout autre registre ici avec des compositions plus conceptuelles et des titres très longs puisque Zealotry diffuse sa malveillance sur près d'une heure en seulement 8 actes! Cet album raconte l'histoire de la fin de l'humanité telle que la décrit Arthur C. Clarke (le célèbre auteur britannique de ' 2001 : l’Odyssée de l’espace' adapté au cinéma par le non moins célèbre Stanley Kubrick).
C'est donc avec R. Temin - Chant, Guitare et Claviers, P. Tougas - Lead Guitare (et acoustique) et Chant, A. Zalatan - Batterie et A. Collins - Basse que nous allons découvrir cette galette sombre décrivant un avenir pessimiste à nos semblables!

Avant de décrire l'ensemble de l'album et quelques titres en particulier, il est à noter qu'il n'est pas facile d'entrer dans l'univers de Zealotry et qu'il va falloir vous y prendre à plusieurs reprises avant d'en pénétrer tous les sens. Première remarque que je me suis faite à l'écoute est la qualité du son, que je trouvais médiocre, mais qui, lorsque l'on s'intéresse vraiment à l'histoire décrite, est au contraire judicieusement bien choisie! L'enregistrement donne l'impression d'être dans une cave, avec un son underground comme on pouvait le trouvait il y a une vingtaine d'années et pourtant le groupe n'est pas pour autant ols school même si de nombreux plans le sont notamment dans les soli très présents tout au long des 8 titres avec notamment 3 titres qui se finissent de la sorte ('Cybernetic Eucharist', 'Progeny Omega' et 'Mutagenesis'). Cette sonorité caractérise justement tout le côté Black du Death Metal des américains conférant ainsi une ambiance sombre et macabre tout au long de l'enchainement des morceaux.

D'entrée, 'Arc of Eradication' offre une intro inquiétante dans une ambiance monstrueuse de par le growl torturé du vocaliste. Point de blast beat ici et d'ailleurs assez peu de cette technique sur l'ensemble de la galette, le combo préférant les plans lourds et les ambiances pesantes voire suffocantes.

L'aspect black se manifeste dès le second titre 'Heralding the Black Apostle' par son côté épique d'une part et ses riffs dissonants et lancinants d'autre part. Un interlude psyché apportera un léger break à la composition qui finira par un blast beat dévastateur. 'Cybernetic Eucharist' bien que démarrant de façon lourde et laissant penser à un apaisement par le court passage à l'acoustique s'avère très brutal et torturé. La basse est très présente accentuant le côté pesant de la chanson. 'Progeny Omega' est quant à lui plus sordide notamment par le growl incanté et non hurlé toujours dans une ambiance épique et froide.

Les titres s'enchainent sombrant de minute en minute dans l'obscurité avec le strident et inquiétant 'Yliaster' (à l'écoute en suivant) sur lequel le growl de Temin se rapproche de celui de Karl Sanders.

Les deux derniers titres sont très particuliers et sur près de 16 minutes amènent l'auditeur dans une atmosphère étouffante teinté de plan sludge dans un univers black/death volumineux avec tout d'abord le titre éponyme puis en suivant avec 'Silence' qui se plait à mélanger des plans plus mélodiques (guitare acoustique ) voire symphoniques (violoncelle) sur un tempo assez rythmé où la mort plane (cloche de cérémonie funèbre). L'univers est apocalyptique décrivant bien l'extinction de l'humanité dans un final acoustique macabre.

Un second album très sombre dans lequel Zealotry explore le côté obscure de l'Homme courant à sa perte. Un concept album complexe sur lequel on ressent des influences black importantes au service d'un Death Metal noir générant une ambiance sordide au fil des compositions. A écouter plusieurs fois pour l'apprécier et ne plus s'en passer.

Anibal Berith.