GATHERING DARKNESS
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Death/Doom Metal (early), Brutal Death Metal (later)

The Inexorable End
Enora
Journaliste

GATHERING DARKNESS

«« The Inexorable End », un album trop court qui laissera probablement de nombreux auditeurs sur leur faim»

4 titres
Death/Doom Metal (early), Brutal Death Metal (later)
Durée: 12 mn
Sortie le 12/10/2018
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AUTOPRODUCTION

Bien que formé en 1998, le groupe espagnol Gathering Darkness n'a sorti que trois albums, à savoir « Beholders of the Pain Planet » (2005), « The Heat of a Dying Sun » (2017) et « The Inexorable End » cette année, tous s'inscrivant dans un genre Brutal Death après des débuts plus Death/Doom. Ce nouvel album va devoir nous convaincre, et en douze minutes, ne s'agit-il pas d'une fausse bonne idée ?

Vous l'aurez compris, en douze minutes, Gathering Darkness n'a pas une seule seconde à perdre et c'est pourquoi ‘We Fall' nous place aussitôt dans le coeur du sujet grâce à une ligne instrumentale effrénée et hypnotique au groove incontestable mais qui ne laisse pas l'aspect mélodique de côté puisque les guitares d'Abathor et David proposent des envolées démoniaques et angoissantes. Pour du Brutal Death, on reste dans quelque chose de relativement propre malgré tout mais qui, au niveau émotionnel, joue sur le malaise avec des effets de dissonance. C'est avec un morceau langoureux plus que déchaîné que le groupe nous attire dans ses filets et capture notre attention pour la suite du programme. Et celle-ci prend d'ailleurs forme avec ‘The Hermetic Circle', où Jesus se met à marteler sa batterie à toute vitesse dans un jeu sec mais qui manque parfois un poil de nuance. Les guitares compensent avec une mélodie plus travaillée, bien qu'elles soient parfois un peu en retrait à cause du mixage. Le morceau semble malheureusement moins abouti que le précédent et n'est pas aussi convaincant.

Gathering Darkness nous propose une nouvelle fois un titre de bonne qualité avec ‘Everything Dies Alone' qui oscille entre rythmique groove et déliée et construction complexe où tous les instruments semblent se précipiter dans un gouffre, comme pris de folie. La voix d'Uruksoth ne tremble pas alors qu'on découvre ses différentes techniques de scream qui habillent les morceaux sans pour autant voler la vedette aux autres musiciens. Et c'est peut être le problème ici puisque tout est bon mais rien n'est excellent, rien ne se démarque de façon frappante et on reste finalement dans une sorte d'entre-deux dans lequel on ne peut pas dire que le groupe est mauvais mais il n'y a rien non plus qui nous ferait dire que cet EP est fantastique. ‘Gathering Darkness' est le dernier titre de cet album et le groupe semble enfin se libérer pleinement et proposer un morceau plus construit et qui toucherait presque au Prog si on tend l'oreille à la ligne de guitare soliste, alter-ego aérien et divin de la frénésie de la basse de Jhaldreen qui suit la batterie dans une rythmique implacable.

« The Inexorable End » est un album qui laissera probablement de nombreux auditeurs sur leur faim. Si Gathering Darkness ne commet aucun faux pas, le groupe ne propose cependant rien de transcendant ; mais comment les en blâmer car en douze minutes, comment réellement développer et approfondir un projet musical. Etait-ce alors une vraie bonne idée de sortir celui-ci ?