The End
Shades Of God
Journaliste

THE OLD DEAD TREE

«« The End », ultime testament pour un groupe définitivement à part, The Old Dead Tree meurt une fois de plus, mais il meurt avec panache»

5 titres
Durée: 23 mn
Sortie le 06/12/2019
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The Old Dead Tree aurait pu avoir une carrière fantastique si le destin n'en avait pas décidé autrement. Des musiciens talentueux, un style bien à lui, une aura incroyable, le groupe avait tout pour réussir, sauf qu'entre événement tragique (décès du batteur Frédéric Guillemot) et guerre interne, ça ne pouvait pas fonctionner. On a cru plusieurs fois que The Old Dead Tree pouvait s'en sortir mais non, et « The End » est là pour malheureusement clore une aventure peu commune qui laissera un goût d'infinie tristesse.

« The End » regroupe des titres inachevés datant de plusieurs périodes, 5 titres dans le plus pur esprit de The Old Dead Tree qui sont accompagnés d'un DVD documentaire sur ce que fut la vie du groupe. Il ne faut pas plus d'une écoute pour comprendre que ce Gothic Metal ponctué d'accents Doom, Dark Rock et parfois Pop est d'une absolue beauté emportée par une émotion indéniable. The Old Dead Tree c'est la classe incarnée, le talent à l'état pur, un groupe qui mêle les style sus-mentionnés pour créer une musique d'une rare intensitée. Si le sublime 'Sorry' explore plus le côté ''brut'' de la formation, avec des salves de guitares puissantes, 'Someone Should Know (The Truth)' lui, montre un aspect plus éthéré qui tend davantage vers le Rock où la voix de l'incroyable Manuel Munoz ne peut que vous émouvoir. Mais ce qui est génial avec The Old Dead Tree c'est que rien n'est interdit, tout est fait avec élégance, comme l'incroyable 'Kids' qui transpire en filigrane la Pop anglaise sans pour autant vier au ridicule, loin de là même, c'est ça avoir du savoir-faire. Les minutes s'égrainent, les titres défilent, les sentiments se multiplient, « The End » délivre certains secrets mais en garde énormément en même temps. On découvre ou redécouvre un groupe sûr de lui, créatif, n'ayant pas peur de s'éloigner de la norme pour se donner vie et la transmettre. Si les vocaux de Manuel Munoz prennent une place importante, que ce soit son growl qui n'a jamais été aussi puissant où les parties claires qui sont époustouflantes, elles sont l'arbre qui cache une forêt dense, où ses compères ont un talent fou. 'Raise' et 'The End...Again' démontrent toute cette classe musicale, les contre-temps, les leads guitares, les mélodies merveilleuses que The Old Dead Tree est (était) capable de créer. L'osmose entre les gaillards est à son paroxysme, The Old Dead Tree est fort, splendide, il est le groupe à la fois maudit et spectaculaire, une sorte d'élève surdoué qui n'a jamais su trouver le moyen pour prendre son envole durablement.

« The End », ultime testament pour un groupe définitivement à part, The Old Dead Tree meurt une fois de plus, mais il meurt avec panache. L'aventure s'arrête donc (normalement) ici, c'est triste mais comment pouvait-il en être autrement quand on sait à quel point la vie de The Old Dead Tree fut compliquée. Que cette entité repose en paix, elle l'a bien méritée, ce dernier au revoir n'est en aucun cas celui de trop.