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Death/Thrash Metal

The Empire
Anibal BERITH
Journaliste

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«Une énergie dévastatrice pour un album redoutablement efficace !»

10 titres
Death/Thrash Metal
Durée: 33 mn
Sortie le 04/11/2016
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Le quartet polonais, qu'il n'est plus nécessaire de présenter, nous avait mis l'eau à la bouche cet été en sortant l'ep ''Iron Times'' composé de deux titres inédits (que nous retrouverons dans l'album ''The Empire'') et de deux reprises. Difficile donc de se faire une idée de ce nouveau matériel.
Rapidement, cet ep n'avait rien de transcendant si ce n'est une orientation plutôt thrash que death avec les titres 'Parabellum' et 'Prayer to the God of War ', les deux reprises n'ayant aucun intérêt que l'on s'y attarde. Est-ce le choix du combo pour ce douzième album (je fais abstraction de l'album de reprises ''Future of the Past II - Hell in the East''), nous allons vous le dire de suite.

Tout d'abord, nous changeons radicalement d'univers par rapport au dernier album ''Tibi Et Igni''. Exit les longs morceaux de 5 ou 6 minutes aux plans épiques et majestueux de 'Go To Hell', 'Hexenkessel' ou encore 'The Eye of the Abyss' pour un album 10 minutes plus court! L'artwork aussi est moins soigné avec un dessin plus radical d'une sorte de faucheuse moderne bien installée sur un trône prêt à vous mitrailler. Le matériel a été mixé et masterisé par Wojtek et Slawek Wiesawski au Hertz Studios à Bialystok en Pologne.

Pour résumer, la bande à Piotr a décidé de faire ici un album plus direct avec des titres globalement plus courts et plus efficaces énergiquement avec une majorité de riffs empruntés au thrash plutôt qu'au death. Serait-ce une sorte de retour aux sources après 33 ans de carrière ou une affirmation d'une musique old school? Pas tant que çà...et nous à United Rock Nations, nous avons aimé çà car c'est direct et sans concession!

Avec l'intro de 30'' presque heavy metal du premier titre 'Angels of Steel', rapidement les riffs thrash font leur apparition accompagné d'un tempo de batterie très rapide sans pour autant viré au blast beat. Le chant de Piotr reste, bien sûr, typé Death pour lequel il arrive à sortir quelque chose d'inquiétant en jouant sur le timbre de sa voix. Même si le morceau est court avec 2'17'', tous les ingrédients sont là pour la réussite du titre avec solis, break, légère variation de rythme pour un semblant d'ambiance inquiétante; bref, le ton est donné, Vader ne semble pas vouloir faire dans la dentelle et délivrer une succession de chansons aussi rapides qu'efficaces.

C'est sur ce constat que 'Tempest' nous met une grosse baffe en pleine face. Comme j'aime à le dire, ça tartine! Blast beats à bloc, riffs saturés incisifs et rapides. Entrée en matière directe et sans transition accompagnée de la basse de Tomasz très volumineuse. Bien sûr les soli ne seront pas oubliés dans toute cette brutalité et seront d'ailleurs mis à l'honneur tout l'album tout en restant plus discrets sur le titre 'Iron Reign' qui est d'une conception totalement différente du reste de la galette.

Effectivement, c'est le seul morceau qui reprend avec parcimonie, l'univers épique de l'album précédent sur un rythme plutôt lent et lourd avec une touche dérangeante par les ''hahaha'' sadiques de Piotr au cours du premier tiers. Nous aurons même droit un plan légèrement power et un chant moins growlé démontrant que Vader sait mettre des touches de Metal moderne dans son univers old school.

Touches de modernité que l'on retrouve sur 'The Army-Geddon' qui en respectant un univers Death, empruntera ses riffs et sa rythmique au Deathcore avec un gros son bien gras et répétitif sur lequel se calent les blasts bien lourds de James et le double pédalage breaké, le tout porté par un chant plus puissant du frontman.

Pour revenir aux plans thrash plus affirmés de cette galette, on retrouve les deux titres de l'ep dont nous parlions plus haut avec 'Prayer to the God of War' qui oscille entre le thrash et le death avec une grosse rythmique et une basse très présente et 'Parabellum' qui est clairement du speed metal old school un peu à la Motörhead de part un son plus clair, un riff rapide et efficace et le fait que le quartet polonais s'est targué de la reprise d' 'Overkill' sur l'ep.

'No Gravity' respecte toujours cet univers par une intro simple et directe tout en rapidité et puissance et son final aux riffs tronçonnés du plus bel effet; tout comme 'Feel My Pain' qui sur un tempo effréné, propose un chant plus posé et décalé par rapport à la rapidité de la composition.

'Genocidius' et 'Send Me Back to Hell' s'inscrivent dans un registre clairement Death avec le riff de la Marche Impériale de Dark Vador pour le premier, entendu à trois reprises sur le titre. Légèrement dissonant et teinté Black au départ, le chant de Piotr se veut hurlant et inquiétant. Le second est plus lourd, tant par la musique que par le chant avec une musique globalement impactante.

Un album redoutablement efficace qui semble plus thrash que death d'où cette énergie dévastatrice dès le départ. Un peu court à mon sens avec seulement 33 minutes, cependant ça a le mérite de confirmer la volonté du combo polonais d'avoir voulu faire quelque chose de direct. Le côté Death reste tout de même le point d'honneur de part le chant et la lourdeur de certains riffs. Ce n'est pas le meilleur album de Vader, cependant, il reste plaisant à écouter et démontre la vivacité du quartet après 33 ans d'existence !

Anibal Berith.