Holy Ground
United Rock Nations

THE DEAD DAISIES

«''Holy Ground'' est capable de répandre sa sainte parole dans le monde entier. Un excellent et dynamique album de Hard Rock !»

11 titres
Rock
Durée: 49 mn
Sortie le 22/01/2021
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Fred H
Journaliste




Laurent Sage
Journaliste





La Chronique de Fred H


Courant 2019, le chanteur John Corabi (ex-Mötley Crüe) et le praticien de la 4-cordes Marco Mendoza (Black Star Riders, Whitesnake, Lynch Mob) quittaient The Dead Daisies pour se concentrer sur les carrières solo respectives. Pour palier à ces départs, les trois zicos restants recrutaient le vocaliste-bassiste de haute réputation Glenn Hughes (Black Country Communion, ex-Trapeze/Deep Purple/Black Sabbath). Revigoré par cette arrivée, le quintet devenu quatuor était parti pour accoucher mi-2020 d’un nouvel effort studio. Et puis, ce satané coronavirus à frapper et tous les plans ont été mis par terre (report du skeud et de la tournée, …). Malgré tout, histoire de nous faire patienter, bien que dispersés et confinés chez eux, nos lascars nous ont offert en lieu et place un EP 4 titres nommé « The Lockdown Sessions ». Commis avec les moyens du bord (iPads, téléphones et autres petits matériels), nous avions eu le droit en avant-première à trois futurs morceaux mais exécutés en versions acoustiques.

En ce début 2021, voici donc « Holy Ground », le cinquième opus des Marguerites Mortes. Enregistré entre le Sunset Sound à Los Angeles et le studio La Fabrique à Saint-Rémy-de-Provence dans le sud de la France, ce méfait a été produit façon « c’est clair, c’est carré » par Ben Grosse (Dream Theater, Marilyn Manson, Sevendust). A l’écoute du disque, le moins que l’on puisse dire, c’est que The Voice Of Rock n’est pas venu que pour faire de la simple figuration. Impliqué très tôt dans le processus de création, notre gentleman british s’est vraiment investi. A 69 piges, le gaillard en a encore sous le capot. Il est en grande forme. Dès l’ouvreur ('Holy Ground (Shake The Memory)'), son timbre chaud, puissant et presque Soul, met tout le monde d’accord. Le bientôt septuagénaire se sent tellement à son aise qu’il lâche quelques belles envolées vocales et nous gratifie d’un pur solo de 4-cordes bien mis en avant (le tout est dans le titre 'Like No Other (Bassline)'). C’est frais, ça groove à mort, ça swingue même (l’entrainant 'Bustle And Flow' et son riffing haché). Le duo basse-batterie avec l’ami frappeur Deen Castronovo (Journey, Bad English, Hardline) fonctionne du tonnerre (le féroce 'Come Alive' aux accents 70’s). Grace à des mélodies accrocheuses ('Unspoken' ou '30 Days In The Hole' la reprise ici légèrement adoucie du hit des blues rockers anglais de Humble Pie), la galette regorge de chansons fortes. Le potentiel en live est énorme. Il sera très intéressant de voir/d’entendre ces nouvelles compos mêlées aux plus anciennes de l'ère Corabi / Mendoza qui seront probablement chantées par Castronovo.

Bien que Glenn soit à la fête, n’allez pas croire que ces comparses se cantonnent aux rôles d’accompagnateurs. Rien à redire – une fois encore – en ce qui concerne les prestations de la paire de sixcordistes Doug Aldrich (ex-Whitesnake/Dio) et David Lowy, le dernier fondateur. Gros boulots rythmiques sur les grattes ('My Fate' et son riff écrasant à la Soundgarden) et en bonus quelques soli pas piqués des vers ('Saving Grace', 'Righteous Days'). Le désormais combo australo-américanos-britannique possède en son sein des compositeurs-musiciens de talents qui aiment variés les plaisirs et cherchent également à élargir leur spectre musical. Notre collectif de vétérans passe impunément du rock hard « traditionnel » d’un Bad Company ('Chosen And Justified') à des explorations progressives (la fausse ballade mélancolique 'Far Away' agrémentée d’arrangements et d’orchestration de cordes). Quel que soit le registre, entre énergie et émotion, la collaboration entre les quatre gars fait montre d’alchimie et d’efficacité.

Malgré les départs de deux piliers, The Dead Daisies s’est remis en cause et a choisi de quelque peu évoluer pour mieux avancer. Bien leur en a pris. « Holy Ground » n’est rien de moins qu’un excellent et dynamique album de Hard Rock exécuté sans fioritures par des pointures chevronnées du genre. Vu la qualité de l’œuvre, on espère une stabilité de ce line-up et bien d’autres opus de cette trempe.


La Chronique de Laurent Sage


Ce qui n'était qu'un "simple" projet musical ( du seul membre originel , David LOWY) a finalement acquis, depuis son lancement en 2013, une notoriété grandissante après avoir écumé la terre entière et vu passer en son sein des membres prestigieux. La dernière annonce du groupe avant cet album a plus ou moins affecté les fans car le départ conjugué de Marco MENDOZA et de John CORABI, a laissé planer un doute important sur la suite du projet. Ces deux membres ayant une forte personnalité et ayant sûrement contribué au succès du groupe, beaucoup de monde se demandait comment combler leur départ ?

La réponse arrivait et un nom fût donné : Glenn HUGHES. Qui a "l'avantage" de cumuler le poste de bassiste et chanteur. Question : comment un musicien aussi talentueux et qui a toujours marqué de son empreinte les groupes auxquels il a participé allait-il s'intégrer au groupe ?

La réponse est dans le nouvel album, le cinquième en studio du groupe et répondant au doux nom "Holy Ground". Rien que ça.

Pour être honnête, une certaine septicité entourait cet album, notamment dû à la signature vocale de Glenn HUGHES et à son style souvent tourné vers les seventies. C'est avec une certaine appréhension que l'album était soigneusement écouté. De plus, la pochette avec ses relents très hippies et 70's laissait entrevoir un changement d'orientation musicale. Et bien, pour être franc, après plusieurs écoutes, cet album est une petite bombe. La production est très moderne, les guitares sont bien avant, la voix de Glenn passe très bien ( bon, là, on en était à peu près sûr) , la basse est aussi un peu plus devant et les riffs sont toujours acérés.

C'est du hard rock pur et dur avec des relents de soul, ça balance, on headbangue sans problème, le groupe fait preuve de cohésion et les refrains sont entêtants. Les solos de Doug sont toujours aussi efficaces.

"Like No Other (Bassline) " est un morceau qui synthétise bien tout le potentiel créatif du groupe et son talent à nous emmener dans son univers : une basse qui démarre doucement, en arpèges légers, un slide de guitare, la batterie donne le rythme, un chant tout en feeling et puissance de Glenn, on monte en intensité, les deux guitaristes nous font un mur du son, un refrain rageur, solo, des choeurs féminins, un break et ça repart. Du bel ouvrage.
"Come Alive" nous rappelle "l'ancien" Dead Daisies, du heavy avec couplets mélodiques et arpèges sur "My Fate" , du tube en puissance avec "Unspoken", et pour finir, une ballade , et une seule, pour clore l'album avec néanmoins un final qui monte en puissance et en intensité.

Pour résumer si vous hésitiez quant à la capacité du groupe à nous délivrer un album dans la droite lignée des précédents, vous pouvez être rassurés, ce "Holy Ground" est capable de répandre sa sainte parole dans le monde entier.