The Chosen One
Enora
Journaliste

DESTRAGE

«Entre lieux communs et trop grande audace, « The Chosen One » est un album qui en laissera plus d'un confus»

8 titres
Thrash Metal/Metalcore (early), Progressive Metalcore (later)
Durée: 38 mn
Sortie le 24/05/2019
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Destrage est un quintet italien de Progressive Metal formé en 2002 et qui se revendique du « Djeah Core », genre qui semble encore attendre sa définition. Il aura fallu attendre cinq ans pour enfin découvrir leur premier album, « Urban Being » paru en 2007, suivi de « The King Is Fat'n'Old » en 2010, « Are You Kidding Me ? No » en 2014, et « A Means To No End » en 2016. Cette année, c'est « The Chosen One », paru chez Century Media Records, qui a retenu notre attention !

Etrangement, c'est à une atmosphère de jeu vidéo que font penser les premières notes du titre éponyme, ‘The Chosen One', qui ouvre cet album. Peu à peu, Destrage s'écarte de ce chemin, en grande partie grâce à une ligne rythmique, certes trop blanche, mais qui introduit une ébauche de groove. Avec une audace mélodique assumée et rafraichissante, les guitares de Matteo Di Gioia et Ralph Salati portent le groupe vers quelque chose de plus réussi avec ‘About That', un morceau puissant et incarné qui bénéficie également d'une performance vocale honorable. Et c'est avec des références tantôt Punk dans l'énergie, tantôt Punk dans la composition que le groupe continue sur sa lancée avec ‘Hey, Stranger!'.

Ce qui est très étrange à ce stade, c'est qu'on a la fois l'impression que le groupe sait où il va et a clairement défini les limites de son univers, mais aussi qu'il se cherche encore et se laisse parfois étouffer par sa créativité incontrôlée. Plus sombre et dissonante, ‘At the Cost of Pleasure' évoque les chansons douces et un peu plaintives qu'on peut retrouver dans le Rock. Jouant sur des influences Metalcore au sens large du terme, c'est un effet atmosphérique qui domine cette chanson finalement assez fade, sauf peut être sur sa conclusion, plus prometteuse. ‘Mr. Bugman' améliore en quelques sortes la situation grâce à un duo basse-batterie formé de Gabriel Pignata et Federico Paulovichqui permet d'appuyer le titre sur un groove qui reste encore trop plat mais qui met un peu de piment dans les compositions de Destrage.

Bien que propre, la performance vocale de Paolo Colavolpe, que l'on découvre un peu plus sobrement sur ‘Rage, My Alibi', manque de maturité et d'un timbre qui la rendrait inoubliable, mais les auditeurs ne peuvent mettre en doute son plaisir à chanter, et c'est déjà une grosse partie du travail ! Encore une fois, on ne sait pas trop pour quoi Destrage s'est décidé… Veulent-ils proposer un album qu'ils ont parfois jugé trop expérimental, le lestant d'éléments presque trop communs ? Ou bien s'agit-il d'une démonstration presque scolaire qu'ils ont habillée d'audace et d'un brin de folie ? Et le constat reste sensiblement le même sur ‘Headache and Crumbs' où on peut néanmoins noter quelques très bonnes idées, qui se perdent malheureusement dans le bouillonnement global du titre. La conclusion s'intitule ‘The Gifted One', soulignant sans doute une transition logique depuis ‘The Chosen One' qui ouvrait cet opus, et propose quelque chose de plus mesuré.

« The Chosen One » est un album qui en laissera plus d'un confus, à moins peut être d'être amateur de Metalcore progressif et d'en connaître la grille de lecture. Entre lieux communs et expériences brillantes, Destrage risque de perdre quelques auditeurs, découragés soient par la platitude de certains titres, soit par leur trop grande audace, qui ne se justifie pas toujours. Comme souvent, la fougue de la créativité l'a emporté sur une conception rationnelle et organisée qui aurait sans doute davantage permis de mettre en valeur les atouts du groupe.


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