MEDICO PESTE
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Black Metal

The Black Bile
Julien Pingenot
Journaliste

MEDICO PESTE

«"The Black Bile" nous propose un ténébreux voyage au sein d'une psyché maladive aux errances imprévisibles et craintives. »

7 titres
Black Metal
Durée: 50 mn
Sortie le 20/03/2020
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Il n'est pas abusif de dire que la Pologne est une terre promise pour le metal, la scène extrême notamment. En effet, de nombreuses formations sont aujourd'hui considérées comme incontournables comme Behemoth, véritable étendard de son pays. Dans un autre registre, nous pourrions citer les vétérans de Vader ou encore Decapitated pour la scène Death Metal. Par ailleurs, la Pologne n'est pas qu'une simple vitrine de groupes « Têtes d'affiche », l'underground Polonais est foisonnant, je pense à Mgla, Blaze of Perdition ou encore Medico Peste. En effet, Medico Peste fait parti de cette foisonnante scène black metal et est, relativement, un nouveau venu. En effet, le groupe se forme en 2010 à Kraków et compte à son actif un EP et un album  « Tremendum et Fascinatio » sorti en 2012. Ce n'est qu'en ce mois confiné de Mars 2020, que sort leur second effort « The Black Bile » .

Le black metal que nous propose Medico Peste n'est pas très standard. En effet, ça ne blast pas dans tout les sens, le chant n'est pas sur-aigu,... les Polonais nous délivrent un black mid-tempo, sans pour autant délaisser les passages blastés. Cependant, ces derniers se font rares mais quand ils frappent, c'est pour accentuer une ambiance particulière, un moment d'une chanson malsain. Sur « Where Saviours Belivers ? » qui a une intro blastée, ce qui rend le morceau magistral voire céleste mais dès que le chant arrive, la désolation revient de plus belle, et nous nous engouffrons dans les ténèbres perturbés par les échos de ces gémissements déchirants.

Comme dit plus haut, le mid-tempo sur « The Black Bile » est légion. Dans le mix, la basse est beaucoup mise en avant, ce qui apporte une certaine rythmique assez « groovy » et donne un élan particulier à l'album, j'en veux pour preuve le morceau d'ouverture « God Knows Why » qui donne un rythme assez malsain au morceau. Il n'y a pas que la basse qui est « groovy », plusieurs riffs de guitare comme dans « All Too Human » font headbang instantanément. Le mid-tempo apporte un sentiment de peur, de menace durant l'écoute, le danger s'immisce progressivement et l’imprévisibilité des morceaux commence à nous hanter. Dans « Skin », cette imprévisibilité est quasiment palpable, on oscille entre différentes humeurs malsaines, nous ne savons jamais sur ce que nous allons tomber.

Dans ses lyrics, Medico Peste parle de maladie, maladie mentale et tout un tas de joyeusetés. Et ces thèmes se ressentent énormément dans la musique mais aussi dans le chant. En effet, le chant est complètement possédé, habité et torturé. L'effet est immédiat, dès l'ouverture de « God Knows Why », on se prend cette brimade maladive de plein fouet, qui nous conditionne pour le reste de l'écoute. Sur « Holy Opium », le groupe mêle des sons psychédéliques avec le chant empli de désarroi, ce qui donne l'impression de vive un bad trip infernal. Le travail d'ambiance est grandiose sur cet album.

Au final, ce nouvel effort de Medico Peste est une véritable réussite. Le groupe nous propose un black original aux influences multiples et réussi a nous délivrer un second album abouti. « The Black Bile » nous propose un ténébreux voyage au sein d'une psyché maladive aux errances imprévisibles et craintives.