The Battle At Garden's Gate
Fred H
Journaliste

GRETA VAN FLEET

«Ce « The Battle At Garden’s Gate » part d’une solide base de fondamentaux rock 70’s pour s’aventurer dans de nouveaux territoires plutôt plaisants.»

12 titres
Hard-Rock
Durée: 63 min 39 mn
Sortie le 16/04/2021
507 vues
En seulement quatre piges, la vie a bien changée pour les gars de Greta Van Fleet. Un EP hyper prometteur en 2017 (« Black Smoke Rising »), un premier effort plébiscité un an plus tard (« Anthem Of The Peaceful Army »), plusieurs singles en tête de nombreux classements mondiaux, des tournées dans les stades bondés autour du globe, des passages radios et télés en pagailles, etc. Bref, ça plane plutôt pas mal pour les frères Kiszka (Josh le vocaliste, Jake le guitariste, et Sam le bassiste) et leur compère batteur Danny Wagner.

Présentement, nos étasuniens sont de retour pour leur très attendu (et c’est le moins que l’on puisse dire) second opus. Depuis leurs débuts, on les compare (assez légitimement c’est vrai) au plus légendaire combo au dirigeable anglais. Dignes descendants salués par les uns, phénomènes éphémères ou ersatz pour d’autres, le combo fédère autant qu’il divise c’est un fait. Inutile de tourner autour du pot durant des heures, ce « The Battle At Garden's Gate » puise toujours ses racines dans le hard rock 'n' roll des seventies. Tuons le suspens aussi, on (re)trouve des sons de grattes et des riffings qu’auraient pu être commis par mister Jimmy Page en personne (l’obsédant 'My Way, Soon', le bluesy rock 'Caravel'). Des ressemblances avec le mastodonte britannique sont effectivement notables à plusieurs reprises. Ici un solo de guitare tout en distorsion (le psychédélique et éthéré 'Age of Machine', là un lead de sixcordes mixé volontairement en arrière-plan.

Pour les épauler, les américains se sont adjoint les services du producteur Greg Kurstin. Le collaborateur de Foo Fighters et Paul McCartney livre ici un boulot très élégant et équilibré qu’il fait la part belle aux orchestrations ('Trip the Light Fantastic', 'Stardust Chords'), aux grattes ('The Barbarians') mais aussi à la batterie ('Built by Nations').

Malgré toutes ces similitudes avec qui vous savez, la jeune formation cherche sa propre identité en bousculant un rien les codes de ce rock « old school » qui a fait ses preuves. Du coup, on a le droit à quelques subtiles nappes de claviers, de l’orgue d’église (le chatoyant 'Heat Above'), du piano et des accords folk-rock acoustiques (le tout léger 'Light My Love'), ainsi que des arrangements délicats avec cordes ('Broken Bells'). Les vilains détracteurs qui guettaient la totale redite en seront donc pour leurs frais.

L’accès à cette deuxième galette est malgré tout moins « immédiat » que son prédécesseur. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour tout appréhender et finalement ce n’est pas plus mal. Tous ces nouveaux éléments apportent d’autres couleurs et aussi de la profondeur aux compositions. Ces dernières années, l’expérience acquise par GVF – au travers des voyages et des différentes rencontres – à probablement influencer leur perception du monde et leur approche de la musique. La clique a gagné en confiance et ose sortir de sa zone de confort ('The Weight of Dreams' et ses quasi neuf minutes flirtant avec le progressif).

Au micro, même si parfois il pousse parfois un peu trop sa voix (certains petits cris auraient pu être atténués), Josh est à l’aise. Il nous offre plusieurs acrobaties vocales bien senties (la presque ballade 'Tears of Rain'). Selon les gouts, son timbre puissant et chaud est soit un formidable atout ou à l’inverse un point totalement rédhibitoire.

Comme malicieusement suggéré par la sobre pochette de la rondelle, Greta Van Fleet nous invite à entrer dans son univers. Ce « The Battle At Garden’s Gate » part d’une solide base de fondamentaux rock 70’s pour s’aventurer dans de nouveaux territoires plutôt plaisants. Une belle marche vient d’être franchie. Laissons-leur du temps, laissons-leur le temps de creuser leur propre sillon.