DEATH ANGEL
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Thrash Metal
Chroniques

The Bastard Tracks
MJML
Journaliste

DEATH ANGEL

«Un bon album, bien exécuté live, mais manquant de chaleur, de fièvre et d’énergie communicative.»

15 titres
Thrash Metal
Durée: 69 mn
Sortie le 26/11/2021
250 vues

Pandémie Covid oblige, plus de concert en salle. Pour nos groupes préférés comme pour le public. Pour palier à la situation, nombreux sont les musiciens a succombé aux chants des sirènes du « live-stream » : un concert joué et enregistré sans public puis diffusé sur internet. Death Angel est de ceux-là ! Après plusieurs shows streamés, les thrashers de la Bay Area veulent une sortie physique relatant cette période de disette. Ce sera ce concert gravé chez eux à San Francisco, le 29 mai 2021 : « The Bastards Tracks ».

Mais pour cet enregistrement spécial, Rob Cavestany & Co. veulent une setlist bien particulière ; un cadeau pour les fans. Des morceaux peu ou pas joués depuis longtemps. Pour le coup ce sera mi-figue, mi-raisin. Certes Death Angel ne capitalise pas sur ses ultra classiques (et non ! pas de ‘The Moth’ cette fois), et certes 3 titres jamais interprétés live nous sont offerts ; mais la majorité des moreaux délivrés ont entre 5 et 12 ans (en version live). Les 3 extraits de l’album « The Dream Calls For Blood » étaient déjà interprétés sur la tournée suivant la sortie de l’album dont 2 finiront sur le live de 2015 « The Bay Calls For Blood » (déjà capté à San Francisco). N’oublions pas la reprise de Black Sabbath déjà entendu sur les tournées de 2017. Les aficionados du groupe pourraient trouver la surprise peu surprenante du coup.

Concernant le concert, ça joue ! Très bien même. C’est carré ! Rien qui dépasse. On sent les zicos affûtés par des répétitions ardues pour certaines vieilleries du backcatalogue des Californiens. Seule la voix du hurleur Osegueda nous rappelle bien que nous sommes en présence d’un vrai live. Le son de la basse et de la guitare rhytmique passe parfois trop en retrait lors des solos et sur les premiers morceaux, la voix grave de Mark est elle aussi peu mise en avant dans le mix.

La setlist nous offre tout de même le large éventail métallique dont Death Angel est capable. Du pur thrash old school (« c’est pas un riff de Mustaine ça ? ») bien-sûr (‘Alive And Screaming’, ‘Fallen’), des relents de punk (‘Why You Do This’ et ses accents Motörheadiens), des mid-tempos (mais toujours thrash !), des breaks mélodiques avec le retour des grosses baffes thrashiennes (‘Execution – Don’t Save Me’), des riffs heavy que ne renieraient pas la NWOBHM, etc. Mais le combo prend aussi quelques risques. Comme débuter son show par une intro acoustique (‘Lord Of Hate’) là où beaucoup envoie directe la purée. (Rassurez-vous ça cogne pas longtemps après). Et encore plus osé, 2 morceaux joués en acoustiques aux deux tiers du concert (dont un extrait du EP acoustique ‘Under Pressure’ justement, sorti l’an dernier).

Osegueda module également dans tous les registres : grave, hurlé, aigu (à la Matt Barlow d’Iced Earth) et même en chant clair posé pour les titres acoustiques. Ajouté à cela les chœurs des deux guitaristes Rob et Ted tout au long du concert. D’ailleurs un peu fragiles en acoustique (‘Faded Remains’)

Alors oui, « The Bastards Tracks » sont très bien exécutés, surtout en live, mais pour ce qui est des morceaux surprises promis par les Californiens, nous restons un peu sur notre faim (mis à part le mini-set acoustique). Mais la chose la prégnante dans notre esprit à l’écoute de cette nouvelle sortie de Death Angel, c’est ce manque de public. On le ressent, il est palpable. Un bon album, bien exécuté live, mais manquant de chaleur, de fièvre et d’énergie communicative.