TESTAMENT
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Thrash Metal

Titans Of Creation
Fred H
Journaliste

TESTAMENT

«Pas un chef d’œuvre absolu mais hautement recommandable»

12 titres
Thrash Metal
Durée: 58'40 mn
Sortie le 03/04/2020
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Un skeud tous les 4 piges, voilà le rythme de nos Bay Area Thrashers de Testament. Après « The Formation Of Damnation » en 2008, « Dark Roots Of Earth » en 2012 et « Brotherhood Of The Snake » en 2016, voici donc leur treizième méfait studio baptisé « Titans Of Creation ».

Dans la continuité de leurs missiles précédents, les américains pondent un album bardé de riffs assassins, de variations en veux tu en voilà et de cassures à la pelle. En somme, du bon thrash qui tache, rageur ('Symptoms', 'False Prophet') voire meurtrier (le galopant 'Children Of The Next Level'). Certes c'est classique mais c'est efficace à souhait. Certaines compos donnent carrément dans la pure sauvagerie ('Curse Of Osiris'). « N'entrez pas… c'est une véritable boucherie à l'intérieur ». Le riffing des duettistes Eric Peterson et Alex Skolnick est monstrueux et tranchant. Pas de doute, les descentes de manches typiques du combo se reconnaissent aisément (le diabolique 'Night Of The Witch'). Au rayon des nouveautés, les californiens ont incorporer quelques éléments typés black metal (le tout est dans le titre 'WWIII').

Une fois encore, le son est absolument énorme, massif. Fidèles et cohérents, les étasuniens ont rappelés Juan Urteaga (déjà aux manettes sur les 2 derniers opus) pour l'enregistrement et le très British producteur (et actuel sixcordiste live de Judas Priest) Andy Sneap pour le mix (tout à fait équilibré). Le jeu de basse (aux doigts) de Steve DiGiorgio et omniprésent et apporte une vraie dynamique aux chansons. Les claques s'abattent (le solide 'Ishtars Gate'). Derrière ses fûts, le puissant Gene Hoglan distribue des mandales à ses toms par paquets de 12 (l'explosif 'The Healers'). Sa frappe est impressionnante de précision et de hargne. Ses blast beats de batterie sont implacables. Parmi ce déluge de violence en règle, subsiste quelques plages plus mid-tempo et on ne va pas s'en plaindre ('City Of Angels').

Au micro, avec son débit mitraillette et son timbre tout aussi profond qu'inimitable, ce cher Chuck Billy balance de belles mélodies accrocheuses (le coup de poing dans la chetron 'Dream Deceiver'). Méchant, percutant, viril, l'amérindien des Pomos lâche quelques growls ici ou là et des punchlines vraiment imparables ('Code Of Hammurabi' et ses « Eye, for a eeeye, for a eeeeye ». Bref, des trucs entêtants et fédérateurs à beugler sous la douche (ou ailleurs) comme des possédés.

« Titans Of Creation » n'est pas un chef d’œuvre absolu et aurait probablement pu être raccourci d'une ou deux pistes un peu en dessous du reste (comme le dispensable instrumental 'Catacombs' qui clôture le disque). Malgré tout, cet effort de Testament demeure hautement recommandable. Rendez-vous dans 4 ans pour une suite (on l'espère avant). Vivement.