HELION PRIME
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Power Metal
Chroniques

Terror Of The Cybernetic Space Monster
Enora
Journaliste

HELION PRIME

«« Terror Of The Cybernetic Space Monster », un album moyen qui respecte les standards du Power Metal sans parvenir à rendre ses chansons irrésistibles, malgré un potentiel réel»

9 titres
Power Metal
Durée: 59 mn
Sortie le 31/08/2018
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Helion Prime est un groupe de Power Metal (axé sur des thèmes scientifiques, relatifs à l'espace…) originaire des Etats Unis et formé en 2014. Si le pays n'est pas particulièrement connu pour sa scène Power, les Californiens sont bien décidés à se faire connaître. Après un premier album, sobrement intitulé « Helion Prime », en 2016, le groupe nous propose « Terror Of The Cybernetic Space Monster », un nouveau voyage dans leur univers !

« Failed Hypothesis » est une introduction qui nous plonge directement dans un univers évoquant l'espace grâce à des sons électro étouffés et quelques notes de piano qui prennent peu à peu forme. La douceur est au rendez-vous pour le début de cette mise en bouche qui a l'avantage de contextualiser cet album, dont le titre ne laisse pas vraiment planer le doute. L'ambiance se tend légèrement avec l'arrivée des guitares, de la basse et de la batterie, dans une ligne musicale purement Power. « A King Is Born » arrive juste ensuite, dominé par une ligne rythmique simple mais qui a l'avantage de mettre à l'honneur la basse de Jeremy Steinhouse. Vocalement, Sozos Michael se livre aux acrobaties vocales habituelles du genre, montant dans les aigus sans trop de peine. Mon principal regret à ce sujet est que son timbre reste banal et que sa performance n'a pas l'identité forte qu'on peut attendre des frontmen dans ce genre musical, à l'image de Thomas Winkler, alias Angus McFife, de Gloryhammer. On continue sensiblement dans la même voie avec « Bury The Sun », qui manque d'énergie, d'originalité et surtout de groove. Avec tout ça, on s'ennuie un peu sur la chanson qui rassemble les stéréotypes du Power mais n'apporte absolument rien de plus…

Le piano fait brièvement une apparition sur l'ouverture de « Atlas Obscura » mais disparaît vite derrière le reste des instruments. La présence très forte de la basse, qui m'avait d'abord réjouit sur le premier morceau semble finalement être une constante, un choix de mixage, qui peut fatiguer et noie parfois les guitares, en particulier les jolis soli de Chad Anderson. Mélodiquement, Helion Prime nous propose quelque chose de plus original et abouti avec cette chanson qui multiplie pourtant les changements d'ambiance. La longueur des morceaux permet au groupe de progresser lentement et de développer des idées. On revient vers une composition plus classique avec « Urth », mais aussi à un mixage plus équilibré où la batterie d'Alexander Bosson est davantage mise en valeur ! La guitare lead reste virtuose et très mélodique et la partie vocale ressemble à certaines chansons de Stratovarius et de groupes gravitant dans cette sphère musicale. Finalement, peut être venons-nous de trouver l'hymne de cet album ! La ligne de guitare est plus tendue, la saturation plus marquée, mais on reste sur quelque chose d'assez doux mélodiquement avec « The Human Condition ». La suite est assez classique puisqu'on retrouve un morceau galopant qui associe riffs efficaces et choeurs vocaux, dans un esprit plus proche de ce que fait Hammerfall, pour ne citer qu'eux. Après un début moyen, Helion Prime redresse la barre juste à temps !

Le piano se fait cette fois-ci franchement mélancolique alors que les premières notes de « Spectrum » nous parviennent. Les guitares reprennent la main et poursuivent de façon calme et apaisée. Etrangement, cette ballade sonne plus Punk Rock ou Metalcore à la rigueur que Power Metal, et pourtant ce genre a tout pour offrir un moment chargé en émotions. Le timbre de Sozos Michael est décidément plus agréable quand il reste dans sa zone de confort et n'essaie pas d'atteindre des notes improbables. Pour « Silent Skies », on passe à de la guitare acoustique. Espérons que le groupe n'ait pas prévu un album en deux temps avec une première moitié énergique et une seconde plus romantique… Finalement, ce morceau est un entre-deux qui laisse assez perplexe, bien que la fin soit plutôt agréable. L'ultime chanson n'est autre que le titre éponyme : « Terror Of The Cybernetic Space Monster » et dure dix-sept minutes. Autant vous dire tout de suite que le groupe s'est fait plaisir et déploie lentement devant nous le parchemin d'un mythe oublié qui revient lentement à la vie et devient la peinture du monde imaginaire d'Helion Prime, rejoint pour l'occasion par divers chanteurs invités.

« Terror Of The Cybernetic Space Monster » est un album qui me laisse plutôt sur ma faim tant le groupe respecte les standards du Power Metal sans parvenir à rendre ses chansons irrésistibles. L'ensemble est bien exécuté mais une accumulation de petits défauts en fait un album moyen, alors qu'on sent qu'Helion Prime a un potentiel bien plus grand. Les prochaines créations du groupe sont à suivre de près !