AVE TENEBRAE
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Black/Death Metal

Tandis que les parjures se meurent
Anibal BERITH
Journaliste

AVE TENEBRAE

« ''Tandis que les parjures se meurent'' doit s'écouter à plusieurs reprises pour en apprivoiser tous les sens et d'aucune lassitude il vous en sera pris!»

7 titres
Black/Death Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 25/11/2016
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Bientôt 20 ans d'existence pour ce groupe de black metal français formé à l'initiative de Julien Hovelaque, au chant et à la guitare, en octobre 1998. Après trois démos et un album (''Les Chants de Mnemosyne'' en 2013), le trio francilien revient sur le devant de la scène black avec un second album intitulé ''Tandis que les parjures se meurent''.

Un démarrage un peu lent pour concrétiser les créations des parisiens, avec près de 15 ans pour un premier LP, et une avancée sur les chapeaux de roue en suivant avec deux albums en trois ans!

Alors profitons-en car le combo français nous offre quelque chose de magnifique et d'organique avec ce dernier méfait qui se délecte en sept actes sur un peu plus de 3/4 d'heure.

C'est autour de textes chantés dans la langue de Molière alternant le chant Black et Death, que cette musique, frontale et mélancolique où la part belle est donnée aux longs plans instrumentaux très mélodiques, prend toute son ampleur. Chaque instrument y trouve sa place avec notamment la mise en avant de la basse de Damien Hovelaque très présente sur chacun des titres et offrant le groove et le volume nécessaire à la puissance de chacun des titres.

Les hostilités démarrent en douceur avec l'intro limite heavy de 'A travers la prairie d'asphodèles', mais ce n'est que de courte durée puisque rapidement l'univers brutal et mélancolique du trio prend place. L'ambiance Black est bien représentée avec les riffs lancinants et cristallins des deux guitaristes (Julien et Sacha Clerc-Renaud) accompagné des blast beat du batteur de cession Cédric 'Viken' marquant les envolées violentes sur ce titre globalement lourd sur mid tempo. On retrouvera cette ambiance lourde et sombre sur le titre éponyme (et dernier titre de la galette) et ses passages guerriers toujours ponctués des chants black et death.

Tout comme chacun de ces deux morceaux, la totalité de l'album est variée et ne cesse de prendre l'auditeur au dépourvu avec par exemple ses plans acoustiques ('La tristesse du bien divin' et 'La table d'émeraude') ou ses intros directes et frontales ('Elagabalium', 'La tristesse du bien divin', 'La gloire des avatars déchus').

Ecouter ''Tandis que les parjures se meurent'' n'est pas de tout repos et plusieurs lectures s'imposent pour en apprécier toutes les subtilités tellement les influences sont riches et nombreuses. Le trio (voire quartet) arrive avec une aisance certaine à naviguer sans encombre dans un univers sombre et mélancolique aux plans brutaux caractérisés en y intégrants des agréments mélodiques et organiques accompagnés d'un jeu de batterie très groovie ('Elagabalium' à mi-parcours, le jeu de batterie déroutant et complexe de Cédric sur 'La tristesse du bien divin' et 'La gloire des avatars déchus').

Deux titres se démarquent de cet univers avec notamment le dissonant et néo-classique 'Quand notre monde a perdu son éclat' qui invite au voyage et à l'imaginaire telle une fresque cinématographique. Le chant de Julien s'y fait plus terrifiant et l'alternance des tempos accentue ce côté dérangeant; et dans la même veine, l'inquiétant 'La table d'émeraude' dont les riffs sont plus gras et s'assombrissent au fil de la composition avec une orientation du tempo vers quelque chose de plus rapide et dynamique.

Vous l'aurez compris, ce second album des français Ave Tenebrae est une réussite tant techniquement que musicalement. Seulement sept titres, ce qui est suffisant tellement les compositions sont denses et de bonne durée avec près de 7 minutes en moyenne. Le choix de chanter en français ajoute une touche originale supplémentaire déjà donnée par la variété des titres et leurs influences. La mise en valeur des longs plans instrumentaux permet aux musiciens de nous délivrer leur art sans complexe, le tout assuré par une production sonore de qualité sachant démarquer chacun des instruments avec équilibre et volume. ''Tandis que les parjures se meurent'' doit s'écouter à plusieurs reprises pour en apprivoiser tous les sens et d'aucune lassitude il vous en sera pris!

Anibal Berith