TAGADA JONES
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Punk Hardcore
Chroniques

A Feu Et A Sang
Fred H
Journaliste

TAGADA JONES

«« À Feu Et À Sang » conserve la fraîcheur et des bastos punk rock « classiques » qu’on aurait pu trouver sur des précédentes livraisons mais propose également de nouvelles facettes des plus sympathiques. On adore grandement.»

14 titres
Punk Hardcore
Durée: 44 min 54 mn
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Mine de rien, et sans que cela y paraisse, Tagada Jones affiche 27 ans de carrière à son compteur. Malgré 9 opus studios, 2 EP, 5 rondelles live, des milliers de kilomètres parcourus (en France et dans d’autres contrées) et les dizaines et les dizaines de dates exécutées chaque année, le combo d’origine Rennaise demeure toujours motivé, passionné et plein d’énergie.

Il y a trois ans, avec leur dernier méfait du moment, fort de leurs constats, nos sympathiques bretons nous proposaient de choisir entre « La Peste et le Choléra ». Pour leur dixième effort, remonté comme une pendule, le quatuor nous parle d’un monde « À Feu Et À Sang » (le nom « Hors Norme » avait été initialement évoqué avant le fichu confinement de début 2020). Nos quatre larrons (Niko aux chant/guitare, Stef à la gratte, Waner à la basse et Job aux baguettes) donne une fois encore dans le rock punk enflammé et dynamité par des éléments de metal hardcore (le très énervé 'Zombie').

Ça défouraille sec avec tous ces riffs ravageurs et refrains simples - attention pas simplistes - et aisément mémorisables (la plage éponyme). L’influence des grands frères de l’alternatif (citons Parabellum, les Sheriff, les Béruriers Noirs évidement et consorts) est bien sur présente. On retrouve ici les incontournables gimmicks keupons « na na na na nana na na » (le fédérateur 'Pour L’Amour, Pour La Gloire') ou variations « ho ho ho hoho » (le missile 'L’Addition') qui font mouche. Probable que parfois tout ça est un rien « basique » ou « facile », et bien vous savez quoi… ON S’EN FOU car diable que c’est efficace. A grand coups de décibels, les Tagada défouraillent généreusement des beignes envoyées pleine faces aux empêcheurs de rocker en paix. Impossible de « donner raison à tous les cons » ('Elle Ne Voulait Pas' avec le déjanté Didier Wampas).

Histoire d’élargir leur spectre musical, les TGD JNS ont décidés de quelque peu sortir de leur style habituel en explorant d’autres terrains de jeux. Du coup, on a le droit à une légère virée vers l’électro ('Nous Avons La Rage' et ses petites machines commises par l’ami Damny Baluteau des angevins de La Phaze) et à une bifurcation en région metal indus ('Le Dernier Baril' et ses « Gazoline » scandés façon Till Lindemann de Rammstein). Bien vu tout ça. Décidés à « aller plus loin », les 4 musiciens choisis de travailler de manière très différente chacun des titres pour amener de la diversité. Des placements de voix différents par ci, un plus de mélodie qu’a l’accoutumée par là ('De Rires Et De Larmes').

Difficile de parler du groupe sans évoquer les coups de gueules et les textes Anarchisants (comprendre inclure des idées de l’anarchie dans un système démocratique). Au programme, il y a évidement ce triste « bilan » de la situation « d’après » mouvement Gilets Jaunes (l’hymne 'Nous Avons La Rage'). Des millions de gens qui sont descendus dans la rue, des messages passées, de la violence, des débordements en tous genres et finalement, à la fin, … plus rien ou pas grand-chose. Les textes sont toujours très en phase avec l'actualité. On est pas prêts à lui fermer sa gueule au gars Niko. De sa voix enragée, éraillée et un rien monocorde, notre hurleur dénonce – une nouvelle fois - les violences faites aux femmes (la furieuse 'La Biche Et Le Charognard') sorte de fable de La Fontaine moderne à la sauce Tagada), nous parle de solidarité ('Les Autres') ou du monde de demain et de l’écologie ('La Nouvelle Génération' et sa petite chorale de marmots en intro). L’engagement et les convictions sont toujours là. Le regard est cruellement lucide et réaliste sur notre société (la mitraillette 'Les 4 Éléments'). Non dépourvu d’humour, le vocaliste pratique aussi le second degré avec des compos plus légères ('Un Lion En Cage' … qu’est ce qu’on se fait chier quand on est - confinement oblige - enfermé chez soi et qu’on tourne en rond).

Tagada Jones ne renie rien de son parcours et de sa zique, mais évolue, et c’est TRES BIEN. Ce surprenant « À Feu Et À Sang » conserve la fraîcheur et des bastos punk rock « classiques » qu’on aurait pu trouver sur des précédentes livraisons mais propose également de nouvelles facettes des plus sympathiques. On adore grandement.