MINDWARS
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Thrash Metal

Sworn to Secrecy
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

MINDWARS

11 titres
Thrash Metal
Durée: 44 mn
Sortie le 26/04/2016
4032 vues
PUNISHMENT 18 RECORDS
Mindwars, groupe Italo-Ricain formé en 2013, nous revient avec un second album de bon speed-Thrash typiquement old school.

Ceux qui ne connaissent pas le band, retiendront qu’il s’agit d’un trio mené par le guitariste-chanteur Californien, Mike Alvord.
Qui donc est Mike ?
- Pendant 3 ans, un ex-membre de « Holy Terror », groupe Ricain de Thrash speed formé lui en 1986 et réputé pour ses positions anti-chrétiennes. Il y tenait la guitare ;
- Guitariste chez Black Widow, groupe Californien dont on sait peu de choses.

Mike a sans doute trouvé sa voie musicale durant les années passées chez Holy Terror,; car, au sein de Mindwars, lors de la sortie du premier album « The Enemy Within », la similitude de style était flagrante. Comme si notre homme reprenait une quête interrompue avec une volonté de se faire porte-étendard du old trash qu’il affectionne particulièrement.

L’album était correct, il est vrai, soutenu par deux autres musiciens d’un bon niveau ; le bassiste Danny Pizzi et le très expérimenté batteur, Roby Vitari, sévissant aussi, depuis 2015, chez les Thrasheux Turinois de Creepin' Death (autre dinosaure formé en 1984 : C’est dire l’honneur qui lui est fait !).

« Sworn to secrecy » est sorti.
Découvrons la teneur du secret auquel il convient d’être assermenté !

Nous nous promenons entre bons vieux morceaux classiques comportant un bon rock dynamique à la Sodom, Motörhead, ou encore, à la Flotsam and Jetsam.
C’est le cas du titre éponyme qui comprend un superbe jeu de guitare, bien péchu.

« Cradle to Grave » poursuit la découverte de ce speed cultissime.
Le chant n’est pas mis trop en avant, chargé de ponctuer les riffs par saccades.

« Twisted » est prenant, c’est un morceau au galop droit devant. On apprécie bien le jeu de batterie de Roby qui nous montre un excellent panel de variations en frappes majeures.

De manière générale, le jeu de basse de Danny est bien géré, nous donnant des bi-rythmiques mélodiques assez groovy pour du speed.

Le morceau qui m’a le plus surpris est ce fameux « Helpless » qui vous mène dans un tout autre registre plus rock n’roll sur base d’un chant surprenant.

« Scalp Beauty » nous remet sur les rails du bon heavy speed. Mike n’emballe pas son chant, reste dans un ton continu, sans vous jeter trop d’effets. Le chant posé et maîtrisé reste le fil conducteur.

« Rest Now (For Tomorrow Comes) » nous amène la seconde surprise, en slow tempo bien dans la puissance, le morceau sent le bon hard typiquement Australien. Les riffs sont terribles. Très bon morceau flirtant presque avec une racine Doom. Dans les 2’25, vous sentez toujours la trame Speed qui rattrape le convoi pour repartir de plus belle en bon gros rock n’roll bien lourd.

« No voice » nous replonge dans le monde du classique, s’inscrivant parfaitement en bon standard.

Troisième surprise, « Prophecy », magnifique morceau quasi chamanique démarrant en superbe registre mélodique introspectif.
Ce morceau aurait pu être joué par Guns N’ Roses à la belle époque, c’est dire qu’il est excellent. Pas de montée speedée à outrance, le tout s’impose avec parcimonie et sans que vous ayez l’impression d’y glisser.
Morceau de haute subtilité qui après 3 minutes, vous dépose des riffs bien agressifs et diablement soutenus. Très bon moment.

« Release me » vous démarre sur un superbe registre de batterie martiale et verse dans le mid-tempo pour ensuite s’envoler en bon style old school. Pas mal du tout. Le refrain est chouette « Every Go ».

L’album se termine sur un « Transporting » assez atmosphérique et qui part aussi dans une frontière thrashy-Doomesque. C’est un peu le « Transylvania Maidenien » pur label Mindwars.

En conclusion, Mindwars reste dans son registre de prédilection sans s’enfermer dans des titres typiquement old-school et redondants et nous a livré un bon album qui reste diversifié, apportant bon lot d’émotions diverses.
Le tout est transposé dans un son bien agréable qui nous replonge dans les bonnes années 80 mais en gardant sur certains morceaux un lien fort avec notre modernité.

Tout l’art de Mindwars, c’est de ne pas se contenter de vous jeter un petit revival, mais bien de se porter ambassadeur de ce bon vieux speed-Thrash, qu’il entend ancrer au quotidien, quitte à nous le graver dans les neurones avec des arguments musicaux techniques et non caduques.

Le secret auquel sont assermentés les membres du trio, c’est celui d’être dotés d’une solide motivation pour assurer la longévité d’un autre genre de métal, moins in au regard des nombreuses évolutions apparues sur la scène mondiale, mais non moins fondamental dans son histoire.

Dans ce registre, Mindwars n’a de leçon à recevoir de personne. « Force et honneur ».


Morbid Domi (Juillet 2016)