Sweet Oblivion
Fred H
Journaliste

SWEET OBLIVION FEAT. GEOFF TATE

«Cette « rencontre » commandée entre Sweet Oblivion et un Geoff Tate très en forme se révèle très agréable. Un retour au metal-prog old-school que les aficionados du genre ne pourront qu'apprécier.»

10 titres
Durée: 46'32 mn
Sortie le 14/06/2019
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Le label italien Frontiers a eu une (Nième) idée de collaborations : Associer le sixcordiste/bassiste Simone Mularoni et le claviériste Emanuele Casali (tous les 2 membres du combo de power metal DGM), le cogneur Paolo Caridi (Hollow Haze, MLB) avec un chanteur respecté en la personne de Geoff Tate. Le but est simple et clair, offrir à l'ex-Queensrÿche un terrain de jeu calibré pour ses incroyables et reconnues qualités vocales (considéré par le Hit Parader comme le 14eme des 100 meilleurs hurleurs de la scène Metal de tous les temps).

Pour être sincère, il faut admettre que, depuis son départ du combo de Bellevue (Washington) en 2012 (on n'épiloguera pas sur la guéguerre fratricide sur la paternité du nom du groupe), Tate est à la peine. Son effort en solo (« Kings & Thieves ») s'est révélé assez médiocre et les disques commis sous le blase du Rÿche (« Frequency Unknown ») ou avec sa nouvelle formation Operation: Mindcrime (coupe à l'iroquoise de rigueur) n'ont pas non plus laissés des cicatrices indélébiles. Reste tout de même les plutôt bons et nombreux concerts unplugged (The Whole Story Acoustic Tour, ...) au cours desquels notre bonhomme (gapette sur la tête et petites lunettes fines posées sur le pif) ré-interprète en versions débranchées tous les hits de son passé.

Bref, cette réunion de zicos italiens et de Tate est alléchante sur le papier. Dans l'ensemble, le résultat est assez énergique (l'opener 'True Colors'). Bien mélodiques, les compos proposées renvoient directement à cet Hard Metal progressif que livrait Goeff et ses anciens comparses à la fin des années 80 / début 90 (Ah! les grandes heures, comprendre « Operation Mindcrime » et « Empire »). Le tout est agrémenté d'une modernité nécessaire et bienvenue. Les interventions guitaristiques (riffs et soli) de Mularoni sont lumineuses (la piste éponyme) et inspirées ('Behind Your Eyes', 'A Recess From My Fate'). Les nappes de claviers, tantôt subtiles ou parfois plus prononcées voire galopantes ('The Deceiver'), servent parfaitement le propos souhaité. La production est énorme (ce son de batterie les amis) de bout en bout.

Le timbre chaud, clair et puissant de Tate fait toujours de l'effet. Malgré les 60 piges (dont 40 de carrière) qui s'affichent au compteur, l'américain (mais né à Stuttgart, Allemagne) est comme un poisson dans l'eau. Visiblement excité, motivé et impliqué, le lascar alterne parties parlées (le sombre 'Hide Away', 'My Last Story') et hautes envolées ('Disconnect' et son ambiance douce-amère).

Cette « rencontre » commandée entre Sweet Oblivion et un Geoff Tate très en forme se révèle très agréable. Un retour au metal-prog old-school que les aficionados du genre ne pourront qu'apprécier.