SUPERSUCKERS
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Rock - Punk

Get the Hell
United Rock Nations

SUPERSUCKERS

13 titres
Rock - Punk
Durée: 35 mn
Sortie le 14/01/2014
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Supersuckers fait partie de ces groupes, somme toute pas si nombreux, pour lesquels on ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine tendresse. Ce n'est pas que leur musique incite aux papouilles ou à la larmichette. Bien au contraire, puisque, depuis plus de 2 décennies, avec leurs chapeaux de cowboys, leurs barbes et leurs t-shirts à têtes de mort, l'auto-proclamé meilleur groupe de rock'n'roll au monde délivre un immuable et néanmoins très efficace punk rock'n'roll. Non, c'est justement pour leur persévérance et l'honnêteté de leur démarche qu'on les aime : bienvenue dans le monde des tournées en camionnette, des shows dans les coins les plus paumés, des frites froides et de la bière tiède. Ces gars-là ne deviendront jamais ni riches ni célèbres et il y a fort à parier qu'il s'en tapent comme de leur premier mediator.

C'est donc avec d'autant plus de joie qu'on les retrouve, après 6 ans sans album (suite à des changements de line up, de management, etc... bref l'inévitable malédiction des éternels seconds couteaux), toujours emmenés par leur chanteur bassiste Eddie Spaghetti. Quoi de neuf ? Rien du tout, et c'est ça qui est bon : on est ici du côté de chez les Ramones (avec peu de titres atteignant les 3 minutes, mais aux structures plus élaborées que les new yorkais) ou Motörhead (surtout pour l'esprit et les tempos très majoritairement élevés), au plus proche par exemple de Nashville Pussy (cf le titre « Shut your face » et son break efficace).

Pourtant, ne nous y trompons pas, bien que simple et efficace, le punk'n'roll des Supersuckers est plein de nuances : servi par la voix rauque de son leader, qui rappelle Springsteen lorsque (rarement) les rythmes se font un peu plus lents, cet album propose aussi bien des nuances glam (« Get the hell », basse à la Thin Lizzy et refrain Alice Cooper, ou « Disaster Bastard » et son refrain scandé comme un slogan) que de discrètes influences country (pour les choeurs à la tierce de « High tonight », le tempo et le riff de « Pushing thru' » ou encore les couplets de « That's what you get »).

Au final, qu'ils soient plus groovy (« Gluttonous ») ou typique old school lorgnant vers les 60's (« Rock on »), chacun des 12 titres met en valeur une qualité mélodique jamais démentie (cf les refrains entêtants de « Something about you » ou « Never let me down again »), pour un rendu plus propre qu'un Nashville Pussy évoqué plus haut, qui aurait frayé par exemple avec les ex-gloires australiennes the Screaming Jets.

Bref, que de bonnes influences, et si les Supersuckers ne changent certes pas le rock, ils continuent à le servir très honorablement !