D'après le « ouaib », Superfecta serait le nom d'une sorte de PMU australien ! Mais en tous cas, un fan de Pearl Jam ou Soundgarden tombant sur ce premier EP du quartet londonien (car c'est bien de musique qu'il s'agit) poussera les mêmes cris de joie que le turfiste qui vient de toucher le quinté en pariant sur une rosse côtée à 100 contre 1 !
Et si l'on évoque les troupes d'Eddie Vedder et de Chris Cornell, c'est bien parce que l'on retrouve dans les titres proposés par Superfecta la quintessence des cadors de Seattle : tout d'abord la voix, qui effectivement emprunte parfois à Vedder, mais le plus souvent à Cornell, par exemple dans des intonations quasi-chamaniques de la fin du titre « Inside ».
Plus globalement, puisque l'on invoque déjà les chamanes, sachez que l'on ne sent pas vraiment l'Earl Grey ou le « fog » chez ces londoniens-là, mais bel et bien les déserts de l'ouest américain, avec par exemple un « She's a star » à la fois puissant, mélodique et entêtant, dans la veine des meilleurs titres d'un Audioslave par exemple.
Au-delà d'excellentes mélodies (cf par exemple « Paradox » et son refrain typiquement grunge), toujours soutenues par des instrumentaux (basse batterie guitare) simples mais inspirés, Superfecta excelle à insuffler à chacun de ses titres une ambiance, une puissance, une âme !
A travers ces quatre titres, liés par un style cohérent, on perçoit en plus une vraie inspiration, qui permet au groupe d'alterner avec bonheur les titres mid tempo et ceux plus rapides (« Pendulum » et son riff d'intro entêtant à la AC DC). Un seul reproche est possible, celui d'être une copie conforme des influences précitées ! OK, mais « Et alors ???!!!! » ! La copie est tellement bonne et les originaux ont splitté. On attend donc un album de Superfecta avec le plus grand intérêt.