World Gone Mad
Anibal BERITH
Journaliste

SUICIDAL TENDENCIES

«Suicidal Tendencies inventent des compositions riches et variées qui s'écoutent en boucle et se ressentent en live! Bravo !»

11 titres
Thrash Metal/Crossover
Durée: 56 mn
Sortie le 30/09/2016
2885 vues
Le onzième méfait de Suicidal Tendencies est disponible depuis ce 30 septembre via le propre label du groupe; il succède au moyen "13" pas assez homogène mais qui aura eu le mérite de relancer la carrière du groupe de thrash crossover / punk hardcore en pleine bourre dans les années 90 et resté absent de la scène durant 13 trop longues années.
Le line-up a bien sûr totalement changé hormis Mike Muir au chant depuis le début de l'aventure et de Dean Pleasants, le gratteux inséparable de Muir depuis 1996. Ce qui fait donc un nouveau bassiste, Ra Díaz, et quel bassiste!! Un nouveau second guitariste en la personne de Jeff Pogan et un nouveau batteur qui n'est autre que l'un des tous meilleurs batteurs du monde, Dave Lombardo (ex-Slayer) que l'on ne présente plus!

Ainsi pour ce second album issu de la reformation du groupe, Muir a su s'entourer des meilleurs pour donner certainement un des meilleurs albums de cette année 2016 dans ce genre musical et même un des meilleurs albums du combo américain!

Au premier abord, on ne peut passer à côté de l'artwork totalement représentateur de l'univers voulu ici, le monde est devenu fou "World Gone Mad", d'un squelette tenant entre ses mains une terre en train de brûler. Un message important pour Muir qui pense qu'il faut bouger le cul de la nouvelle génération très bien illustré sur le titre 'The New Degeneration' qui sur plus de 6 minutes dénonce cette nouvelle génération enclin à ne rien respecter sur fond de riffs lourds et de basse slappée. La batterie de Lombardo groove comme sur tout l'album, les solis de Dean sont omniprésents, talentueux présage d'une accélération titanesque au bout d'1'30'' pour devenir psychédélique en s'enfonçant dans le morceau.

Avant ça, l'introduction de l'album se fait par l'excellent 'Clap like Ozzy' inspiré de l'idole même du frontman. Batterie seule accompagnée de la basse solo pour rapidement envoyer sévère sur un rythme effréné par les riffs thrash crossover des gratteux. Le chant est agressif, engagé, Lombardo groove derrière ses fûts et Dean s'éclate de solo en solo sur fond de basse slappée.

Technique que l'on retrouve tout au long de l'album comme sur 'Living for Life' débutant sur un air de pop rock psychédélique pour rapidement dérivé vers du punk hardcore sur lequel Lombardo s'en donne à coeur joie à coup de soli de batterie titanesque limite jazzy par moment. Les solis sont démentiels, Muir envoie du bois avec son timbre toujours aussi accrocheur pour nous amener vers 'Get Your Fight On!' et son intro très rock US bluesy, tranquille sur chant clair. Le crossover prend tout son sens ici par un chant rappé, puis le groove de la batterie déboîte sur une ambiance plus metal avec des riffs plus durs, le thème de la mélodie étant maintenu sur un rythme soutenu qui groove.

En opposition s'ensuit le titre éponyme beaucoup plus lourd et lent; cependant très volumineux. La mélodie est voulu répétitive pour bien ancrer le thème abordé dans l'esprit de l'auditeur. Point d'accélération ici à l'instar du titre suivant 'Happy Never After' qui malgré une intro psychédélique, stridente et lourde à la basse très affirmée et résonnante nous gratifiera d'une accélération typiquement punk hardcore au 2/3 de la chanson. Le blast de Lombardo se fait plus lourd, plus frappé et la basse slappée prend toute son importance ici avec bien sûr les solis du guitariste du génie qui ne lâchent pas le titre d'une semelle.

Roulement de tambour, place au groovy 'One Finger Salute' sur ses faux airs de punk hardcore au solo dévastateur tant de la basse que de la guitare sur une mélodie entrainante poussant à headbanguer! Recette que l'on retrouve un peu plus tard sur le très rapide 'The Struggle Is Real' maintenant un rythme très soutenu sur une durée courte (2'48'', le titre le plus court de la galette) qui se ressent un peu comme une récréation permettant au quintet de revenir à ses premières amours et un titre sûrement très efficace en live! Une part belle donnée aux instruments qui occupent une place prépondérante comme sur toute la galette.

Entre ces deux derniers titres décrits se positionne 'Damage Control', Suicidal Tendencies revient à la base par des riffs plus heavy, plus lourds et un titre plus impactant qui se durcit au fil des minutes malgré une intro assez bon enfant, ambiance que l'on retrouve en revanche sur l'intégralité du titre ' Still Dying to Live' qui s'apparente presqu' à une balade malgré la courte accélération vers la fin.

Point d'innovation quant à l'outro de la galette qui se termine avec le même titre que le précédent album par la chanson 'This World' dans une version différente.

Cet album est rudement bien conçu autour d'un line-up cinq étoiles! Des compositions riches et variées sur près d'une heure d'écoute permettant au combo américain d'explorer un univers musical assez vaste en passant du heavy metal au punk hardcore en transitant par du thrash crossover tout en intégrant des plans jazzy et bluesy. Une pure merveille qui s'écoute en boucle et se ressent en live! Bravo !

Anibal Berith
SUICIDAL TENDENCIES
Plus d'infos sur SUICIDAL TENDENCIES
Thrash Metal/Crossover