SUFFOCATION
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Brutal/Technical Death Metal

...of the Dark Light
Anibal BERITH
Journaliste

SUFFOCATION

«Point de compromis avec les pionniers du brutal tech death, Suffocation reste fidèle à son art en baffant son auditeur de la première seconde à la dernière!»

9 titres
Brutal/Technical Death Metal
Durée: 35 mn
Sortie le 09/06/2017
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On ne présente plus les pionniers du brutal death et bientôt leurs 30 bougies (2018) qui se maintiennent sur le devant de la scène du Metal extrême en nous proposant un huitième opus.

Quatre ans que le quintet américain emmené par Frank Mullen au chant et Terrance Hobbs à la guitare (seuls rescapés de la formation d'origine) n'avaient rien produit mais n'avaient pour autant délaissé la scène. Car oui, la musique de Suffocation se vit sur scène avec des morceaux taillés pour le live associant brutalité et technicité qui font que les deux quadra (47 ans pour être précis) sont toujours là et bien là.
C'est en 1991, que les New-Yorkais défraient la chronique avec le cultissime ''Effigy of the Forgotten'', un ovni dans le milieu du death tellement cette musique était différente et vraiment extrême et pas que puisque naissait déjà les prémisses du tech-death.

Forts de leur expérience et d'un line up renouvelé en intégrant Eric Morotti à la batterie et Charlie Errigo à la guitare pour accompagner Derek Boyer à la basse depuis 2004, les américains nous pondent un nouvel opus dans la veine de ce qu'ils savent faire le mieux, dévaster tout sur leur passage.

Avec 9 titres et une grosse demi-heure, '' ...of the Dark Light'' fait le job en prenant violemment l'auditeur à la gorge et ne le lâchant plus tel un pitbull. Tout juste le temps de réaliser ce qu'il se passe, que la fin arrive et qu'on repart pour un tour de manège à sensations fortes.

Démarrant très brutalement avec le très efficace 'Clarity Through Deprivation', Suffocation donne le ton avec des riffs très gras et puissants. Ca martèle sans cesse donnant au titre un caractère très agressif influencé par le HxC new-yorkais. Les artistes n'oublieront pas d'intégrer des plans de death moderne en mettant la basse en avant par des break venus d'un autre monde donnant une claque à chaque reprise telle que l'on peut s'en prendre en slamming. La touche old school toujours bien présente avec ce final au solo dissonant digne d'un bon ''The End Complete '' d'Obituary.

La galette enchaîne ainsi sans répit, proposant des morceaux lourds et assommants au growl bien caverneux (mais manquant quelques fois de nuances); les riffs sont tronçonnés et le rythme en sans cesse mouvement donnant une nappe très technique ('The Warmth Within the Dark', 'Your Last Breaths').

D'autres titres sont beaucoup plus incisifs et brutaux tels que le radical 'Return to the Abyss' ou encore les très violents et rapides ''...of the Dark Light'' et ''Some Things Should Be Left Alone'' qui coup sur coup vous donnent deux gros uppercuts qu'il faudra les deux derniers titres pour s'en relever. Ca tabasse, ça tartine comme j'aime à dire avec pour relever le tout des plans variés et techniques tous en contre temps stimulés par des break dévastateurs.

Déjà plus de 25 minutes que le disque tourne et le souffle commence à se faire court, c'est là que le plus sombre et dissonant ''Caught Between Two Worlds'' vient nuancer la galette d'un léger repos, repos qui n'est que physique car l'ambiance est plus dérangeante avec une seconde partie totalement novatrice , les plans de basse plus marqués. C'est tout naturellement que s'installe le plus dynamique et non moins agressif 'Epitaph of the Credulous' aux parties musicales complexes et malsaines par moment, pour bien enfoncer le clou dont le premier coup de marteau a été assaini dès le premier riff de cet album à couper le souffle.

Vous l'aurez compris, point de compromis avec les pionniers du brutal tech death, Suffocation reste fidèle à son art en baffant son auditeur de la première seconde à la dernière, ne lui donnant que peu de répit avant la claque suivante. Fort bien produit, tous les instruments sont particulièrement mis en valeur créant un ensemble cohérent avec un seul bémol, le growl un peu trop linéaire à mon goût. A écouter d'urgence.

Anibal Berith.