ALTARAGE
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Death Metal

Succumb
Julien Pingenot
Journaliste

ALTARAGE

«Avec son Death Metal complètement hermétique, Altarage nous embarque dans un terrifiant périple auditif qui peine à se terminer.»

12 titres
Death Metal
Durée: 63 mn
Sortie le 23/04/2021
273 vues
Le très secret groupuscule espagnol Altarage ressort de l'obscurité avec son quatrième album "Succumb". Ne connaissant pas le groupe avant, c’est la très intrigante pochette qui me poussa à m’intéresser au groupe. Le groupe joue la carte du secret le plus total. En effet, mise à part une localisation à Bilbao en Espagne, nous n'avons aucune autre information sur le groupe.

Sans crier gare, une déferlante sonique se déchaîne dans nos oreilles à peine les quelques premières secondes de l'album. La musique d'Altarage est ample, dissonante et complètement suffocante. La musique se veut totalement déséquilibrante et dérangeante au possible. Cet hermétisme musical nous fait directement penser aux très mystérieux australiens de PORTAL.

En compilant les couches d'instruments, Altarage arrive à créer une atmosphère dense et oppressante très convaincante. Accompagnée d'un chant dépossédé de toute humanité, l'album prend une dimension quasiment mystique, dans le sens où on ne sait pas vraiment ce qu'il se passe ni par qui est déclenché cette dissonante fanfare. L'enchaînement des morceaux se fait très naturellement et on sent que le tout fut très bien réfléchi, rien ne semble forcé (pour la première partie d'album en tout cas). Le côté très mystérieux du groupe renforce le côté désincarné de sa musique, nous faisons face à un vertigineux monolithe d'où s'échappe un bouillonnant magma sur lequel il nous est impossible de reconnaître quelconque forme cohérente, cela à presque un côté lovecraftien.

Avec une musique aussi difficile d'accès, proposer un album de plus d'une heure est, à mon sens, inutile. En effet, l'album est trop long, poussif au possible et devient assez redondant après le morceau "Lavath". Par exemple, les maîtres du genre, PORTAL, ne dépasse jamais les 40min pour un album et condense au mieux ses idées pour nous délivrer un album d'une efficacité imparable et d'un hermétisme total. Là, on s'embourbe de plus en plus, et cela ne fini jamais. Et le pic de cet enlisement est le dernier morceau "Devorador de Mundos" qui va clairement au-delà de mes limites. Les 7/8 premières minutes sont dans la droite lignée de ce qu'on a entendu durant l'album puis progressivement on arrive sur un passage dark ambient assez monotone et peu évolutif qui conclut le morceau. "Devorador de Mundos" fait 21min.... on dirait une mauvaise blague. 

Bien que la dernière partie de l'album fasse de trop à mon goût, l'univers musical proposé par Altarage est riche et vaut le coup de véritablement se plonger pleinement dans ces sombres méandres.