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Metal Progressif

Osiris
Enora
Journaliste

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«« Osiris », un premier album à l'univers bien particulier et défini, ce qui fait sa richesse mais peut également donner l'impression d'être enfermé dans une cage de verre »

40 titres
Metal Progressif
Durée: 9 mn
Sortie le 11/12/2018
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AUTOPRODUCTION

Steam est un quatuor polonais qui oscille entre le Djent et le Metalcore, avec malgré tout une dominante Progressive Metal. Adam Fabian Szewczyk (chant), Tomek Szałkowski (guitare), Mikołaj Szałkowski (guitare) et Michał Biernacki (batterie) nous proposent donc leur premier album : « Osiris ».

Ce qui marque dès l'ouverture de cet album, c'est bien la basse profonde qui annonce la très Prog ‘Do Not Look Back' et son ambiance lunaire, à la fois légère et ténébreuse. L'auditeur découvre également le timbre d'Adam Fabian Szewczyk qui maîtrise scream et chant clair et à qui on ne peut pour l'instant que reprocher une diction presque exagérée et quelques accents nasillards par moments. ‘Let Them Rise', dont le clip a été dévoilé il y a plus d'un an, prend la relève, poursuivant l'avancée de Steam dans un univers musical fantomatique et insaisissable. On peut saluer l'alternance permanence de passages évanescents et d'autres bien plus lourds. Les influences Djent du groupe se dévoilent davantage sur ‘Swarn' et sa merveilleuse ligne rythmique, d'autant plus mise en valeur par la sobriété générale de la ligne instrumentale. Impossible de ne pas headbanguer avec une énergie quasi-mystique sur ce titre.

Steam semble tenir à ses ambiances hypnotiques, lancinantes et répétitives, à l'image de ‘FFY' où les guitares de Tomek Szałkowski et Mikołaj Szałkowski font contre-poids à la voix du frontman qui emporte l'auditeur de plus en plus loin dans le tourbillon que forme le morceau. Dans un genre totalement différent, ‘The Light Reaper' surprend par le déferlement d'une agressivité qu'on ne soupçonnait qu'à peine chez les musiciens mais qui est indéniablement cathartique et groove ! Etrangement, on peut retrouver quelque chose de l'époustouflant groupe japonais Kaimokujisho (à écouter de toute urgence si vous ne les connaissez pas) dans cette chanson. L'introduction longue de ‘The Pioneer' pose un décor qui est maintenant caractéristique de la musique de Steam mais qu'on se plaît à retrouver avec des touches Electro qui ne sont pas désagréables.

Le dernier tiers de l'album s'ouvre sous les meilleurs auspices avec ‘Black Star', un morceau audacieux et expérimental où on sent la patte du groupe qui s'ouvre malgré tout à de nouveaux horizons et ose faire la différence ! Le piano qui ouvre ‘Flyby Anomaly' est d'une beauté telle qu'on regrette presque que la ligne mélodique soit ensuite reprise par la guitare, de façon virtuose certes mais sans la légèreté originelle de la composition. Le groupe revient ensuite aux mêmes éléments que dans les chansons précédentes et l'auditeur peut commencer à s'ennuyer dans cet univers riche mais qui peut donner l'impression d'être souvent redondant. Le groupe nous a ménagé une sortie d'album sur mesure avec des voix robotiques parlant sur un fond musical stellaire.

« Osiris » est un album à l'univers bien particulier et défini ; si cela fait sa richesse puisque le groupe maîtrise à la perfection les nuances de ses compositions, cela peut également donner l'impression d'être enfermé dans une cage de verre dont même eux ne parviennent plus à sortir. Une ambiance bien particulière se dégage de cet opus qui mérite pleinement qu'on lui accorde une attention totale pour un voyage parmi les étoiles.