Chroniques

Live With The Plovdiv Psychotic Symphony
Fred H
Journaliste

SONS OF APOLLO

«Sons of Apollo a capté là une copieuse prestation unique et remarquable qui va nous faire gentiment patienter en attendant la sortie du second effort annoncé pour janvier 2020.»

24 titres
Metal
Durée: 156' mn
Sortie le 30/08/2019
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Pendant 25 piges (et 10 skeuds), le batteur Mike Portnoy fut le proposé aux baguettes pour la formation de progressif metal Dream Theater. Depuis son départ, le lascar a collaboré à tout un tas de projets/super groupes. Les plus notables demeurent Flying Colors, Transatlantic, Adrenaline Mob (avec le hurleur Russell Allen de Symphony X), PSMS (avec notamment Tony Macalpine), The Winery Dogs (avec Richie Kotzen) et Metal Allegiance (avec David Ellefson de Megadeth, Alex Skolnick de Testament, …). Le dernier en date (2017) se nomme Sons of Apollo. Le line-up fait encore une fois rêver. Aux côtés de Mike, on trouve Dereck Sherinian aux claviers (Black Country Communion, ex-… Dream Theater), Jeff Scott Soto (Trans-Siberian Orchestra, Talisman, ex-…Yngwie Malmsteen/Axel Rudi Pell) au chant, Ron ''Bumblefoot'' Thal (Art of Anarchy, ex-Guns N' Roses) à la gratte et Billy Sheehan (Mr. Big, ex-David Lee Roth) à la 8-cordes. Si ça ce n'est pas des CVs qui claquent.

Durant 2018, pour défendre sur scène leur premier opus « Psychotic Symphony », le combo a enchainé les concerts dans bons nombres de pays. Le 22 septembre, le quintet s'arrêtait au Théâtre romain de Plovdiv en Bulgarie. Le gig prévu ce soir-là fut un peu spécial. La première moitié du set a été principalement centrée sur les titres issus de l'album studio (les 9 plages du disque seront jouées). Entourés de nombreux vestiges antiques (construits au IIe siècle), les américains font défiler leurs compositions de metal progressif assurément fournies (quelques passages mériteraient d'être rabotés car parfois excessivement trop démonstratifs). Défilent alors l'épique aux accents orientaux ('God of the Sun'), les envolées instrumentales ('Signs of the Time' et 'Opus Maximus'), les soli de guitare à deux manches venus d'ailleurs, les refrains entraînants ('Lost In Oblivion') et les riffs Deep Purple-iens ('Divine Addiction'). Visiblement, le all stars band est aussi là pour se faire plaisir. Soto se lance dans un enchaînement de vocalises et de chant a cappella avant de finir en canon avec ses acolytes (la double cover de sa majesté Queen 'The Prophet's Song / Save Me'). Toujours dans le fun, nos sbires s'amusent avec le thème musical du film « La Panthère rose » ainsi qu'avec le générique du « That Metal Show » (composé par le sieur Thal en personne pour un célèbre talk-show étasunien diffusé entre 2008 et 2015).

Pour la seconde portion du show, les cinq gars nous ont concoctés plusieurs surprises. Passons rapidement sur le solo de clavier (précédé de l'interlude 'Figaro's Whore') et le 'Bumblefoot Guitar Spot' qui n'apportent vraiment pas grand-chose (comme si la maestria de ces talentueux zicos était encore à démontrer). Le plus intéressant demeure les arrivées du Orchestra of state opera Plovdiv et d'une chorale locale. Epaulés par ces deux troupes, les fils d'Apollo ont décidé de reprendre une grande collection de classiques rock. Au programme, évidement du Dream Theater ('Hell's Kitchen', 'Lines in the Sand') mais aussi du Led Zeppelin ('Kashmir'), du Rainbow ('Gates of Babylon'), du Van Halen ('And the Cradle Will Rock...), de l'Aerosmith ('Dream On'), du Ozzy Osbourne ('Diary of a Madman') et à nouveau du Queen ('The Show Must Go On'). Vous imaginez l'exercice périlleux de s'attaquer vocalement à des figures comme Robert Plant, Ronnie James Dio, ''Diamond Dave'' Lee Roth, Steven ''The Demon Of Screaming'' Tyler ou Freddie Mercury. Globalement, de sa voix chaude, mélodique et puissante, Soto est clairement à la hauteur (son admiration et son respect pour – entre autres - l'interprète de 'Bohemian Rhapsody' sont notoires, cf. « The JSS Queen Concert »). Probablement emporté par l'ambiance et le caractère si particulier de cette soirée, Portnoy y va même d'un lead vocal sur un morceau ('Comfortably Numb' de Pink Floyd issu du disque culte « The Wall »). Finalement, seules 2 chansons du répertoire propre de SoA ('Labyrinth', le rock US 'Coming Home') sont revisitées avec l'orchestre symphonique. On n'aurait pas craché sur un peu plus.

Sons of Apollo a capté là (en audio et vidéo) une prestation unique et remarquable. Ce « Live With The Plovdiv Psychotic Symphony » est une livraison copieuse (3CDs) qui va nous faire gentiment patienter en attendant la sortie du second effort annoncé pour janvier 2020.