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Death/Thrash Metal
Chroniques

Solitude in Madness
Anibal BERITH
Journaliste

VADER

«Violent, brutal, agressif, Vader ne faiblit pas et continue d'exceller avec près de 40 ans de carrière !»

11 titres
Death/Thrash Metal
Durée: 29 mn
Sortie le 01/05/2020
1813 vues

Seizième album studio des pionniers du death polonais et européen, Vader, avec toujours Peter en leader infatigable, est toujours aussi hargneux qu'en 1983, année de création du groupe. Disposant d'un line-up stable depuis 2011, ce nouvel opus, intitulé "Solitude in Madness", est le sixième avec cette formation et avec près de 40 ans de carrière, le groupe ne cesse d'élever son niveau de jeu offrant des albums toujours aussi excellents tout en se bonifiant !

Ce nouveau matériel n'échappe pas à la règle et succède au très bon "The Empire". Optant pour le même format, c'est-à-dire une galette courte et impactante ("a bullet album" comme nous explique le frontman) avec ses 11 titres défouraillés en 29 minutes (encore plus fort que l'indétrônable "Rein in Blood" de Slayer et ses 10 titres en 29 minutes), le quatuor polonais ne fait pas dans la demi-mesure et donne tout ce qu'il a dans le ventre !
Avec le précédent opus, le niveau de brutalité atteint était déjà remarquable; avec "Solitude in Madness", on augmente le tempo et la rapidité des riffs et on éléve le niveau d'agressivité et de hargne !
Dans la continuité de la dénonciation du pouvoir d'internet détenu par les médias, entamé avec "The Empire", Peter et ses acolytes continuent d'exploiter ce thème et la folie dans laquelle les réseaux sociaux peuvent faire sombrer les accrocs au système.
Pour se faire, et pour revenir aux sources mêmes de Vader, il a été décidé de changer de studio. Après 15 ans au Hertz Studios localisé à Bialystok en Pologne, l'équipe se déplace au Grindstone Studio, au Royaume-Uni, sur la recommandation du batteur, James Stewart, ayant déjà travaillé avec ce dernier. Le but étant de donner un nouveau souffle au groupe en cassant la routine tout en renouvelant le son.
A l'écoute, on peut dire que c'est une réussite ! La production est millimétrée et l'ensemble des instruments offre quelque chose de puissant et d'équilibré. On se sent comme enveloppé par une tornade de violence dès les premiers riffs assassins du titre introductif 'Shock and Awe'. Ce déferlement d'agressivité est présent tout au long du disque et se distille intelligemment par une variété certaine entre chaque titre.
Au premier jet, effectivement, on en prend plein la tronche ! Aux écoutes suivantes aussi, soyez rassurés ! Cependant, une fois la vague de brutalité encaissée, on note des subtilités musicales tout au long de la tracklist et particulièrement dans le tempo où James exerce un travail prodigieux. Jamais lassant et accompagnant admirablement une rythmique simple et efficace, il confère une ambiance tempérée ('Into Oblivion'), musclée ('Despair'), incisive ("Incineration of the Gods'), groovy ('Emptiness') tout en blastant violemment ('And Satan Wept', 'Final Declaration', 'Stigma of Divinity').
Avec le chant puissant et affûté de Peter qui offre un growl ravageur et rageur sans faiblir et les soli tonitruants omniprésents exécutés brillamment par Spider sur chacun des morceaux, l'ensemble du disque fait apparaître une atmosphère globalement malsaine que l'on perçoit particulièrement sur 'Shock and Awe' et 'Dancing in the Slaughterhouse'.
Le contenu est sublimé par le magnifique artwork du contenant réalisé par le célèbre designer Wes Benscoter (Cattle Decapitation), avec qui Vader a travaillé en 1995 pour leur second album "De Profundis".

Particulièrement addictif et marquant comme un renouveau pour un groupe qui n'a jamais cessé de se dépasser, ce nouvel album démontre que l'on peut toujours compter sur la rage de Peter et de ses musiciens talentueux dont l'inspiration est sans limite et leur façon de la délivrer toujours aussi violente et brutale qu'aux premières lueurs du groupe.

Tracklist :
1. Shock and Awe 02:16
2. Into Oblivion 02:24
3. Despair 01:18
4. Incineration of the Gods 03:32
5. Sanctification Denied 03:35
6. And Satan Wept 03:17
7. Emptiness 02:40
8. Final Declaration 02:16
9. Dancing in the Slaughterhouse 02:28
10. Stigma of Divinity 01:47
11. Bones 03:56