OMEGA INFINITY
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Black Atmosphèrique

Solar Spectre
Anibal BERITH
Journaliste

OMEGA INFINITY

«Oeuvre élitiste, difficile à apprivoiser avec un style novateur aux fondations musicales solides et évolutives ! En un mot "géniale" (qui a du génie) !»

10 titres
Black Atmosphèrique
Durée: 48 mn
Sortie le 27/03/2020
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Projet principal d'un seul homme, l'allemand Tentakel Parkinson (Tentakel P.), batteur et claviériste du groupe allemand Todtgelichter, Omega Infinity évolue dans un Black Metal atmosphérique, ou post Black Metal, très atypique. Qualifiant lui-même le style de "Void Black Metal", par son exploration du vide en s'intéressant à notre système solaire, le leader fait appel aux compétences vocales de Marc Campbell (Xenoyr, frontman du groupe australien Ne Obliviscaris) pour développer son projet.
Les deux hommes ayant envie de construire quelque chose de nouveau et de novateur musicalement, c'est à point nommé que se présente la composition de ce premier essai intitulé "Solar Spectre".

Occupant la place de 48 minutes sur le CD en ma possession, c'est autour de 10 titres que ce dernier est construit afin de mettre en valeur notre système solaire si petit et infini à la fois. Toutes les planètes sont passées au crible sans oublier l'étoile principale, avec 'Sol', judicieusement placée en piste 5 pour bien montrer que l'ensemble de la galette tourne autour de ce titre.
Omega vient de l'expression "l'alpha et l'omega", qui se base sur l'alphabet grec, l'alpha étant la première lettre et l'oméga, la dernière. Cela symbolise l'éternité du Christ comme commencement et fin de tout. Aujourd'hui la dimension religieuse a disparu mais l'idée de totalité pour parler de quelque chose est restée. Associé à Infinity, les deux mots incarnent la noirceur inimaginable au-delà de l'univers connu, le cycle sans fin de la naissance et de la mort, de la création et de la destruction.
Et c'est exactement ce que l'on ressent à la première écoute du disque. C'est noir comme le néant, une espèce de vide intersidéral qui nous absorbe sans résistance aucune tellement c'est profond et dense à la fois. Il ne m'a jamais été donné d'écouter quoi que ce soit de pareil, c'est vraiment extrême comme les premiers albums de Burzum.
L'auditeur n'est pas préparé à cette musique et si je fais référence à Burzum, c'est bien parce que la patte de l'artiste controversé norvégien est bien là. Il n'y a qu'à écouter 'Neptune' et se faire envoûter par le riff lancinant du titre tout comme celui de 'Dunkelheit' de "Filosofem", pour comprendre mes propos. On ressent d'avantage cette sensation sur le titre majeur de l'oeuvre 'Jupiter' dont la force vous colle littéralement aux enceintes créant une addiction immédiate et sans précédent !
Exploitant et s'inspirant des bases musicales obscures du Black Metal des 90s avec des blast beats furieux et des lignes de guitare saturées et dissonantes, Omega Infinity repoussent les limites du genre en le sublimant et ainsi créer des compositions polyvalentes et envoûtantes; il n'y a qu' à s'attarder sur 'Venus' et 'Saturne' et leurs influences "indus."
Ayant invité deux musiciens pour parfaire l'oeuvre, avec la voix féminine de Marta (Todtgelichter, Vyre) sur 'Venus' et 'Neptune' et celle de C.Kolf (Valborg, Owl, Gruenewald) pour les parties claires et screamées sur 'Mars' et 'Jupiter', "Solar Spectre" nous fait rencontrer la férocité et la fureur de la planète rouge avec 'Mars', découvrir l'importance de notre propre existence à la fois terrifiante et miraculeuse sur 'Terra' pour en découdre avec l'immensité et la froideur de 'Neptune'. Au fil de la tracklist, l'album nous fait voyager ainsi bien plus loin que notre système solaire en explorant son côté obscure afin de nous amener vers l' Au-Delà et se conclure sur la cover de "Killing Joke" , 'Hosannas From The Basements Of Hell '.

Avec "Solar Spectre", le duo Omega Infinity frappe un grand coup et renouvelle le Black Metal en créant un style propre dont les fondations sont solides et dont la construction a su s'inspirer de ce qui se fait de mieux dans le genre. L'oeuvre est élitiste, pas facile à apprivoiser et ne peut qu'impressionner en mal comme en bien. LA découverte de l'année, LE disque incontournable de ce premier trimestre et très certainement plus encore. Alors si vous êtes prêts à voyager dans l'inconnu, c'est le moment !

Track List:
1. Uranus (01:56)
2. Mars (07:05)
3. Venus (03:46)
4. Jupiter (07:26)
5. Sol (05:24)
6. Neptune (06:46)
7. Saturn (04:19)
8. Terra (03:50)
9. Mercury (02:59)
10. Hosannas From The Basements Of Hell (KILLING JOKE cover) (04:29)