Smækhugger
Eugenie
Journaliste

SKULLCLUB

«« Smækhugger » nous laisse perplexes : tout au long de l'opus, on a globalement l'impression que Skullclub n'exploite pas assez ces notes folks qui auraient pu devenir l'image de marque du groupe danois.»

11 titres
Punk Rock
Sortie le 22/02/2019
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Skullclub est un représentant de la scène rock nordique : le groupe danois se démarque toutefois largement par son style éclectique, mélangeant le son rock aux notes carrément folk, le tout donnant un punk-rock bien pimenté. Leur premier album, « Gamle Ar og Nye Tænde », sorti en 2015, a fait du groupe un membre légitime de la rock scène danoise. L'originalité des rockeurs danois consiste en partie en la maîtrise des instruments tels que le banjo ou la mandoline. Le deuxième opus du groupe, « Smækhugger », est sorti le 22 février dernier chez les Scandinaves Mighty Music.

« Du Som Lort » débute comme un morceau folk léger, mais on est vite détrompé par un vocal explicitement punk : il faut dire que le groupe compte quatre de ses membres -sur cinq- dans la partie vocale (Troels Bjorholm mais aussi Thomas Ebdrup, Christian Christensen ''Pibs » et Jonas Quist), ce qui permet la création d'une sorte de choeur punk et imposant. C'est justement ce contraste entre les notes folk et les guitares et vocal explicitement punk-rock qui rend ce morceau intéressant. « LFGM » n'est pas aussi ambigu : le duo guitare/batterie au max dès l'intro, un choeur punk prêt à exploser, un rythme endiablé ne cédant à aucun moment du titre, « LGFM » expose clairement les intentions du band danois.

« Når Børnene Sover » se fait plus mystérieux, en ralentissant considérablement le rythme et en rendant le vocal carrément plus posé : malgré un refrain plus amplifié, toujours renforcé par cette dimension collective et un pont allant jusqu'au metal, c'est l'un des morceaux les moins punk de l'album. Le rythme promet de s'exploser dans « Thailand Takeaway », balançant entre une instru rock et un vocal punk plus ou moins dans la provoc'. Le degré de celle-ci augmente avec « United Fake America » : un morceau qui se veut punk, tout en possédant une instru penchant plus vers le rock, notamment en ce qui concerne les guitares. Le titre qui démontre le plus la puissance du choeur punk de Skullclub, sans aucun doute.

« St Pauli » nous fait retrouver les notes folks : malgré un vocal toujours aussi punk et agressif, et un rythme qui ne ralentit jamais, en s'appuyant sur une instru tout aussi punk, les notes plus éclectiques rendent ce morceau plus intrigant. Nous avons toutefois comme une impression que cette facette éclectique n'est pas assez exploitée. Une impression un peu détrompée avec « Knæk Nak Skipper » : un des titres les plus nordiques de l'album, qui ne manque pas lui non plus de partir vers ce mélange de punk avec le rock, mais qui cependant exploite déjà un peu plus les notes folks dont le groupe s'est montré capable.

« På En Knækket Gren » est une autre tentative de concilier ces deux univers musicaux : ici, la dimension punk-rock arrive déjà mieux à se concilier avec une instru folk, ce qu'on entend notamment dans le pont. « Langt Pokker I Vold » débute avec des notes folk, mais se fait rapidement plus rock, s'agissant tout autant de l'instru- ces guitares ! – que du vocal. Le titre réussit toutefois à mettre en valeur la dimension éclectique, et à la concilier avec son désir explicite d'être dans la provoc'. Un autre exemple de cette réussite est « Dirty Old Town », débutant avec un vocal féminin et une instru folk, mais ce n'est que pour mieux mettre en valeur le contraste avec la suite, un choeur punk-rock à son apogée et une instru déchirée, dans le bon sens du terme : un joli titre qui montre enfin de quoi le groupe danois est capable !

« Smækhugger » nous laisse perplexes : tout au long de l'opus, on a globalement l'impression que Skullclub n'exploite pas assez ces notes folks qui auraient pourtant pu faire régner une dimension éclectique là où se trouve une volonté de provoquer pour provoquer, et devenir l'image de marque du groupe danois. Cependant, certains morceaux – comme « Du Som Lort » ou « Dirty Old Town » - nous démontrent le contraire.