Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Slow Motion Death Sequence

Herger
Journaliste

Manes

Manes a encore réussi à composer un excellent album où expérimentation, musique électronique et éléments métal font plus que bon ménage. Un groupe qui mériterait plus.
9 titres
Black Metal (early), Experimental/Electronic/Jazz (later)
Sorti le 24/08/2018
5668 vues
La Norvège a enfanté une scène Black Metal des plus intéressantes où des groupes qui en sont issus ont sorti une partie des plus beaux albums du genre. Justement une partie de ces groupes a décidé de sortir des sentiers battus et de partir vers des horizons moins balisés et bien loin du métal noir des débuts, notamment des groupes comme Ulver, Green Carnation. Le groupe qui nous intéresse pour cette chronique se nomme Manes.
Ce groupe originaire de l'ancienne capitale norvégienne Trondheim a été fondé au début des années 90 et a sorti l'excellent 'Under Ein Blodraud Maane'' en 1999. Les musiciens sortent leur cinquième album intitulé ''Slow Motion Death Sequence'' chez nos compatriotes de Debremur Morti. Cet opus continue leurs pérégrinations vers des contrées aux sonorités sombres électro.

Avec ce ''Slow Motion Death Sequence'' on est bien loin du Black Metal des premiers temps car on a droit à une musique innovante et expérimentale proche de l'univers de la musique électronique. Cette direction existe depuis un certain temps dans la musique de Manes et cela depuis l'album ''Vilosophe'' sorti en 2002 où le groupe a pris la direction que l'on sait. On n'est pas dans un univers métal à proprement parler. Il faut être vraiment ouvert d'esprit pour apprécier cet opus et la discographie du groupe. La musique est basée sur des éléments électroniques faits de synthé, de sample comme on peut l'entendre sur ''Ater'' joué dans une tonalité trip hop. On est plus proche à titre d'exemple de groupe comme Nine Inch Nails que de Ulver.

Mais ce qui change par rapport aux précédentes productions du duo de Trondheim, c'est un certain retour aux guitares. Leur présence se fait plus apparente sans forcément dominer l'ensemble, on ne revient pas aux sources. Elles participent simplement à l'amélioration de l'atmosphère des titres. Il ne faut pas s'attendre à de grosses guitares puissantes ou agressives.
Mais un titre tel que ''Endetidstegn'' leur laisse une place non négligeable ou encore ''Poison Enough For Everyone'' titre sombre où les arpèges se font ténébreuses et qui me font penser à du Floyd période ''The Wall'' en plus moderne mais aussi sur ''Ater'' qui clôture l'album qui est aussi l'un des morceaux les plus sombres avec ses guitares ténébreuses et ses claviers du même acabit.
Un autre exemple est le titre ''Last Resort'' où l'on peut trouver un très beau mélange d'arpèges et de guitares cristallines qui en fait l'un des moments les plus poignants de l'opus où les chants se font aussi plus émouvants et où l'on trouve un magnifique solo.

Justement parlons du chant. Les vocaux sont eux aussi loin d'être agressifs dans un registre mélodique qui rappellera par certains moments David Bowie ou Roger Waters sur un titre comme ''Poison Enough For Everyone''.
Sur certains passages, il se fait plus \'\'dérangeant\'\' tel que sur le morceau ''Scion''.
On trouve sur le titre ''Building The Ship Of Theseus'' la très belle voix de l'ex chanteuse de Eluveitie qui officie maintenant dans Cellar Darling, Anna Murphy. Elle permet de donner au titre encore plus de mélodie et d'atmosphère. C'est aussi le plus beau titre de l'album avec cette ambiance où l'espoir est présent grâce au duo vocal sur une musique inspirée, sombre et magnifique.

Manes a encore réussi à composer un excellent album où expérimentation, musique électronique et éléments métal font plus que bon ménage. Un groupe qui mériterait plus.