Simulacrum
Anibal BERITH
Journaliste

HIDEOUS DIVINITY

«Avec ''Simulacrum'', Hideous Divinity s'affirme dans un death metal moderne avec une base ''brutal old school'' solide ! Incontournable !»

12 titres
Technical/Brutal Death Metal
Durée: 51 mn
Sortie le 08/11/2019
336 vues

L'Italie me fait penser au Québec; elle regorge de musiciens talentueux capables de délivrer un death metal d'une violence hors normes tout en l'exécutant brillamment et le magnifiant grâce à des textes élaborés dont l'inspiration va bien au delà d'une simple déferlante de mots impactants. Hideous Divinity fait parti de ces groupes qui marquent clairement le renouveau du death metal en lui apportant une touche technique, brutale et philosophique.

Passionné de cinéma et amateur de philosophie française, le guitariste et principal compositeur Enrico Schettino, accentue son art depuis le premier méfait ''Obeisance Rising'' paru il y a tout juste 7 ans. Se faisant vite remarquer sur la scène death européenne et mondiale, il a réussi avec son équipe (musiciens et producteurs) à rendre rapidement le groupe incontournable !

Tout comme chacun des albums, c'est un réalisateur célèbre qui inspire la musique des italiens et pour ce quatrième opus ''Simulacrum'', il 'agit de David Lynch avec ''Lost Highway''. Composé de 12 titres, seuls neuf titres sont à retenir puisque la galette offre à ses auditeurs deux bonus 'Blood of the Zodiac' (Machine Head cover) et 'Cursed in Eternity' (Mayhem cover) et un interlude de quelques secondes et insuffisant pour reprendre son souffle (et c'est tant mieux) avec 'Condense'.

Attaquant très très franchement avec 'Deleuzean Centuries', ce premier titre donne rapidement le ton du disque et cela ne va pas être de tout repos alors autant s'accrocher ! Déjà connu pour être un groupe rapide et brutal tout en proposant des harmonies complexes et acérées, Hideous Divinity monte le niveau en intensifiant sa musique en tout point !
Inspirés des ouvrages du philosophe français Gilles Deleuze, les textes des compositions sont délivrés avec hargne et justesse par le frontman Enrico ''H.'' Di Lorenzo qui gagne en assurance et en précision au fil de sa carrière ! Adoptant enfin son propre style, trop inspiré par Dallas Toler-Wade par le passé (même si quelques traces persistent sur 'The Deaden Room'), la diction est soutenue et intelligible malgré l'intensité de son exécution. On notera la variation du timbre coupant toute linéarité grâce à quelques parties screamées bien positionnées tout au long de la galette.
Même si globalement le rythme est varié, on peut dire que Giulio Galati ne ménage pas ses fûts et les tartine volontiers ! Ça va vite, très vite et toujours plus vite ! Seul le (vrai) dernier titre (piste 10/12) 'Implemini Exitio' est épargné par ses frappes assommantes ! A ce rouleau compresseur, il convient d'ajouter une rythmique grasse et quelque fois saccadée conférant à l'album une noirceur plus dense que ce à quoi le quintette nous a habitué jusque là.
On est agréablement surpris par les plans techniques plus présents et ne prenant pas le pas sur l'univers musical du combo permettant ainsi de rester dans un registre brutal non progressif !
Au fil des écoutes, ''Simulacrum'' continue de surprendre. Sa complexité fait qu'il se mérite et demande une grande concentration, qui s'avère indispensable pour en percevoir toute les subtilités comme les samples insidieux vous enveloppant sur 'The Embalmer' ou les riffs dérangeants à la Hate Eternal sur 'Bent Until Fracture'.
De plus, il est parfaitement enregistré grâce au travail exceptionnel du ''sixième membre'' du groupe, l'ingénieur son Stefano Marabito qui suit ce dernier depuis le début à son studio le 16th Cellar Studio. Le disque est mis en valeur par l'artwork dont l'intensité a su être délivrée par Vladimir Chebakov fidèle au poste également !

On n'arrête plus le quintette italien qui en une grosse dizaine d'années et quatre albums a su se hisser parmi les plus grand groupes de death metal de sa génération. Avec ''Simulacrum'', Hideous Divinity s'affirme dans un death metal moderne avec une base ''brutal old school'' solide ! Incontournable !

Tracklist :
1. Deleuzean Centuries 05:02
2. The Embalmer 04:36
3. Condense 00:28
4. Anamorphia Atto III 06:08
5. The Deaden Room 03:33
6. Actaeon 04:33
7. Bent Until Fracture 04:29
8. Seed of Future Horror 04:35
9. Prey to a Vision 03:47
10. Implemini Exitio 03:41
11. Blood of the Zodiac (Machine Head cover) 06:08
12. Cursed in Eternity (Mayhem cover) 04:08
HIDEOUS DIVINITY
Plus d'infos sur HIDEOUS DIVINITY
Technical/Brutal Death Metal