DOWNFALL OF GAIA
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Atmospheric Sludge/Post-Metal/Crust

Silhouettes of disgust
Aldo
Journaliste

DOWNFALL OF GAIA

«Perplexe et sonné...»

8 titres
Atmospheric Sludge/Post-Metal/Crust
Durée: 45 mn
Sortie le 17/03/2023
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Perplexe et sonné…voilà les deux mots qui viennent à l’esprit après quelques écoutes de la dernière livraison des teutons de Downfall of Gaia.
Déjà, quand on n’est pas spécialement porté sur les formes extrèmes de la musique qui nous passionne, on se prépare à faire chauffer l’ouverture d’esprit pour évaluer la bète. Et puis, à la lecture de la bio du groupe, lorsqu’on lit que leur credo est de mixer joyeusement postcore, black metal et crust punk, on commence à se poser des questions.

Et puis on se lance…
A la première écoute, l’on est envoûté par le cocktail proposé. Alternant les ambiances sus-citées, la formation surprend constamment l’auditeur en jouant sur les contrastes, passant d’une intro ambient à un passage brutalement punk puis un orage postcore balayé d’éclairs black (les blast beats). Le charme opère et l’on termine cette première passe agréablement surpris. L’énergie et la charge émotionnelle des huit plages proposées (de durées relativement homogènes) provoquent l’émission spontanée d’un « Whaou » de contentement.

Et puis au fil des écoutes suivantes, l’on comprend à quel point le groupe tourne autour d'une unique « recette » qui caractérise leur écriture. L’on dégage le schéma suivant : établissement de la cadence harmonique via une intro planante, puis changement de régime de la batterie qui passe en mode « neurone à crète », puis on embraie sur les blastbeats et les vocaux-de-dément-qui-vont-bien. A la moitié du morceau, on calme tout le monde avec un retour à l’ambient/atmosphérique avant de revenir au postcore/blastbeat jusqu’à la coda.

Malins, les teutons ménagent toutefois un dernier effet de manche en saupoudrant parfois leur musique de relents coldwave. C’est particulièrement évident sur « Bodies as Driftwood », dont la cadence harmonique et le riff en guitare claire nimbée de chorus évoque furieusement le « Fascination Street » des corbeaux de Robert Smith. Le fantôme de The Cure hante d'ailleurs discrètement la seconde partie de l’album (« Unredeemable »).

Ceci étant dit, et même si l’ordre dans lequel elle a été décrite change parfois, le systématisme de l’application de la recette pose question. L'on se demande si l'on a affaire à des artistes sincères ou à une bande d'escrocs.
Le fait est que malgré ce constat, l’on reste emballé par un voyage musical somme toute grandiose, qui vous laisse le souffle court. D'où une certaine perplexité concernant la démarche des allemands.
Mais bon, après tout, faut peut-être pas trop se faire des noeuds au cerveau, et juste laisser l'oreille et le coeur décider...