Life In Exile
Enora
Journaliste

SHIELDS

«« Life In Exile », un album en demi-teinte où Shields passe de morceaux prometteurs à lieux communs bien trop fades»

12 titres
Metal / Hardcore
Durée: 43 mn
Sortie le 20/04/2018
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Je vais être très franche mais, à l'écoute de cet album, j'ai du mal à croire que Shields existe depuis 2012 tant certaines chansons auraient pu être perfectionnées, mais peut être s'agit-il uniquement de goûts personnels. Découvrons donc « Life In Exile », la dernière création du groupe britannique !

« Intimacy » prend la forme d'une introduction étrange aux sons métalliques stridents dans un premier temps, puis plus planant alors qu'une sorte de rythmique se met en place. Après une brève accalmie, un scream nous plonge dans un univers de violence, enrichi de quelques touches de claviers. Shields nous propose donc quelque chose qui s'inspire du Metalcore sans en être totalement ; le mélange promet de belles surprises, espérons seulement qu'ils n'en fassent pas trop. Le break qui conclut ce premier morceau est plutôt rassurant quant à ce que devrait être la qualité générale de l'album. Bien plus aigu, le scream sur « Black Dog » contraste avec la ligne de basse, extrêmement présente et lourde. Ce jeu de réponses entre les aigus et les graves donnent vraiment le ton à la chanson, dont l'atmosphère tendue se relâche lors du refrain qui nous permet de découvrir une jolie voix claire, bien maîtrisée. L'articulation très agressive du scream laisse deviner un engagement émotionnel d'une grande force. On passe visiblement à quelque chose de plus apaisé et mélodique sur « In The Grey », mais rassurez-vous, la lourdeur de la ligne rythmique reste le mot d'ordre ! En revanche, la guitare s'affranchit de certaines barrières et fait davantage jeu égal avec les autres instruments, ce qui lui permet de déployer un jeu plus libre et riche. La voix semble aussi suivre ce chemin puisque le scream laisse de plus en plus de place au chant clair. Bien que le groupe semble se calmer depuis le début de l'album, on sent toujours leur style assez unique, une originalité qui fait du bien dans l'univers parfois trop lisse du Metalcore.

J'ai dit que Shield s'était calmé ? Au temps pour moi, la trépidante « Upside Down » leur permet d'affirmer une rythmique énergique et joyeuse, marquée par quelques influences slam, ainsi qu'un scream démoniaque et déchainé qui se dévoile dans toute sa puissance à travers une palette très large ! Mon conseil : on se laisse prendre au jeu et on ne se retient surtout pas d'agiter la tête et de taper du pied ! « White Embers » est plus sobre que les précédents titres, ce qui permet de renforcer l'ambiance sombre et angoissante qui s'en dégage. Le groupe nous ramène vers quelque chose qui ressemble plus à « Intimacy », premier morceau explosif de l'album ! Certes plus violente, la chanson n'en est pas pour autant plus intéressante. Elle tourne un peu en rond et la patte de Shields y est moins reconnaissable ; mais le travail est fait, c'est indéniable. Si « It's Killing Me » peut sembler un peu trop édulcoré par moment, je trouve néanmoins ce titre plus riche et personnel. Le groupe y retrouve un certain équilibre entre passages agressifs et refrains en chant clair et la batterie donne le ton, soutenue par la basse, décidément très présente sur cet album ! Ambiance plus Deathcore sur l'excellente « Delilah », que rien ne semble pouvoir arrêter dans sa course folle. On imagine sans peine le rendu en live, pour peu que la qualité sonore soit à la hauteur de cette version studio ! Une nouvelle fois, Shields nous surprend par la qualité et la diversité des morceaux proposés.

Le titre se suffit à lui-même, « Love Is Dead » est une sorte de balade Metalcore, et le thème est assez explicite à mon sens. Sans être un titre mémorable, la chanson reste agréable car elle est soignée, comme toutes celles de cet album, mais passons à la suite ! Les premières secondes de « Mother » sont déjà bien plus convaincantes, en particulier grâce à une très belle ligne rythmique qui nous entraîne dans un tourbillon infernale et cependant presque dansant. Shields renoue avec ses belles réussites du début, espérons que la suite reste dans cette veine car trop de douceur semble endormir leur créativité. « Sibling » est relativement classique dans sa composition et j'ai surtout l'impression que le morceau tient la route grâce à la ligne rythmique (encore une fois), mais aussi à quelques riffs de guitare. Vocalement, c'est un peu chaotique tant on passe du scream au chant clair sans réelle cohérence. Quelques passages mélodiques complexifient la composition mais on reste sur quelque chose de brouillon et perfectible. Prenons « N35.E138 » pour ce qu'il est : un interlude mystérieux mais qui arrive peut être un peu tard. Il est temps de conclure avec les cinq minutes d'« Aokigahara », la forêt du suicide au Japon, pour ceux qui ne connaîtraient pas. Ce dernier titre est plutôt aboutît, mélancolique et empli de colère. Il se démarque davantage par sa portée sensible que par son écriture musicale mais l'honneur est sauf.

« Life In Exile » est un album en demi-teinte. Après quelques premiers morceaux très prometteurs, Shields semble perdre son élan, sa créativité et tomber dans des lieux-communs parfois totalement fades.


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