Lowtech
Fred H
Journaliste

SETMEONFIRE

«Première oeuvre très prometteuse de Nu Electro Sci-Fi Metal qui ne demande qu'un peu de temps pour se peaufiner»

11 titres
Neo Metal
Durée: 48'15 mn
Sortie le 01/03/2019
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AUTOPRODUCTION
Fondé en 2016, Setmeonfire est un jeune combo dont les membres sont originaires de Sydney et de Newcastle. Aux côtés du vocaliste/compositeur Cameron Eyre (ex-…Boris The Blade et The Storm Picturesque) et du multi-instrumentiste Oliver Freeth, on retrouve le guitariste Stuart Pearson, le batteur Kieran Jackson et (pour les prestations scéniques) le bassiste Alex Milovic. Après trois EP (« Begin », « Drifter » et « Signs Of Life ») parus en 2016-2017, et pas mal de concerts au pays d'OZ, les australiens livrent ici leur premier effort nommé « Lowtech ».

Se définissant eux-mêmes comme des Sci-Fi Rockers, refusant de s'enfermer dans un carcan prédéfini, la petite bande mélange un alternatif nu-metal avec des sons électroniques, quelques segments de drum & bass et même une dose de hip-hop. Cameron est clair « Ce projet me donne l'opportunité d'explorer toutes mes influences. Le plus important pour moi est de créer intuitivement une musique amusante à écrire, à écouter et à jouer. Je n'essaye plus d'impressionner personne, je n'ai rien à prouver à qui que ce soit d'autre que moi-même ». Plusieurs morceaux s'imposent donc comme la fusion sonique d'un gros metal basé sur des riffs puissants (le solide titre éponyme aux accents Fear Factory vs. Pendulum) avec des interventions électro (l'excellent 'Nerve' et ses inspirations à la The Prodigy). Avec un registre assez varié, Cameron alterne chant énergique, moments vocodés (l'accrocheur 'Creature' avec sa rythmique percutante, 'Deathbed') et parties plus claires et posées (le doux et ambiancé 'Save Me') rappelant parfois le regretté Chester Bennington. La présence inspiratrice de Linkin Park se ressent ici et là avec ce sens des mélodies imparables, des choeurs qui explosent les enceintes (le dynamique 'Compliance') et des phrasés rappés (l'envoûtant 'The Expedition', le frénétique 'Patterns'). Ces trois ingrédients se retrouvent d'ailleurs impeccablement combinés quand le quatuor invite l'ami Luke Holmes, compatriote et ex-hurleur/frontman de Ocean Grove, à les rejoindre dans leur trip spatial (le tourbillonnant 'Rebirth').

Du côté des textes, nos métalleux évoquent l'état désastreux du monde dans lequel nous vivons, les théoriciens du complot et leurs penchants à la désinformation via le web, l'escalade de la violence, la nécessité de surmonter ses peurs et ses problèmes, etc. Malgré beaucoup de choses intéressantes, on devine malgré tout que le groupe se cherche et tâtonne encore à définir son contour. Certaines pistes (l'angoissant 'Perfect Hell', le discret 'Terminal') sont un peu en deçà des autres compositions. Qu'importe, on se laisse tout de même embarquer dans ce cyber metal dès plus contagieux. Cela sonne et fonctionne plutôt bien dans l'ensemble. L'univers futuriste recherché est parfaitement restitué.

Globalement, « Lowtech » est une première oeuvre très prometteuse qui contient quelques chansons coup de poing et travaillées. Reconnaissons le mérite à Setmeonfire de tenter de proposer des idées nouvelles (et ce n'est pas si aisé) en essayant de bousculer les codes d'un genre préétabli. Laissons simplement un peu de temps à ces sympathiques garçons pour parfaire et peaufiner leur Nu Electro Sci-Fi Metal. « T'endors pas, c'est (pas) l'heure de mourir »... N'est-ce pas Monsieur Leon Kowalski ?

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