Second Time Round
Aldo
Journaliste

MIKE TRAMP

«HYGGE!»

10 titres
Rock
Durée: 50 mn
Sortie le 01/05/2020
965 vues
TARGET RECORDS

Bon, vous allez rire : j’en connaissais pas tripette sur Mike Tramp jusqu’à présent. Tout juste votre serviteur était-il au courant que ce monsieur avait fondé et fait partie de White Lion (qu’il n’a pas non plus eu le plaisir d’écouter…) et qu’il avait ensuite évolué en solo, avec semble-t-il un certain succès.

Heureusement pour mézigue, la vie laisse parfois –et heureusement d’ailleurs- une seconde chance lorsqu’on loupe quelque chose qui s’avère être de l’ordre de l’essentiel, lorsqu’on a l’ambition de se constituer une culture musicale digne de ce nom. Parce que bon, passer pour un péquenot dans les soirées mondaines, ça va bien cinq minutes.De fait, prenez cette chronique pour ce qu’elle vaut : on est dans le domaine de la découverte et rien d’autre…un expert aura certainement un avis un tantinet différent de celui de votre serviteur.

Coïncidence : c’est un peu ce genre de thématique qui constitue le moteur de « Second Time round » (qu’on pourrait traduire en français par « seconde chance » ou « deuxième tentative »)

Car les chansons pondues par notre danois (ce qui ne saute PAS DU TOUT aux oreilles du candide à l’écoute, nous y reviendrons…) sont en quelque sorte, comme l’explique le dossier de presse, le fruit d’une période à la croisée des chemins pour Mickey : l’écriture de ces morceaux date d’il y près de quinze ans, alors que Mr TRAMP était au milieu d’un gué personnel : naissance d’un enfant, doutes sur le choix d’une carrière solo…Bref, la période où se télescopent satisfactions personnelles et interrogations sur le bien-fondé de ses choix.

Durant cette période, plutôt féconde en terme d’écriture, Mike Tramp utilise certains morceaux pour ses disques, mais en laisse d’autres également sur le côté, en attendant « le bon moment ».
Et le fait est qu’aujourd’hui, le bon moment lui semblât enfin venu pour donner une seconde chance à cette collection de ritournelles, qu’elles aient été remisées au placard, ou déjà enregistrées/jouées (« Highway », pour ne citer qu’elle).

« Tout ça c’est bien joli, mais du coup, ça donne quoi, musicalement parlant ? » me demanderez-vous ?
Ben déjà, et comme dit un peu plus haut dans cette chronique, il faut vraiment deviner que le gazier qui vous a pondu cette galette vient du Danemark. Parce que d’entrée de jeu, on aura plus l’impression d’un truc très nord-américain, hyper accrocheur à l’oreille et hyper radio-friendly. On navigue entre Bryan Adams, REM (« The Road »), Bon Jovi (« All my Life ») et le Country/Southern Rock…c’est plutôt rock mainstream, ça vous donne cette impression familière d’avoir déjà écouté ces chansons, dès la première écoute. En même temps, pour certains c’est effectivement le cas, étant donné qu’ils ont déjà été publiés dans d’autres albums.

Pourtant, bizarrement ça ne rebute pas vraiment, d’autant que c’est très bien produit : les guitares carillonnent, l’orgue vrombit sans trop en faire, la basse se fait ronde et la batterie groove sans tabasser. C’est très classique dans les sonorités, avec juste ce qu’il faut de « larger than life » pour ne pas faire « red neck ».

Cependant, au bout de quelques écoutes, c’est peut-être ce qui fait qu’on est en face d’un bon album, mais pas d’un grand album: c’est classique, c’est bien fait, y’a pas un poil qui dépasse, juste ce qu’il faut d’émotion. C’est très plaisant, certes, MAIS il manque de cette flamme qui vous ferait dire « WHAOUH !!! » comme avec un Springsteen qui vous scotche au mur avec juste sa voix et une guitare sèche, ou qui vous balance un bon gros rock gavé d’énergie qui vous donne envie de danser jusqu’à pas d’heure en éclusant des roteuses.

Ceci dit on trouve tout de même de cette étincelle avec « Back to You », que le sieur Tramp a été bien inspiré de mettre en fin d’album pour réveiller l’auditeur après l’avoir bercé gentiment…pour mieux l’achever avec la ballade tire-larmes « When she cries » qui clôture le bidule.

Au final, on a un album qui fait le taf, pas renversant pour deux sous mais qui saura vous faire passer un bon moment. On pourra en faire le compagnon d’un long trajet en bagnole, mais aussi la bande-son d’une après-midi d’hiver passée sous un plaid, à siroter un chocolat chaud. Chez les danois on appelle ça « hygge ». Chez nous on dirait plutôt "pépouze".