The War To End All Wars
Fred H
Journaliste

SABATON

«Sabaton conjugue Heavy/Power metal et Histoire avec talent.»

11 titres
Metal
Durée: 45 min 27 mn
Sortie le 04/03/2022
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Avec leur plus récente rondelle en date (« The Great War » de 2019), Sabaton nous avait renvoyés en pleine première guerre mondiale. Le quintette nous avait narré les récits de protagonistes et de zones d’affrontements qui avaient marqués ladite période.

Comme il est impossible de tout traiter en seulement onze chansons (tu m’étonnes), les Suédois ont choisi - pour leur présent et onzième effort - de rester centrés sur cette époque si chargée de l’Histoire. Écrit et enregistré pendant la pandémie de Covid-19, ce « The War To End All Wars » (NdT : La guerre pour mettre fin à toutes les guerres) nous replonge donc dans la « Grande Guerre ».

Musicalement et quasi intégralement, le combo ressort sa grosse artillerie faite de heavy/power metal MASSIF basée sur des riffs de grattes imposants, des soli de six-cordes bien chiadés ('Stormtroopers', 'Soldier of Heaven'), et des chœurs puissants ('Race to the Sea'). Sabaton maitrise son sujet/style et le fait plutôt bien (l’explosif 'The Valley of Death'). A grands renforts de mélodies entrainantes ('Dreadnought', l’hymne dédié au cuirassé anglais éponyme, les accroches fusent en pagailles.

Du côté des thèmes/textes, plusieurs titres parmi les onze nouveaux morceaux proposés relatent les actes héroïques de personnalités qui se sont distinguées en ces années meurtrières. Il y a Milunka Savic ('Lady of the Dark'), cette femme Serbe qui, déguisée en homme, a pris la place de son frangin dans l'armée et qui récolta plusieurs décorations. On a aussi sir Adrian Carton de Wiart ('The Unkillable Soldier'). En plus d’avoir été plusieurs fois touché par balles (à la tête, au visage, l'estomac, la jambe, la cheville, la hanche et à une oreille), ce Lieutenant-General britannique a aussi survécu aux crashs de plusieurs avions, s’est évadé d'un camp de prisonniers en creusant un tunnel, et s’est lui-même arracher certains doigts avec ses dents parce que les médecins refusaient de l’amputer. Bref, un vrai « Warrior » ce Monsieur (le M majuscule n’est pas de trop). Les cinq gars rendent également hommage au 369e régiment d'infanterie américain ('Hellfighters') principalement composés d’afro-américains et de portoricains.

A deux reprises (l’ouvreur 'Sarajevo' qui traite de l'assassinat de l'archiduc d’Autriche François- Ferdinand qui déclenchera la WWI, 'Versailles' du traité du même nom qui clôt l’opus), en plus d’arrangements orchestraux, il est fait usage d’une voix féminine pour la narration. A noter d’ailleurs que, comme son ainé, une édition historique (ajoutant d’autres lignes parlées introductives à chaque piste) sort en parallèle. Avis aux amateurs.

Et puis, le combo nous rapporte un épisode aussi surréaliste que presque inimaginable survenu à Noël 1914 ('Christmas Truce'). En plein no man’s land, comme des lueurs de fraternité et d’humanité en ces heures sanglantes, quelques soldats teutons et anglais (tous n’y ont pas pris part) ont échangés poignées de mains, clopes, chocolat, et chants. Durant cet impromptu cessez-le-feu temporaire, la légende veut même qu’un « match » de foot entre Fritz et Tommies aurait été improvisé au cœur des tranchées.

Une fois encore, Sabaton conjugue Heavy/Power metal et Histoire avec talent. Si vous aimez le groupe, le style et le contexte, ce « The War to End All Wars » est clairement fait pour vous.