The Triumph of Piracy
Enora
Journaliste

RUMAHOY

«« The Triumph of Piracy », un album de Pirate Metal assez classique et qui laisse une belle marge de progression à Rumahoy»

9 titres
Folk Metal
Durée: 42 mn
Sortie le 09/02/2018
7291 vues

Au moins on va aller vite, Rumahoy est le « meilleur groupe de vrai Pirate Metal écossais » ! Enfin ça, c'est ce qu'ils disent pour répondre à Alestorm qui les traite de « Second meilleur groupe de vrai Pirate Metal écossais ». A vous de décider ! Mais plus sérieusement, le groupe s'est formé en 2011 en Caroline du Nord, aux Etats-Unis et nous présente aujourd'hui son premier album, « The Triumph of Piracy ».

Avec « Ahoy ! », on peut dire que le groupe commence fort ! Et honnêtement, je suis plutôt agréablement surprise par ce début d'album, sans doute parce que Rumahoy n'est pas, comme on pourrait parfois le craindre dans ce genre, une sorte de copie douteuse d'Alestorm. L'alternance de voix screamée grave et de choeurs masculins collent bien à l'ambiance mais la ligne musicale est plus proche du Folk pure que du Pirate Metal. Les instruments traditionnels se font aussi leur place pour des passages mélodiques plus légers. « Quest For Heritage » est plus agressif dans la composition de la ligne rythmique, plus rapide, mais aussi dans le ton adopté par la voix. Finalement, le côté pirate, portée par les riffs de guitares et le clavier sur certains passages est presque mis de côté, servant d'agrément à l'ensemble, à l'exception du refrain. Le bon côté c'est qu'on ne risque pas l'overdose, le mauvais c'est que la composition peut sembler parfois un peu vide.

On retrouve un ton qui semble plus humoristique avec « Forest Party », entre la parodie du Folk et le morceau sans prise de tête. Et on va plutôt opter pour cette seconde option et se laisser porter par la ligne instrumentale, extrêmement entraînante et dansante. Les thèmes chers à la piraterie sont à nouveau mis en avant mais ce serait dommage de limiter le titre à ça car, sans être de la grande musique, un petit coup d'énergie positive ne peut pas faire de mal ! Non, vous ne rêvez pas, la mélodie de la chanson suivante emprunte aux airs caribéens avant de revenir vers du Metal plutôt énervé. En même temps, ça s'appelle « The Haitian Slam ». Malheureusement, le titre est plutôt un boulet que le groupe va devoir tirer parce que la voix du chanteur se perd dans des faussetés sur les notes les plus aiguës qu'il peine à atteindre. Et comme sur « Quest For Heritage », la composition est parfois bien trop légère, voire absente, en contraste avec un refrain très chargé et plein de vie mais chanté faux.

Qui pourrait ne pas voir l'étrange ressemblance de « Huffman the Pirate King » avec « The Hollywood Hootsman » de GloryHammer, second projet de Christopher Bowes, chanteur d'Alestorm. Musicalement, à part le refrain, la ressemblance n'est pas frappante, je l'accorde, mais rien qu'en voyant le titre, il est permis de s'interroger. Changement radical d'ambiance avec le début « Kill The Trolls » ! Le scream est plus caverneux que ce qu'on a pu entendre jusqu'à présent et les riffs se font plus sombres et virtuoses ; mais l'âme du groupe est toujours là avec le côté pirate dans une version qui oscille entre un enlèvement par un ovni et une course galopante, vous ne comprenez rien à ce que j'explique ? Alors jetez-y une oreille ! Sur « Netflix and Yarr », vous aurez sans doute le sentiment d'être au coin du feu avec un vieux loup de mer vous racontant des exploits réels ou inspirés par le rhum. La voix est grave, la diction lente, la mélodie légère mais évocatrice ; finalement Rumahoy retrouve un chemin plus intéressant.

Ready to party ? Et bien ça tombe à merveille car c'est bien ce que nous propose le groupe sur le très électro « Pirateship » ! On se croirait dans une sorte de soirée d'Indus allemand, et le groupe en a parfaitement compris les codes pour en jouer à merveille. La parodie fonctionne et on sourit à cette expérience tout en se laissant doucement mais sûrement emporter par la rythmique. Rumahoy a la merveilleuse idée de finir cet album avec le morceau éponyme, un beau bébé de dix minutes qui s'ouvre calmement sur une voix claire très agréable qu'on regrette de n'entendre que maintenant. Mais le scream reprend vite le dessus sur une mélodie assez enlevée. Néanmoins, une fois la surprise passée, le morceau risque d'un peu vous décevoir, enfin faîtes-vous votre idée !

« The Triumph of Piracy » est un album très sympathique et qui permet de voir un peu autre chose qu'Alestorm dans le paysage du Pirate Metal. Cependant, le groupe ne propose rien de prodigieux et quelques faiblesses se font sentir. N'oublions donc pas qu'il s'agit d'un premier album, donc perfectible, et que ce genre musical a avant tout pour but d'amuser les gens, ce qui est réussi pour Rumahoy !

RUMAHOY
Plus d'infos sur RUMAHOY
Folk Metal