Rotting Incarnation of God
Anibal BERITH
Journaliste

PROFANATICA

«Profanatica se montre toujours autant créatif tout en restant campé sur ses racines old school. 10 titres inspirés au relief blasphématoire. Pour auditeurs avertis !»

10 titres
Raw Black Metal
Durée: 37 mn
Sortie le 11/10/2019
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Formé par trois anciens membres d'Incantation, Profanatica voit le jour en 1990, et fut l'un des tout premiers groupes d'USBM. Blaphématoire et anti-christianiste, le groupe se forge rapidement une solide réputation avant de disparaître deux ans plus tard après tout juste un ep et un split.
Heureusement, l'un des membres fondateurs, Paul Ledney, n'a pas baissé les bras et a ressuscité le groupe avec deux musiciens de session.
Sortiront quatre albums entre 2007 et 2016 via Hells Headbangers Records. Cette année (2019) voit naître le cinquième rejeton du duo (puisque le bassiste Alex Cox est membre à part entière du groupe dorénavant) chez Season Of Mist, intitulé ''Rotting Incarnation of God''.

Dès les premiers riffs de 'Liturgy of Impurity', on peut de suite remarquer que le duo, mené par Paul Ledney, ne compte pas révolutionner sa musique. Effectivement, démarrant par une mélodie dissonante et lancinante accompagné d'un mid tempo binaire et répétitif, le titre est clairement très très old school ! Le son est sale, le chant mi-black/mi-death est incantatoire. Sans même lire les textes, on sent qu'ils sont blasphématoires ne serait-ce que par la diction du leader.
Melodiquement simple, les compositions des américains enchainent procurant une ambiance malsaine et néfaste; et c'est au fil des écoutes que l'on perçoit la subtilité de chacun des titres pouvant paraître répétitif au départ du fait d'un tempo volontairement martial.
Les chansons sont plutôt courtes exception faite de 'Sacramental Cum' qui, avec plus de 6 minutes, représente la pièce maîtresse de l'oeuvre. Stridente et angoissante, elle caractérise parfaitement l'univers des américains avec son rendu sonore crachotant et son final de plus de deux minutes attirant l'auditeur vers le néant...
On adore la rupture brutale de 'Prayer in Eclipse' qui laisse place à 'Broken Jew' sans transition tout en reprenant le même rythme.
La galette devient rapidement addictive et déroutante, nous entrainant un peu plus dans l'angoisse au fil des 10 titres déroulant le disque sur un peu plus de 35 minutes.
La seconde partie du disque se veut plus malsaine, notamment par le chant du batteur laissant trainer les notes en les crachant presque. Une nappe glaciale et dérangeante surplombe la galette particulièrement sur le titre éponyme dont le solo de basse introductif donne des frissons.
Profanatica tient son public en haleine dans cet univers terrifiant jusqu'au dernier souffle de 'In My Kingdom' clôturant ''Rotting Incarnation of God'' sur fond de black'n'roll assommant et de trou noir sans issue.

Avec ce cinquième opus, Profanatica se montre toujours autant créatif tout en restant campé sur ses racines old school. 10 titres inspirés au relief blasphématoire. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour percevoir les subtiles différences entre les titres, le tempo martial pouvant rendre la galette répétitive. Pour auditeurs avertis !

Tracklist :
1. Liturgy of Impurity 03:38
2. Prayer in Eclipse 02:37
3. Broken Jew 03:08
4. Washed in the Blood of Lord 03:49
5. Sacramental Cum 06:12
6. Mocked, Scourged and Shit Upon 03:17
7. Tithing Cunt 03:03
8. Rotting Incarnation of God 04:21
9. Eucharist in Ruin 02:51
10. In My Kingdom 04:32
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