Roots
Fred H
Journaliste

BONFIRE

«Revisites acoustiques et quelques nouveautés électriques. Pas désagréable mais pas un incontournable non plus. »

24 titres
Hard Rock
Durée: 100 min 25 mn
Sortie le 26/02/2021
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Il y a moins d’un an, Bonfire nous gratifiait d’un correct « Fistful Of Fire ». Quasi à la même période, cette satané pandémie du Covid-19 nous tombait tous dessous et obligeait les musiciens du globe à stopper, reporter, voire carrément annuler leurs projets et tournées.

Du coup, histoire de s’occuper, le quintette d'Ingolstadt est retourné en studio. Forts de prestations acoustiques plutôt bien accueillies ces dernières années, et avant de composer le futur opus, les allemands ont choisis de revisiter leur répertoire en mode débranché. Pour mémoire, les germains nous avaient déjà faits le coup en 2005 avec leur intimiste skeud live « One Acoustic Night » (seuls six morceaux déjà présents à l’époque – avec donc Claus Lessmann au chant - sont ici repris).

Bref, ébranlé financièrement par l’arrêt des concerts, le groupe a décidé d’ouvrir une collecte de fonds via une plateforme dédiée. Outre cette participation financière (les noms des contributeurs seront crédités sur le livret accompagnateur de l'album), nos zicos ont demandé à leurs fans de sélectionner les dites chansons à retravailler. Sur la grosse quinzaine d’efforts commis (par de multiples line-up différents) depuis 1986, seules huit rondelles ont été plébiscitées. Les trois plus récents méfaits (« Byte The Bullet », « Temple Of Lies », « Fistful Of Fire »), avec le dernier arrivant Alexx Stahl derrière le micro, sont assez peu représentés avec une ou deux pistes pour chaque production. De même, les disques « Don't Touch The Light », « Point Blank », « Strike Ten » et « The Räuber » ont eux aussi le droit qu’à un ou deux morceaux chacun. Si « Point Blank » s’en sort un peu mieux avec trois plages, c’est surtout « Fireworks » de 1987 qui s’octroie la part du lion avec pas moins de six extraits à lui seul.

Comme on pouvait s’y attendre, on trouve plusieurs classiques ('Ready 4 Reaction') et pas mal de ballades ('Who´s Foolin´ Who', 'Let Me Be Your Water', 'Give It A Try', 'You Make Me Feel'). Ces réorchestrations et réadaptations de l’électrique à l’acoustique offrent par moment une sorte de seconde vie à quelques titres (le groovy 'Sleeping All Alone', 'The Devil Made Me Do It', 'Without You'). Un rien malicieux, le guitariste Hans Ziller (fondateur et incarnation du combo teuton) a eu une l’idée – plutôt très amusante - d'inclure dans plusieurs de ces relectures tout un tas de clins d’œil à certaines de ses influences/inspirations. Sans être totalement exhaustif, citons un rien de 'Fear Of The Dark' de Iron Maiden sur 'Comin´ Home', un soupçon de 'Stairway to Heaven' de Led Zep’ sur 'Love Don´t Lie' en duo avec Lydia Panè, un chouia de 'Layla' d’Eric Clapton sur 'Under Blue Skies', une larmichette de 'All Along The Watchtower' version Jimi Hendrix sur 'American Nights', ou bien encore quelques notes de 'Paint In Black' des Rolling Stones sur 'Why Is It Never Enough'. Ces références plairont à certains et agaceront peut-être d’autres devant le trop grand usage du procédé.

Grace à sa large palette vocale, Stahl s’approprie ces revisites avec aisance ('No More', 'Price Of Lovin´ You', 'Fantasy'). Difficile de ne pas se laisser cueillir (la power ballad 'When An Old Man Cries') ou embarquer par ce timbre chaud et puissant servi par des textes accrocheurs et fédérateurs (l’entrainant 'Lonely Nights'). Ici et là, on décèle quelques intonations qui font penser à ce cher Klaus Meine de qui-vous-savez ('Starin’ Eyes' et son doux orgue aux accents Jon Lord-iens).

Comme cadeaux bonus, les cinq gars ont écrits et inclus cinq nouvelles compos pour remercier un peu plus encore leurs adeptes de leurs indéfectibles soutiens. Pour le coup, les grattes électriques ont été rebranchées pour un retour au Hard-Rock mélodique et énergique cher à Ziller et compagnie. Il y a de l’excellent (l’appel du loup 'Wolfmen'), du sympathique (la ballade 'Your Love Is Heaven To Me'), de l’efficace mais « classique » 'Youngbloods' et 'Our Hearts Don´t Feel The Same', et du plus dispensable (l’enlevé 'Piece Of My Heart').

Ces cinq dernières années, Bonfire nous a pas mal déstabilisés entre le correct/bien (globalement les trois derniers skeuds studios) et le franchement pas/peu nécessaire (les réenregistrements « Pearls » de 2016 pour les 30 ans du groupe, la double galette de reprises « Legends » de 2018 avec sa myriade d’invités). Ce « Roots », mêlant revisites ciblées du répertoire en acoustique et nouveautés électriques, se situe entre les deux. Pas désagréable mais pas un incontournable non plus.