Wasteland
Eugenie
Journaliste

RIVERSIDE

«« Wasteland » mérite toute votre attention : construit tel un livre, racontant le deuil de la douleur à la nostalgie en passant par la libération, chaque titre y est une oeuvre d'art. Si on pouvait mettre plus de 5, on l'aurait fait. »

9 titres
Progressive Rock/Metal
Sortie le 28/09/2018
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Les quelques dernières années ont été une période difficile pour Riverside : le groupe a perdu son guitariste, Piotr Grudziński, mort subitement en février de 2016. L'histoire du band a commencé en 2001, l'année à laquelle Mariusz Duda (vocal, guitare, basse), Piotr Kozieradzki (batterie), Michał Łapaj (clavier, back vocal) et Piotr Grudziński (guitare) ont débuté les répétitions, avant de décider de donner naissance à Riverside. Leur musique, qu'on pouvait qualifier au départ comme du rock progressif avec des éléments du metal, n'est jamais restée la même d'un album à l'autre. Leur septième opus, « Wasteland » (sans compter les EPs et les albums live), un hommage à Piotr Grudziński, est sorti le 28 septembre dernier chez Inside Out Music.

Dès les premières notes de « The Day After », le premier titre de l'opus, nous ressentons le cri de deuil lancé par Mariusz Duda : un morceau chanté a cappella, comme dans une Eglise, devient accompagné par une musique déchirante de mystère, une ouverture plus qu'excellente qui ne fait que nous rendre impatients de découvrir la suite. « Vale of Tears », c'est du rock progressif avec des éléments très mélodiques. Dominé par la batterie et les guitares, plus le vocal de Marius Duda qui est un instrument à lui tout seul, le morceau s'impose du début à la fin, tout en sachant s'effacer pour des moments enchanteurs, alternance qui marche à merveille. A noter, le solo de la guitare remarquable de Mateusz Owczarek, guitariste invité exclusivement pour ce titre.

« Struggle for Survival » démarre avec des éléments électroniques, qui nous font presque rentrer dans une transe (il faut dire que la richesse des instruments employés à l'enregistrement de l'opus est incroyable, en incluant l'orgue Hammond, initialement destiné aux Eglises, ce qui reflète carrément l'ambiance projetée par « Wasteland »). Il s'agit d'un titre purement instrumental, et qui n'a pas besoin de paroles pour capturer notre oreille : les sons synthétisés, les guitares, la batterie, le violon, chacun domine tour à tour, on passe de l'électro au rock progressif et inversement. « Struggle for Survival » est un véritable cri de libération pour les membres du groupe, incarné musicalement et si nécessaire pour se remettre d'une perte douloureuse, d'autant plus qu'il se termine sur un a cappella calme, comme incarnant une purification symbolique qui a bien eu lieu. On passe au rock progressif inquiétant avec « Acid Rain », projetant toujours cette ambiance de mystère qui traverse tout l'opus : un modèle parfait du rock progressif, parfaitement arrangé, doté d'un rythme qui va crescendo, le titre réussit à provoquer toute une gamme des émotions, à écouter absolument, rien que pour son refrain qui est juste excellent.

« Guardian Angel » semble hautement symbolique, tel un calme après cette tempête des émotions : démarrant avec quelques notes de guitare et de clavier, et accompagné par un vocal tout aussi posé de Mariusz Duda, le morceau est d'une douceur incroyable. « Wasteland » commence presque comme un titre acoustique, introduit par les guitares et un vocal qui se fond presque dans l'instru, se découvrant progressivement : une instru très jolie, avec des moments de chorale, qui s'alternent avec du rock progressif des plus classiques. Une ambiance plutôt acoustique également pour « River Down Below », un titre débutant avec des notes carrément folkloriques, et qui nous laisse émerveillés grâce à ce mélange de calme et des notes rock, le tout d'un charme frappant, y compris l'instru magnifique et le vocal de Mariusz Duda qui sait adapter sa voix à toute épreuve. « The Night Before » clôt l'album : un dernier chapitre du livre digne de ce nom, entre le très talentueux Michał Łapaj au clavier, l'alliance splendide du vocal principal avec le back vocal. Une dernière note tragique, mais surtout, libératrice, montrant que le groupe est prêt à aller de l'avant.

« Wasteland » mérite toute votre attention : construit tel un livre, racontant le deuil de la douleur à la nostalgie en passant par la libération, chaque titre y est une oeuvre d'art certes minutieusement travaillée et arrangée, mais surtout, sincèrement émotive. Si on pouvait mettre plus de 5, on l'aurait fait.
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