DEATHLESS LEGACY
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Heavy Dark Metal
Chroniques

Rituals Of Black Magic
Chozo Tull
Journaliste

DEATHLESS LEGACY

«Deathless Legacy continue d'offrir son metal noir et horrifique aux fans en manque de son cinématographique.»

13 titres
Heavy Dark Metal
Durée: 63 mn
Sortie le 19/01/2018
10083 vues

Je suis un grand fan d'horreur. Que ce soit les classiques du genre, les trope codifiers indétrônables, ou les petites productions indé, il semblerait que je n'arrive pas à me lasser de l'hémoglobine, des scènes de possession, des chants grégoriens en fond et des grottes remplies de vieilles chandelles. Et ce n'est pas Deathless Legacy qui me contredira : le groupe italien propose sur son deuxième album, ''Rituals Of Black Magic'' (tout un programme) un rock bien heavy et rempli d'imagerie gothique, de latin, de maisons hantées et de riffs qui tachent. Cela suffit-il à un bon album ? La réponse ... Tout de suite. Parce que y'a pas de coupures pub sur URN. Elle est pas belle la vie ?

''Rituals of Black Magic'' fait partie de ces albums qui disent ce qu'ils font et qui font ce qu'ils disent. Stylistiquement, l'album est très homogène (trop, d'ailleurs - on y reviendra). Le morceau type est un hybride de metal et de heavy rock up ou mid-tempo, couplet-bridge-refrain-couplet-bridge-refrain où la voix de Steva se fait rauque et menaçante, collant parfaitement au style. Au clavier, on retrouve un vieux pote des fans de power metal - Alessio Lucatti, qui a officié pour Angra et Vision Divine (mais si, le groupe avec le chanteur de Rhapsody ...), et c'est avec plaisir que l'on entend ses prouesses pianistiques ... au début. J'avoue que si le solo prenant du morceau éponyme en track 2 (qui n'est pas sans évoquer ''Pharaoh Sails To Orion'') fait du bien par où il passe, le solo de clavier paraît devenir une étape indispensable pour les morceaux du groupe. Un peu comme les refrains épiques (parfois très similaires, cf ''Rituals Of Black Magic'' et ''Ars Goetia''), les breakdowns, les orgues, ou les paroles très narratives. Alors, comprenez-moi bien, tous ces éléments sont les bienvenus - mais Deathless Legacy ne varie que très peu son propos tout au long de l'album. Tout au plus proposent-ils deux morceaux vaguement atmosphériques, ''The Grimoire'' en track 1, collage sympathique de clichés d'horreur auditive, et ''Read The Bones'', plus néo-classique, mais ces deux moments paraissent bien peu dans un disque long de plus d'une heure.

Voilà le défaut le plus important de ce CD : il est trop long pour un groupe qui axe ses compositions autour des mêmes gimmicks et réflexes. Le disque (comme énormément d'albums de nos jours) n'avait pas besoin de dépasser les trois quarts d'heure. Si on ne peut que s'incliner devant les efforts faits par le groupe, qui, en plus d'avoir donné son maximum en studio, a aussi développé une backstory pour chaque membre du groupe (!), il faut malgré tout se rendre à l'évidence : Deathless Legacy pèche en qualité par trop de quantité. Alors évidemment, quelques morceaux montrent plus d'ambition que d'autres, notamment ''Dominus Inferi'' et ''I Summon The Spirits'', et ça n'est pas parce que l'album est répétitif qu'il est mauvais - ''Rituals Of Black Magic'' se révèle très efficace, tout comme ''Litch'' et quelques autres morceaux. Autre point positif : la production est bonne, le son est plus enveloppant et coloré que la précédente sortie du groupe.

Pour les fans de Merciful Fate et autres King Diamond, vous êtes probablement au bon endroit. Ceux qui recherchent en ce début un album de metal un peu sympho, un peu gothique pourraient certainement faire pire que de jeter une oreille à ''Rituals Of Black Magic'', qui au final malgré le nom sonne plus comme un rejeton des anciens Nightwish et de Dario Argento que de black metal occulte. Le disque est honnête et déroule son programme sans faute de goût, mais peinera à satisfaire les auditeurs à la recherche d'une musique plus variée et nuancée.

Je vous laisse, j'ai des seaux de sang à mettre au frigo. C'est pour un ami.